Downsizing

Pour lutter contre la surpopulation, des scientifiques mettent au point un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12 cm : le « downsizing ». Chacun réalise que réduire sa taille est surtout une bonne occasion d’augmenter de façon considérable son niveau de vie. Cette promesse d’un avenir meilleur décide Paul Safranek et sa femme à abandonner le stress de leur quotidien à Omaha (Nebraska), pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie pour toujours.

De l’aventure, de l’humour, de la science fiction, une réflexion métaphysique, de la romance aussi… Downsizing, film protéiforme signé du génial Alexander Payne (Nebraska, The Descendants...), a de quoi réjouir nombreux cinéphiles.

Derrière ses airs de fantaisie truculente, Downisizing prend le temps de développer une histoire bien plus complexe qu’il n’y paraît, où la satire politico-sociale côtoie la chronique écologique, où le drame devient comique et ou le récit initiatique donne lieu à une épopée onirique extraordinaire.

« Ce que j’aime, c’est filmer l’homme dans son environnement naturel. Je suis un vrai fan d’Anthony Mann, par exemple. Dans ses films, on se sent toujours proche de l’individu et du contexte dans lequel il évolue. Je partage ce besoin. […] On se promène dans mes films : on a les éléments dont on a besoin pour suivre l’histoire et des informations sur le contexte en plus. Il y a des choses qu’on ne peut pas écrire dans un scénario avant de les découvrir dans le film. Le scénario est juste une excuse pour explorer le monde ! C’est ça qui m’intéresse. » explique le cinéaste qui prouve une fois encore qu’il a le don d’embarquer le spectateur dans un incroyable voyage rythmé par une imagination joyeusement débridée.

L’un des points forts du film, ô combien réjouissant -, est son écriture, fluide, efficace, inventive. Les personnages,  brossés avec finesse, évoluent dans des situations réalistes ou rocambolesques avec aisance, les péripéties se succèdent de façon faussement décousue jusqu’à ce que tout fasse sens… Le casting est judicieux : Matt Damon excelle dans son rôle d’anti-héros fellinien qui finit par se réveiller d’une longue torpeur au gré de ses rencontres insolites, Christoph Waltz nous régale de sa légendaire truculence et Hong Chau fascine par sa force de caractère malgré une apparente fragilité.

Il y aurait encore  tant à dire sur les prouesse techniques remarquables, les effets de perspective judicieux, la mise en scène soignée et poétique, le twist émotionnel subtilement amené, le propos intelligent et singulier… On préfère simplement vous recommander chaleureusement ce gros coup de cœur de ce début d’année !

Sortie le 10 janvier 2018.

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