Jeu concours Titli et Summer

titli_poster Une météo maussade, une baisse de régime, des journées bien trop courtes… l’hiver et ses petites contrariétés viennent taquiner notre bonne humeur. Alors, que diriez-vous de vous installer confortablement, emmitouflé dans un plaid douillet, un breuvage bien chaud à la main, et de vous laisser porter par une histoire d’ailleurs ?

Des Films et des Mots continue de vous gâter et vous propose un nouveau jeu concours pour tenter de remporter le DVD du film Titli, une chronique indienne* de Kanu Behl, primé à Un Certain Regard, ou celui de Summer**, d’Alanté Kavaïté, récompensé au dernier festival de Sundance.

Titli nous plonge dans la banlieue de Delhi et raconte l’histoire d’un benjamin d’une fratrie de braqueurs de voitures qui poursuit d’autres rêves que de participer aux magouilles familiales. Ses plans sont contrecarrés par ses frères, qui le marient contre son gré. Mais Titli va trouver summer_packshot 2-150x200en Neelu, sa jeune épouse, une alliée inattendue pour se libérer du poids familial…

Summer se déroule au bord d’un lac de Lituanie et met en scène Sangaïlé, une jeune fille de 17 ans, qui passe l’été avec ses parents dans leur villa. Comme chaque année, Sangaïlé se rend au show aérien. Cette fois, elle y fait la connaissance d’Austé, une fille de son âge, aussi extravertie que Sangaïlé est timide et mal dans sa peau. Une amitié va s’épanouir dans la sensualité de l’été…

Pour gagner le DVD de l’un de ces deux films, il suffit de répondre au formulaire en ligne ici avant le 17 février 2016 minuit. Les gagnants, tirés au sort, seront contactés par mail et recevront leur cadeau par voie postale.

Bonne chance à tous!

* Titli, une chronique indienne, disponible en DVD

** Summer, disponible en DVD dès le 17 février 2016

Rendez-vous sur Hellocoton !
Article rédigé par : Laetitia
  • Twitter
  • RSS

Entretien avec César Acevedo autour de « La Terre et l’Ombre » (Caméra d’or)

139034Enfin! La Terre et l’ombre, récompensée par le Prix de la Caméra d’or au dernier Festival de Cannes, sort en salles. A cette occasion, Des films et des Mots republie la rencontre avec César Acevedo, dont le premier long métrage révèle tout le talent d’un réalisateur au langage délicat.

L’histoire est celle d’Alfonso, un vieux paysan qui revient au pays pour se porter au chevet de son fils malade. Il retrouve son ancienne maison, où vivent encore celle qui fut sa femme, sa belle-fille et son petit-fils, et découvre un paysage apocalyptique. Le foyer est cerné par d’immenses plantations de cannes à sucre dont l’exploitation provoque une pluie de cendres continue. 17 ans après avoir abandonné les siens, Alfonso va tenter de retrouver sa place et de sauver sa famille.

Lors de la projection du film à la Semaine de la critique (qui le récompensa du prix de la SACD et du prix Révélation France 4), son président, Charles Tesson, salua « le sens du lieu, le sens du drame et le sens de l’esthétisme » d’Acevedo. Le cinéaste répondit que ce film était avant tout une façon « de ne pas oublier les personnes qui [lui] sont chères ».

Emue par ce film qui prend le temps de dérouler son histoire sans fioriture, et qui met tous nos sens en éveil (la caméra capte furtivement le bruit des machettes qui s’abattent en rythme sur les cannes à sucre, le souffle du vent qui fait danser les rideaux de la chambre du malade haletant, ou le parfum de la grand-mère que l’on serra une dernière fois dans ses bras), j’ai rencontré César Acevedo pour en savoir davantage sur la genèse de ce très beau film sur la famille, les racines et la séparation.11269830_10152973266298366_7818201647392079884_n

Des Films et des Mots : Vous expliquez vous avez fait ce film pour raviver le souvenir de vos parents. Pourtant, dans votre film, c’est le fils qui est mourant. Pourquoi ce choix?
César Acevedo : J’ai dû changer légèrement mon fusil d’épaule pendant le tournage. Je me suis rendu compte que mettre en scène mes souvenirs, faire face à mes fantômes s’avéraient vain car ce que je recherchais avait disparu avec mes parents. Je me suis alors intéressé à la rupture au sein d’une famille qui tente de renouer des liens avant d’être séparée pour de bon. Par ce biais, j’ai finalement pu traiter les thèmes qui m’étaient chers : le poids du deuil et les souvenirs. Le choix de faire du fils le personnage mourant, à l’origine des retrouvailles de la famille, était une façon de mettre une certaine distance à ma propre histoire. D’ailleurs, je m’identifie beaucoup plus au personnage de Manuel, le petit garçon qui doit faire face pour la première fois à la mort et à la séparation. C’est un transfert en quelque sorte.

DFDM : La Terre et l’ombre est un drame familial qui se déroule dans un contexte socio-économique très dur. C’est comme s’il y avait deux histoires parallèles qui se rejoignaient autour d’une trame commune : la séparation (le deuil d’un côté et de l’autre, le manque de travail qui motive le départ de la famille). Etait-ce délibéré?
C.A : En effet. J’ai grandi dans la vallée du Cauca (une région colombienne dont l’économie dépend principalement de l’industrie sucrière). J’ai choisi naturellement cet endroit comme décor pour parler d’une partie de mon histoire personnelle. Le fait d’aborder les problèmes sociaux qui sévissent dans cette région était indissociable de l’histoire de la famille. J’avais également envie de rendre hommage aux paysans qui résistent malgré les conditions terribles pour faire vivre leur terre, cette terre qui est chargée de significations : elle représente à la fois le temps et l’espace, est envahie de cannes à sucre, détruit autant qu’elle préserve…

DFDM : Parlez-nous des acteurs.
C.A :
Je souhaitais travailler avec des acteurs professionnels mais il y en a peu dans la région. Seules Hilda Ruiz (qui joue l’épouse) et Marleyda Soto (la grand-mère) sont comédiennes. Comme je tenais à mettre l’accent sur le ressenti émotionnel des personnages, il a fallu effectuer un travail de préparation avec les acteurs principaux. Au fil des mois, des liens très forts se sont créés, comme dans une « vraie » famille. Cette relation de confiance a permis de faire émerger des beaux moments d’authenticité, où les silences et le langage du corps en disent bien plus que les dialogues. D’ailleurs, ce qui importe se trouve plus souvent dans ce qui se cache que dans ce qui est évident.

Sortie le 3 février 2016.

Rendez-vous sur Hellocoton !
Article rédigé par : Laetitia
  • Twitter
  • RSS

Chorus

chorus_poster_sans_web-150x199Le jour où leur fils a disparu, un après-midi après l’école, la vie d’Irène et Christophe s’est brisée. Chacun de son côté a survécu à sa façon, lui au Mexique, elle en reprenant sa carrière au sein d’une chorale. Dix ans après, un appel de la police les amène à se retrouver…
Traiter du sentiment de perte, du deuil irréel, du chagrin insurmontable, de l’inévitable séparation… c’est la direction délicate que François Delisle a choisi en réalisant Chorus, qui met en scène un couple détruit.
Christophe a fui le Canada pour une plage mexicaine, convaincu que les vagues infinies l’aideraient à survivre, tout en lui offrant au contraire l’opportunité d’aller au bout de cette noyade interminable.
Irène chante comme elle respire. Elle chante pour ne pas étouffer, ne pas mourir asphyxier par le chagrin.
Le début du film marque leurs retrouvailles, autour d’un adieu jusqu’alors impossible. « [Les personnages] sont d’emblée disloqués, brisés. Ils vont pourtant avoir l’occasion de se reconstruire en terminant leur histoire qui s’est interrompue trop brusquement : on n’a pas retrouvé le corps de l’enfant, il n’y a pas eu de funérailles… C’est donc un défi intéressant que celui de reconstruire des personnages qui sont en morceaux, emprisonnés dans leurs souvenirs. Les dix années qui séparent la disparition de l’enfant du début du film me donnent accès à des personnages qui ne sont plus en crise aiguë et qui, par conséquent, peuvent mettre des mots sur ce qu’ils vivent, sur ce qu’ils ressentent. » confie le cinéaste.
Avec retenue et élégance, Delisle livre un drame intime d’une grande sobriété, qui vient contrebalancer la tension émotionnelle palpable à chaque plan. Servi par un superbe duo d’acteurs tout en clair-obscur, ce film poignant mélange pudeur et compassion, personnel et universel, et donne à voir une magnifique tentative d’impossible reconstruction face à l’insoutenable douleur.

Bouleversant.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Sortie le 20 janvier 2016.
Rendez-vous sur Hellocoton !
Article rédigé par : Laetitia
  • Twitter
  • RSS