Tout ce qui me reste de la révolution

Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération : être née « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère a abandonné son combat politique du jour au lendemain pour déménager, seule, à la campagne, et sa sœur a choisi le monde de l’entreprise et a épousé un cadre – au bord du « burn-out ». Seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses…
Que lui reste-t-il de la révolution, de ses transmissions, de ses rendez-vous ratés et de ses espoirs à construire? Tantôt Don Quichotte, tantôt Bridget Jones, Angèle tente de trouver son équilibre dans un monde qui a changé.

Traiter de l’héritage de mai 1968 et de la fin des idéologies avec truculence et fantaisie… Telle est l’idée réjouissante de Judith Davies, qui réalise Tout ce qu’il me reste de la révolution, un tourbillon loufoque et chaotique aux propos sagaces.

Inspiré de Tout ce qu’il nous reste de la révolution, c’est Simon, premier spectacle créé en 2008 par le collectif « L’avantage du doute » – troupe dont elle fait partie ainsi que la plupart des acteurs du film -, cette comédie romantico-politique séduit par bien des aspects : son impétuosité, son intelligence fulgurante, sa grogne superbe et volubile… Mais pas seulement. Car ce tempérament rageur – et très drôle – qui s’échine à vouloir changer le monde, cache quelques fêlures qui s’exposent peu à peu, révélant de jolis moments de tendresse.

A la fois rocambolesque, pertinent mais dénué de tout jugement moralisateur, Tout ce qu’il nous reste de la révolution est une bonne surprise, aux dialogues ciselés, servis par des interprètes en tout point parfaits (Malik Zidi, Claire Dumas, Mireille Perrier…). Une belle réflexion sur la vie citoyenne -et la vie, tout court ! -, dont l’ardeur et la finesse d’esprit nous a conquis.

Sortie le 6 février 2019

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Mauvaises herbes

Waël, un ancien enfant des rues, vit en banlieue parisienne de petites arnaques qu’il commet avec sa complice Monique, une femme à la retraite.
Sa vie prend un tournant le jour où un ami de cette dernière, Victor, lui offre, sur insistance de Monique, un petit job bénévole dans son centre d’enfants exclus du système scolaire.
Waël se retrouve peu à peu responsable d’un groupe de six adolescents expulsés pour absentéisme, insolence ou encore port d’arme.
Une rencontre explosive entre « mauvaises herbes » dont va éclore un joli miracle…

Après son premier film Nous trois ou rien, Kheiron reprend la caméra pour narrer de nouveau une belle histoire humaine. On y retrouve sa patte subtile et délicate, alliant tendresse et humour, maniant l’art de la vanne avec élégance, provocant les rires et les larmes avec la même finesse.

Mauvaises herbes nous embarque dès le début du film, où se mêlent deux époques, l’enfance de Waël au Proche-Orient et l’époque actuelle. On y croise des personnages attachants, la reine Deneuve en tête, haute en couleurs et tout bonnement géniale face à un Dussolier malicieusement irrésistible. Des dialogues ciselés, une intrigue bien ficelée, un propos intelligent et plein d’optimisme qui permettent de passer outre quelques facilités d’écriture. Voici un « feel good movie  » dont on ressort le sourire aux lèvres. Et c’est déjà pas mal ! (Bourrus et vieux grincheux, s’abstenir).

Sortie le 21 novembre 2018. 

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Crazy Rich Asians

Née à New York, Rachel Chu n’est jamais allée en Asie. En accompagnant son fiancé Nick Young au mariage de son meilleur ami à Singapour, Rachel est ravie de découvrir le continent de ses ancêtres…même si elle redoute un peu de rencontrer la famille de son fiancé. Il faut dire que Nick a omis quelques détails d’importance. Car il est non seulement l’héritier d’une des familles les plus riches du pays, mais aussi l’un de ses célibataires les plus recherchés. Rachel devient alors la cible de toutes les jeunes femmes de la bonne société singapourienne en mal de maris et, pire encore, de sa future belle-mère. Si l’amour ne s’achète pas, l’argent rend les situations parfois bien complexes…

Adapté du best-seller Singapour Millionaire (premier volet d’une trilogie) de Kevin Kwan, Crazy Rich Asians a été l’un des plus gros succès de l’été outre-Atlantique. Cette comédie romantique hollywoodienne au casting 100% asiatique (Michelle Yeoh, Constance Wu, Ken Jeong, la rappeuse Awkwafina) a séduit le public par son extravagance assumée des plus jouissives.

A la croisée de Dallas, Gossip Girl, Pretty woman et Cendrillon, Crazy Rich Asians ne nous épargne aucun cliché pour se jouer de la société de consommation qui nous entoure, rythmée par les sacro-saints réseaux sociaux, le culte de l’image et la surenchère à tout va.

Si l’histoire est convenue (la rencontre de deux mondes que tout oppose doublée du traditionnel amour impossible), le film de Jon M. Chu se veut surtout un « feel good movie » distrayant, qui ne lésine pas sur les paillettes ni sur la démesure à outrance. Destiné à un public ciblé, voici un film léger, déluré et divertissant.

Sortie le 7 novembre 2018.

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