Hostiles

En 1892, le capitaine de cavalerie Joseph Blocker, ancien héros de guerre devenu gardien de prison, est contraint d’escorter Yellow Hawk, chef de guerre Cheyenne mourant, sur ses anciennes terres tribales. Peu après avoir pris la route, ils rencontrent Rosalee Quaid. Seule rescapée du massacre de sa famille par les Comanches, la jeune femme traumatisée se joint à eux dans leur périple.
Façonnés par la souffrance, la violence et la mort, ils ont en eux d’infinies réserves de colère et de méfiance envers autrui. Sur le périlleux chemin qui va les conduire du Nouveau-Mexique jusqu’au Montana, les anciens ennemis vont devoir faire preuve de solidarité pour survivre à l’environnement et aux tribus comanches qu’ils rencontrent.

Odyssée romanesque, épopée majestueuse, Hostiles est un western dans la grande tradition du genre. Scott Cooper (Les Brasiers de la colère) – qui signe la réalisation et le scénario -, fait montre d’une minutie remarquable, tant dans sa mise en scène finement ciselée que dans les moindres détails du film, des costumes des personnages au dialecte cheyenne parlé en passant par la violence des combats.

En résulte un réalisme saisissant, appuyé par une esthétique du film somptueuse, le cinéaste ayant cette faculté de restituer toute la beauté des paysages naturels, sauvages et symboliques, du Nouveau-Mexique et du Colorado, qui ont servi de décors au film .

Néanmoins, Hostiles peut laisser une sensation mitigée : la photographie est sublime, l’interprétation de Rosamund Pike tout bonnement bouleversante, et l’ambition de Scott Cooper de réaliser un récit allégorique grandiose est manifeste. Mais le scénario reste simpliste, le combat final aurait pu nous être épargné, la façon dont sont brossés les personnages demeure superficielle et la fin est attendue.

Gageons que, malgré ses défauts, Hostiles saura trouver son public.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Sortie le 14 mars 2018.

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Chien

Jacques Blanchot perd tout : sa femme, son travail, son logement. Il devient peu à peu étranger au monde qui l’entoure, jusqu’à ce que le patron d’une animalerie le recueille.

Après le très réussi Asphalte, inspiré de deux nouvelles réunies dans Chroniques de l’asphalte, Samuel Benchetrit réitère l’exercice d’adapter ses écrits sur grand écran avec Chien, roman publié en 2015.

Là encore se dessine une histoire de chute, celle d’un homme d’une ingénuité absolue et d’une totale soumission, qui se retrouve dépossédé de sa vie, de son identité, et de toute forme de considération. Mais le parallèle s’arrête là, Chien narrant à l’extrême la déchéance d’un individu sans le moindre recours.

« J’ai eu envie de parler de notre société actuelle où on nous demande à tous beaucoup et de plus en plus : l’argent, la séduction, la beauté… Et pour cela, est arrivé un personnage à qui, à l’inverse, on ne demanderait absolument rien ! Un homme qui deviendrait un chien. » explique le cinéaste.

L’intention de départ est louable, Benchetrit ayant montré une certaine dextérité à filmer ses personnages en pleine crise identitaire et à proposer des comédies décalées inventives et jubilatoires (Chez Gino, J’ai toujours rêvé d’être un gangster, Janis et John). Mais le réalisateur semble oublier que pousser le propos au paroxysme de l’absurde est un art délicat qui requiert un certain équilibre pour ne pas perdre le spectateur. Cette satire contemporaine s’avère malheureusement sans saveur ni le moindre charme, souffrant d’une mise en scène grisâtre, d’un scénario attendu, d’un rythme qui s’enlise bien vite et d’un casting peu imaginatif (Bouli Lanners mis à part).

Quand on sait que Samuel Benchetrit est capable du meilleur, il est d’autant plus frustrant de passer à côté de ce qui aurait pu être un film brillamment caustique mais qui se contente d’être au mieux dérangeant.

 Sortie le 14 mars 2018.

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