Capharnaüm

À l’intérieur d’un tribunal, Zain, un garçon de 12 ans, est présenté devant le juge. À la question :  » Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ? « , Zain lui répond :  » Pour m’avoir donné la vie ! « . Capharnaüm retrace l’incroyable parcours de cet enfant en quête d’identité et qui se rebelle contre la vie qu’on cherche à lui imposer.

Prix du jury au Festival de Cannes 2018, Capharnaüm aborde sans concession l’enfance maltraitée en brossant le portrait d’une société libanaise à la dérive, où les enfants grandissent comme ils peuvent, par eux-mêmes, dans la rue.

La réalisatrice Nadine Labaki a souhaité croiser plusieurs thèmes essentiels dans ce film : les immigrés clandestins, la maltraitance infantile, les travailleurs immigrés, la notion de frontières et leur absurdité, le racisme, la peur de l’autre, l’impassibilité de la convention des droits des enfants…

Aborder autant de sujets complexes peut s’avérer délicat tant le risque de tomber dans la victimisation, le misérabilisme, ou de s’ériger en donneur de leçons est grand. La cinéaste réussit à éviter ces écueils en proposant une fable réaliste, où la mise en scène romanesque sert intelligemment une démarche documentaire.

« Le propos de Capharnaüm requiert une authenticité absolue. Je devais ça à tous ceux pour qui le film servira d’étendard pour leur cause. Il fallait donc que les acteurs soient des gens qui connaissent les conditions dont il est question afin d’avoir une légitimité pour parler de leur cause. » poursuit Labaki.

La caméra est posée à hauteur d’enfant et capte le regard de Zain, qui joue son propre rôle, celui d’un gamin devenu adulte trop vite, avec une sincérité bouleversante. On suit son histoire le cœur serré au gré de ses malheurs, des injusticesses, de ses rencontres heureuses aussi, des petits moments de répit faits de tendresse et de drôlerie, comme si l’enfance reprenait un court instant ses droits.

Voici un conte poignant qui dérange autant qu’il donne à réfléchir. Un film nécessaire.

Sortie le 17 novembre 2018.

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Article rédigé par : Laetitia
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