Senses

A Kobe, au Japon, quatre femmes partagent une amitié sans faille. Du moins le croient-elles : quand l’une d’elles disparaît du jour au lendemain, l’équilibre du groupe vacille. Chacune ouvre alors les yeux sur sa propre vie et comprend qu’il est temps d’écouter ses émotions et celles des autres…

Ovni poétique, petit bijou de sensibilité, tableau fascinant aux mille et une nuances… Senses vient aiguiser notre regard, affiner notre écoute, nous souffler par sa beauté et éveiller nos émotions avec une douceur infinie.

Le film chorale de Ryûsuke Hamaguchi surprend d’emblée par son format atypique : trois films, cinq chapitres, une durée totale de cinq heures, une forme singulière mêlant série et cinéma. De quoi piquer la curiosité des spectateurs au vif !

Ce conte aux airs de drame (à moins qu’il s’agisse du contraire) brosse le portrait de quatre femmes dans la société japonaise contemporaine. Elles sont trentenaires, épouses ou célibataires, mères, amies… Chacune arrive à un moment de leur vie où la remise en cause débouche sur un point de rupture, envisageant alors un nouveau départ.

La caméra se fait délicate et le cinéaste orchestre une mise en scène tout en harmonie pour capter ces moments de vie, de doutes, d’atermoiements, d’interrogations. Le quotidien de ces héroïnes invisibles se croise, s’entremêle, s’éloigne ou se rejoint, rythmé par une mélancolie quasi-onirique.

L’intimité, le désir, le couple, l’autre, l’incompréhension, les sentiments… autant de sujets universels abordés ici par le prisme de l’intime et qui font écho en chacun de nous. L‘alternance des dialogues et des silences éloquents, les scènes d’apparence anodines qui en révèlent bien plus qu’elles ne le suggèrent, le récit contemplatif, le temps qui s’étire pour laisser la place à l’histoire, aux histoires…

Voici un film sublime qui aborde le cinéma comme une expérience, et qui propose une belle expérience de cinéma.

Sortie le 2 mai 2018 (Senses, 1 et2) ; le 9 mai 2018 (Senses 3 et 4 ) ; le 16 mai 2018 (Senses 5).

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Jeu concours L’Amour des hommes

Tunis, aujourd’hui. Amel est une jeune photographe. Quand elle perd son mari, sa vie bascule. Encouragée par son beau-père, elle reprend goût à la vie en photographiant des garçons de la rue. Sans craindre d’être scandaleuse, elle fait le choix de regarder les hommes comme les hommes regardent les femmes.

Voici un film intime et délicat, sensuel et lumineux. L’Amour des hommes brosse un très beau portrait de femme, porté par la merveilleuse Hafsia Herzi qui incarne une héroïne des temps modernes cheminant peu à peu vers sa propre liberté.

Nous vous proposons un nouveau jeu concours pour découvrir le film de Mehdi Ben Attia : pour tenter de remporter l’une des deux places de cinéma* en jeu, il vous suffit de répondre au questionnaire en ligne en cliquant ICI avant le jeudi 8 mars 2018 à 23h59. Attention : les réponses en commentaires de cet article ne seront pas prises en compte.

Les gagnants, tirés au sort, seront contactés directement par mail et recevront leur place de cinéma par voie postale.

Bonne chance à tous !

*valable en France métropolitaine

Sortie le 28 février 2018.

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In the Fade

La vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe. Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance.

Certains films s’annoncent d’emblée délicats, tant par le sujet traité que par la façon de le mettre en scène qui exige alors pudeur et retenue. Fatih Akin (Soul Kitchen, De l’autre côté) ne s’y est pas trompé en abordant le drame In the Fade sous l’angle du thriller.

Quelques scènes suffisent au cinéaste allemand pour nous plonger dans la douleur insoutenable, celle de l’arrachement cruel, injuste, inacceptable. Le bonheur familial brossé en début de film est réduit en cendres, laissant la place à la souffrance intolérable.

L’intelligence d’Akin est la subtilité avec laquelle il parvient à rendre l’intime universel, investissant le spectateur dans une histoire de vengeance précaire et pourtant haletante grâce à une mise en scène tirée au cordeau.

Mais sa plus grande inspiration est d’avoir confié à Diane Kruger le rôle de cette femme meurtrie et bouleversante. Récompensée du prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes, l’actrice, sublime en héroïne tragique, porte magistralement le film sur ses épaules et prouve une fois encore toute l’étendue de sont talent.

In the Fade est un film poignant et éprouvant, dont on ne ressort pas complètement indemne.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Sortie le 17 janvier 2018.
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