Ocean’s 8

Cinq ans, huit mois, 12 jours… et le compteur tourne toujours ! C’est le temps qu’il aura fallu à Debbie Ocean pour échafauder le plus gros braquage de sa vie. Elle sait désormais ce qu’il lui faut : recruter une équipe de choc. À commencer par son « associée » Lou Miller. Ensemble, elles engagent une petite bande d’expertes : Amita, la bijoutière, Constance, l’arnaqueuse, Tammy, la receleuse, Nine Ball, la hackeuse et Rose, la styliste de mode. Le butin convoité est une rivière de diamants d’une valeur de 150 millions de dollars. Le somptueux bijou sera autour du cou de la célèbre star Daphne Kluger qui devrait être l’objet de toutes les attentions au cours du Met Gala, l’événement de l’année. C’est donc un plan en béton armé. À condition que tout s’enchaîne sans la moindre erreur de parcours. Enfin, si les filles comptent repartir de la soirée avec les diamants sans être inquiétées…

Onze ans après la sortie d’Ocean’s 13, ce nouvel opus, réalisé par Gary Ross (Hunger Games), vient compléter la trilogie initiale, avec à la clef un casting prestigieux et une bande-annonce prometteuse.

Divertissement honnête, Ocean’s 8 respecte les codes qui ont fait le succès de la saga imaginée par Steven Soderbergh : un préambule calqué sur la sortie de prison du personnage principal, la constitution de son équipe d’experts, la mise en œuvre d’un plan aussi ingénieux que risqué, et des péripéties multiples. Le réalisateur pousse le mimétisme jusqu’à reproduire la scène d’ouverture du premier volet, sous prétexte de clin d’œil complice aux fans de la première heure. Le long métrage offre 1h50 de dynamisme, dévoilant un sens du rythme maîtrisé, un retournement de situation jouissif et des actrices convaincantes, Cate Blanchett et Anne Hathaway en tête.

Si la promotion autour du film annonçait un vent de fraîcheur sur la célèbre saga, force est de constater que le résultat final laisse perplexe. A une mise en scène classique vient se greffer un casting certes 4 étoiles, mais dont on ne peut que déplorer les stéréotypes qui l’accompagnent dans le traitement des personnages. Derrière une volonté de mettre en avant les atouts d’une équipe exclusivement féminine, Gary Ross a bien malgré lui glissé vers une écriture maladroite de ses héroïnes, axant davantage son film sur le glamour que sur la cohérence du scénario. Dommage…

Sortie le 13 juin 2018.
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Opération Beyrouth

Beyrouth, 1972. Diplomate américain, Mason Skiles organise une réception, en présence de sa femme et de Karim, orphelin libanais de 13 ans que le couple espère adopter. Mais le cocktail est perturbé par l’arrivée du meilleur ami de Mason, l’agent de la CIA Cal Riley, porteur de nouvelles inquiétantes concernant Karim. Quelques secondes plus tard, des terroristes font irruption et ouvrent le feu sur les convives. Les conséquences sont terribles.

Dix ans plus tard, Mason a sombré dans l’alcool. Vivant désormais à Boston, il intervient comme médiateur dans les conflits au sein de l’entreprise. Jusqu’au jour où il est abordé par un inconnu qui, à la demande d' »amis » communs, lui remet un passeport et un billet d’avion pour qu’il se rende le plus tôt possible à Beyrouth. D’abord réticent, il débarque dans une ville ravagée par la guerre qu’il ne reconnaît plus. Il comprend alors pourquoi on l’a fait venir : des terroristes ont kidnappé un agent de la CIA et il est censé négocier sa libération contre celle du djihadiste Abu Rajal, détenu par la police secrète israélienne. Avec l’aide de Sandy Crowder, elle-même membre de la CIA, Mason prend conscience que chaque force en présence – Tsahal, le gouvernement américain, l’OLP – cherche à servir ses propres intérêts. À qui peut-il encore faire confiance dans un monde où la vérité n’émerge que lorsqu’elle est rentable ?

Brad Anderson (The Machinist) à la caméra, Tony Gilroy (qui a écrit la série des Jason Bourne) au scénario, Rosamund Pike et Jon Hamm (le célèbre Don Draper de la série Mad Men) au casting… avec sa distribution quatre étoiles, Opération Beyrouth a de quoi séduire les spectateurs en quête de sensations fortes.

Mêlant thriller politique et film d’espionnage, Opération Beyrouth se distingue par bien des qualités : une intrigue rondement menée, une écriture minutieuse nourrie de faits historiques, une mise en scène ciselée et efficace, un rythme soutenu, une tension dramatique judicieusement maîtrisée, des acteurs convaincants… Pourtant, cette partie d’échecs grandeur nature aux enjeux géopolitiques nébuleux nous fait perdre à maintes reprises le fil du récit et nous laisse finalement de marbre.

Dommage.

Sortie le 30 mai 2018.

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Game Night

Pour pimenter leur vie de couple, Max et Annie animent un jeu une nuit par semaine. Cette fois ils comptent sur Brooks, le frère charismatique de Max, pour organiser une super soirée à thème autour du polar, avec vrais faux malfrats et agents fédéraux ! Brooks a même prévu de se faire enlever…. sauf qu’il reste introuvable. En tentant de résoudre l’énigme, nos joueurs invétérés commencent à comprendre qu’ils se sont peut-être trompés sur toute la ligne. De fausse piste en rebondissement, ils n’ont plus aucun point de repère et ne savent plus s’il s’agit encore d’un jeu… ou pas. Cette nuit risque bien d’être la plus délirante – et la plus dangereuse – de toute leur carrière de joueurs…

Après l’insignifiant Vive les vacances, le duo de réalisateurs Jonathan Golstein et John Francis Daley (également scénaristes de Comment tuer son boss ?) se rachètent une conduite avec Game Night, une comédie multi-genres aussi déjantée que jubilatoire.

A la fois polar au scénario bien ficelé, film d’action qui fait la part belle aux cascades spectaculaires et aux courses poursuites haletantes, comédie où humour noir et situations rocambolesques font bon ménage, ce Game Night, aux allures de Cluedo louftingue s’avère fort divertissant.

Les réalisateurs prennent un malin plaisir à mener le spectateur en bateau en dosant brillamment les effets de surprise entre deux éclats de rire soudains. De l’absurde, du grotesque, du suspense, de la castagne, et un casting impeccable – dont Jesse Plemons, tout bonnement génial dans le rôle du voisin sinistre et inquiétant… Game Night est une belle surprise, honnête et efficace, qui fait passer un très bon moment en salles.

Sortie le 18 avril 2018.

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