Wonder

August Pullman est un petit garçon né avec une malformation du visage qui l’a empêché jusqu’à présent d’aller normalement à l’école. Aujourd’hui, il rentre en CM2 à l’école de son quartier. C’est le début d’une aventure humaine hors du commun. Chacun, dans sa famille, parmi ses nouveaux camarades de classe et dans la ville tout entière, va être confronté à ses propres limites, à sa générosité ou à son étroitesse d’esprit…

Comment raconter une histoire sur la tolérance, la différence et le difficile regard des autres sans tomber immanquablement dans la sensiblerie inopportune ? Il faut tout le tact, la bienveillance et la sincérité d’un cinéaste aussi inspiré que Stephen Chbosky (qui nous avait émerveillé avec Le Monde de Charlie), qui adapte au cinéma le roman de R.J Palacio avec une bien belle délicatesse.

Fable sur l’enfance, Wonder est filmé à la manière d’un récit initiatique où le héros apprend progressivement à dépasser ses peurs, à faire fi des préjugés et à s’ouvrir au monde qui l’entoure.

Porté par un merveilleux casting (dont le jeune Jacob Tremblay, remarqué dans Room, et Julia Roberts, que l’on aime tant retrouver sur grand écran), ce film tout en douceur trouve un juste équilibre dans les différentes émotions provoquées grâce à une écriture ingénieuse qui donne la parole à chaque protagoniste qui entoure le héros. Les points de vue se multiplient, les histoires s’entrecroisent et le récit devient choral, insufflant à l’intrigue humour et tendresse, fantaisie et subtilité

Voici un film lumineux sur les blessures d’enfance, qui résonne en chacun de nous.

Sortie le 20 décembre 2017.

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Bienvenue à Suburbicon

  1. Suburbicon est une paisible petite ville résidentielle aux maisons abordables et aux pelouses impeccablement entretenues, l’endroit parfait pour une vie de famille. Durant l’été 1959, tous les résidents semblent vivre leur rêve américain dans cette parcelle de paradis. Pourtant, sous cette apparente tranquillité, entre les murs de ces pavillons, se cache une réalité tout autre faite de mensonge, de trahison, de duperie et de violence… Bienvenue à Suburbicon.

George Clooney derrière la caméra, les frères Coen au scénario, Alexandre Desplat à la musique, Matt Damon, Julianne Moore et Oscar Isaac au casting… Bienvenue à Suburbicon réunit un bon nombre d’atouts qui attireraient en salles les cinéphiles les plus exigeants.

Hélas, sous ses airs de polar satirique à la sauce magouille, cette comédie noire semble être réduite au même niveau que le décor en carton-pâte dans laquelle elle évolue.

L’intention de départ était pourtant prometteuse : dépeindre les travers d’une société édulcorée et s’amuser à faire tomber les masques des marionnettes pathétiques qui la composent avec l’habile mordant qui sied tant aux comparses Clooney-Coen. Mais le trio de choc pèche par excès d’ambition, ajoutant avec maladresse une dimension politique dont le lien avec la diatribe sociale initiale manque de finesse.

Malgré une mise en scène ciselée rythmée par une tension qui va crescendo, le film souffre d’un récit confus, embourbé dans une certaine lourdeur. Dommage.

Avertissement : déconseillé aux moins de 12ans.

Sortie le 6 décembre 2017.

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Jeune femme

Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache.

Premier long métrage de Léonor Serraille, Jeune femme est une comédie foutraque et mélancolique, extravagante et à fleur de peau, à l’image de son héroïne exaspérante et profondément émouvante.

Récompensé de la Caméra d’or lors du dernier Festival de Cannes, ce portrait de femme joliment singulier met en scène le parcours chaotique d’une trentenaire instable et malheureuse qui, après une rupture amoureuse qui se révélera libératrice, se retrouve seule face à elle-même. La solitude l’angoisse, la dérive rôde, le spleen nocturne a quelque chose de rassurant. Paula l’ingénue est une émotive imprévisible qui semble ne pas « avoir les codes » de ce qui l’entoure. Perdue dans ce Paris au visage hostile, c’est par le biais de ses rencontres inattendues, et souvent saugrenues, qu’elle va réussir à se trouver.

« Dans la vie, je tourne souvent autours de personnages contradictoires, sur la brèche. Il me semble qu’ils nous surprennent, nous déstabilisent, car même s’ils ne sont pas faciles à vivre, précisément, de vie, de tendresse, ils en sont pleins. Je suis attachée à ces tempéraments la fois forts et vulnérables, trahis par leurs qualités, sublimés par leurs failles. J’ai voulu aborder l’amour comme une soif à épancher, un puits à remplir, un tout ou un rien, et qu’entre ce tout et ce rien flottent au même niveau l’espoir et un penchant pour le vide, la chute, l’implosion. » explique Léonore Serraille.

Nous voici plongés dans un tourbillon déroutant personnifié par la fantas(ti)que Laëtitia Dosch (La bataille de Solférino, de Justine Triet), qui exalte de vitalité et de fragilité.  Intime et libre, voici un film qui prend d’abord à rebrousse-poil avant de venir nous caresser tout doucement, sans que l’on s’y attende.

Sortie le 1er novembre 2017.

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