Ciné Masterclass

Il 1604876_343418945796060_254175220_nétait une fois deux drôles de dames, pétillantes et inventives, animées par la même passion pour le cinéma. Sabrina Bellino, jolie blonde aux yeux de chat, fait ses gammes dans l’événementiel, tandis que Priscilla de la Forcade, brunette au sourire ravageur, se lance dans la comédie.

Mais très vite, l’envie de développer un projet commun vient titiller les deux amies d’enfance : celui de créer un espace où acteurs, cinéastes et directeurs de casting pourraient échanger en dehors du cadre rigide imposé par les tournages. Les comédiens pourraient avoir (enfin!) un retour sur leur prestation à l’issue d’un casting préparé en conditions réelles, être dirigés par un réalisateur aguerri et profiter des conseils inspirés de professionnels du 7e art. Pour les cinéastes, ce moment serait l’occasion de transmettre leur expérience et leurs attentes. Ce projet permettrait même de révéler de nouveaux talents aux directeurs de casting, qui fonctionnent bien souvent en binôme avec le réalisateur… Voilà comment la première Ciné Masterclass a vu le jour en novembre 2012.

Grâce à leur détermination, à un carnet d’adresses fourni et à un concept bien rodé, le duo chic et choc a vu les demandes de comédiens pour intégrer la masterclass affluer. Résultat, une vingtaine de stages ont déjà été organisés, 120 réalisateurs ont répondu présent (citons Cédric Klapisch, Isabelle Nanty, Gaspar Noé, Radu Mihaileanu…) et une nouvelle session d’écriture vient de s’ouvrir!

Mais concrètement, comment ça se passe? « Les stages accueillent une vingtaine de comédiens ayaunnamednt déjà une expérience dans le métier. J’insiste sur le fait que nous nous adressons à des acteurs confirmés, prêts à tourner. Il ne s’agit nullement d’un cours, mais bien de rencontres professionnelles. Chez nous, il n’y a que de la pratique, pas de théorie! » précise Priscilla. « C’est d’ailleurs ce qui permet de nous différencier des cours que certains organismes proposent : nous ne faisons pas de « coaching » mais favorisons le dialogue. Chacun vient avec son savoir faire et repart avec un autre regard, qu’il s’agisse des réalisateurs ou des comédiens. Tout le monde y trouve son compte! » ajoute Sabrina.

Divisés en 7 sessions de 3 jours (il existe des formules plus courtes, de 12 et 9 jours), les ateliers sont ponctués par trois temps forts : le casting, l’analyse de la prestation et le travail avec le réalisateur. On y apprend à relativiser l’épreuve du casting, à appréhender plus simplement la caméra et à s’adapter aux exigences de sept réalisateurs différents. « C’est tout de même une belle opportunité de travailler avec autant de professionnels sur un laps de temps aussi réduit! Rares sont les acteurs à travailler avec autant de cinéastes sur une seule année. Il est vrai que ce projet exige une certaine disponibilité de la part de chacun. Mais d’après les retours que nous avons, d’un côté comme l’autre, le jeu en vaut la chandelle » sourit Sabrina.

Des propos que Thibault Sommain, « comédien stagiaire », confirment : « C’est ma troisième Ciné Masterclass. A chaque fois, ce sont des nouvelles rencontres, des nouvelles approches et surtout, un entraînement concret qui permet un retour immédiat sur notre travail – ce qui ne nous arrive que rarement dans notre métier. Il arrive que les réalisateurs intervenant fassent appel à quelques stagiaires pour leur prochain film ou pour une publicité. Il n’y a pas vraiment d’esprit de compétition : au contraire, nos échanges font souvent naître une belle complicité et débouchent même sur l’émergence de nouveaux projets ».

Coralie Amedeo, directrice de casting, renchérit : « Je participe à ces ateliers car ils me permettent de rencontrer des acteurs en dehors du cadre formel des tournages. C’est un outil de travail formidable qui me permet de repérer de nouveaux talents, de les voir évoluer en condition réelles sans être tenue par des contraintes de tournage. Cela me donne le temps de cerner leur personnalité, de voir qui ils sont en fonction de leur jeu ».

Des extraits des sessions sont souvent mis en ligne sur le site. Pour les découvrir, c’est par ici!

NB : La prochaine Ciné Masterclass débutera le 1er juin!

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Jack

091842.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxFonceur, tenace et plein de ressources, Jack, dix ans à peine, est déjà seul responsable de sa famille : son petit frère Manuel, six ans, et leur mère Sanna, célibataire aimante, mais totalement immature, qui travaille la journée et fait la fête la nuit. Mais cet homme de la maison en culottes courtes n’est pas infaillible et un événement va venir bouleverser le quotidien de ce trio. Les services de protection de l’enfance décident alors de retirer la garde des deux garçons à la jeune femme et de placer Jack dans un centre d’hébergement.

Une mère irresponsable qui est aux « abonnés absents », un gamin qui porte sa famille à bout de bras sans moufter et un marmot haut comme trois pommes bringuebalé de droite à gauche comme si de rien n’était… Le synopsis de Jack peut laisser penser à un énième drame social sur la famille et ses dysfonctionnements. L’intelligence d’Edward Berger est de choisir un angle inattendu, s’éloignant du portrait sombre et larmoyant que le contexte dépeint pouvait laisser supposer pour faire de son film une odyssée à hauteur d’enfant.

Dans la peau d’Ulysse, voici Jack, dégourdi et bien décidé à quitter le foyer où il est pensionnaire pour rejoindre son frère et sa mère. Débute alors une épopée à travers Berlin, faite de nombreux obstacles, de rencontres (bien souvent malencontreuses) et d’échapper belle pour retrouver Pénélope/Sanna portée disparue.

La ville prend alors des airs de jungle menaçante, où la violence guette à chaque coin de rue, où des gamins peuvent errer sans qu’aucun adulte ne s’en inquiète, où l’anonymat semble aller de paire avec une forme de désintérêt général.

Derrière son allure modeste, Jack est un film tenu, plein de courage et rempli d’amour, que l’on aime tout simplement.

Sortie le 8 avril 2015.

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Suite française

499078.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxÉté 1940, Bussy, un village français. Dans l’attente de nouvelles de son mari prisonnier de guerre, Lucile Angellier mène une existence soumise sous l’oeil inquisiteur de sa belle-mère. L’arrivée de l’armée allemande dans leur village contraint les deux femmes à loger chez elles le lieutenant Bruno von Falk. Lucile tente de l’éviter mais ne peut bientôt plus ignorer l’attirance qu’elle éprouve pour l’officier…

Avant de nous intéresser au film, revenons sur l’histoire du roman  d’Irène Némirovsky, écrivain reconnu et témoin précieux, déportée à Auscwhitz où elle mourut en 1942.

Ce n’est que des années plus tard que sa fille, Denise Epstein, découvre le roman inachevé de sa mère, qu’elle livre aux éditions Denoël. Suite française est alors publié en 2004, devient rapidement un best seller et obtient le Prix Renaudot. L’histoire est aujourd’hui portée sur grand écran par le cinéaste Saul Dibb (The Duchess), qui y a vu l’occasion de « réaliser un film de guerre singulier, où le point de vue donné est féminin ».

Dibb s’est ainsi attaché à rendre hommage à l’oeuvre d’Irène Némirovsky en restant le plus fidèle possible à l’histoire originale. D’où certaines invraisemblances, tel le choix de doubler les acteurs – majoritairement anglo-saxons – en français, ou cette fâcheuse tendance à accentuer les moments dramatiques par des emphases musicales inutiles.

Le film parvient toutefois à se démarquer grâce à un scénario historico-romanesque juste et soigné et un casting impeccable (notamment Kristin Scott Thomas, épatante en femme froide et détestable, qui finit par nous émouvoir contre toute attente).

Mais surtout, Suite française porte un regard féminin unique sur un sujet pourtant mainte fois traité et rappelle quel pouvait être le quotidien des civils en milieu rural pendant la guerre : la cruelle disparité des classes sociales, les comportements peu glorieux, entre calomnie et dénonciation, ou encore de l’émoi que peut provoquer l’arrivée de jeunes soldats allemands dans un village où les hommes sont partis en guerre, tout y est dépeint avec un désir d’authenticité.

Un film qui donne à voir une situation bien plus complexe que l’imaginaire manichéen peut parfois le laisser supposer, et qui donne envie de se (re)plonger dans le roman passionnant de Mme Némirovsky.

Sortie le 1er avril 2015.

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