Free fire

Une vente d’armes clandestine doit avoir lieu dans un entrepôt désert. Tous ceux qui y sont associés se retrouvent face à face : deux Irlandais, Justine, l’intermédiaire, et le gang dirigé par Vernon et Ord. Mais rien ne se passe comme prévu et la transaction vire à l’affrontement. C’est désormais chacun pour soi… pour s’en sortir, il va falloir être malin et résistant.

Vous aimez les films bien écrits, autour d’un scénario construit, de personnages dessinés avec soin, d’une mise en scène recherchée ? Mieux vaut passer votre chemin. Free Fire – réalisé par Ben Wheatley – fait plutôt dans la castagne balourde, à coup de petits et gros calibres, à laquelle se livrent des benêts antipathiques à souhait.

Le réalisateur explique s’être inspiré de récits de fusillades des années 1970 et 1980 consignés dans les annales du FBI : « Ce qui ressortait, c’était l’impression de chaos et d’horreur. Ces types étaient surentraînés et il semble que personne ne soit arrivé à tirer droit… C’est complètement fou de lire ça et ce témoignage m’a hanté pendant longtemps, au point que j’ai eu envie d’en faire un film. […] J’ai imaginé ce que cela donnerait dans la réalité – tout en restant bien sûr dans un cadre divertissant ».

Pour ce qui est du chaos, c’est plutôt bien vu. Pour ce qui est du divertissement, cool, drôle et bien pensé, c’est raté. Wheatley se contente de faire du sous-Tarantino, et se complaît dans un film de sales gosses qui, soit, semblent prendre beaucoup de plaisir à se dézinguer les uns les autres dans la bonne humeur, mais qui n’intéressent en rien le spectateur.

Bourrin, simpliste et insignifiant. Mieux vaut se contenter à la rigueur de la bande annonce, seul élément réussi.

Sortie le 14 juin 2017.

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Braquage à l’italienne

Pour Willie, Joe et Al, trois amis octogénaires – ou presque –, la retraite, c’est du passé. Quand ils apprennent que leurs pensions sont parties en fumée, ils décident de passer à l’action. Bousculant tous leurs principes, ils tentent l’impensable : braquer la banque qui les a ruinés !

Après le magique Garden State et le poétique Le Rôle de ma vie, Zach Braff (inénarrable JD de la série Scrubs) nous régale d’une nouvelle comédie irrésistible dont il a le secret.

Au vu de son casting, Braquage à l’ancienne s’avère d’emblée prometteur : l’élégance à l’anglaise de Sir Michael Caine, le charme malicieux de Morgan Freeman et la grogne savoureuse d’Alan Arkin. La complicité des trois protagonistes fonctionnent à merveille dans cette comédie sociale qui dénonce avec mordant le sort réservé aux retraités.

Si le scénario, quoique bien écrit, est plutôt convenu, Zach Braff signe une partition sans réelles fausse note, rythmée et ponctuée de quelques répliques bien senties et de situations cocasses.

Voici une comédie pleine de tendresse aux allures de polar rondement mené, dont on ressort avec le sourire.

Sortie le 3 mai 2017.

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Sicario

069252.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLa zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par Matt Graver (Josh Brolin), un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par Alejandro (Benico del Toro), un consultant énigmatique, l’équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre.

Présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, Sicario est un thriller sombre à l’atmosphère poisseuse et suffocante sur les cartels et ceux qui les combattent, quitte à faire fi de toute question morale.

Corruption, violence, pouvoir, enlèvements, crimes, barbarie… gangrènent le long de la zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique. C’est dans ce lieu de non-droit que Denis Villeneuve (Incendies, Prisoners) a posé sa caméra et interroge sur le symbole de la frontière, sur les limites que chacun est prêt à franchir pour satisfaire une ambition personnelle, pour que justice soit faite…

Un sujet complexe que le cinéaste parvient à rende accessible à travers le personnage de Kate (formidable Emily Blunt), qui va peu à peu s’affranchir des lois qu’elle respectait alors scrupuleusement pour mieux lutter contre ceux qui  n´en respectent aucune.

« Sicario est un film sur la manière dont l’idéalisme se heurte au réalisme quand il s’agit d’affronter les problèmes d’autres pays » précise Villeneuve.

Dans la lignée de Traffic (Steven Soderbergh) ou de No Country for old men (des frères Coen), Sicario est un film sous tension au cadre rigoureux et à la mise en scène implacable.

Dommage que le scénario somme toute chaotique perde le spectateur en cours de route…

Sortie le 7 octobre 2015.

Avertissement : Interdit aux moins de 12 ans.

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