Dogman

Dans une banlieue déshéritée, Marcello, toiletteur pour chiens discret et apprécié de tous, voit revenir de prison son ami Simoncino, un ancien boxeur accro à la cocaïne qui, très vite, rackette et brutalise le quartier. D’abord confiant, Marcello se laisse entraîner malgré lui dans une spirale criminelle. Il fait alors l’apprentissage de la trahison et de l’abandon, avant d’imaginer une vengeance féroce…

Librement inspiré d’un fait divers qui s’est déroulé dans une banlieue sinistrée de Rome à la fin des années 1980 et qui a fait date dans l’histoire criminelle italienne de par son extrême violence, Dogman vient provoquer plusieurs réactions chez le spectateur. Surprenant par sa noirceur crasse et violente, le film saisit par sa mise en scène rugueuse et froide, imposant une atmosphère glauque et troublante où les personnages semblent tombés dans une profonde torpeur.

Derrière la caméra, Matteo Garrone (Gomorra) filme de manière radicale un « David contre Goliath » des temps modernes empêtrés dans une ville délabrée. La tension va crescendo dans ce drame social sublimé par l’esthétique sombre et austère et par l’interprétation tirée au cordeau des acteurs, le novice Marcello Fonte, si justement récompensé du Prix d’interprétation masculine au dernier Festival de Cannes, en tête.

« A l’origine de Dogman, il y a une suggestion visuelle, une image, un renversement de perspectives : celle de quelques chiens, enfermés dans une cage, qui assistent comme témoins à l’explosion de la bestialité humaine… C’est l’histoire d’un homme qui, dans la tentative de se racheter après une vie d’humiliations, a l’illusion de s’être libéré, et avec lui son quartier et peut-être même le monde. Mais ce dernier demeure toujours inchangé, et presque indifférent. » raconte le cinéaste.

Il en ressort un film implacable malgré la tendresse qui se dégage de la figure de l’antihéros, frêle, faillible, et pourtant si attachant.

Interdit au moins de 12 ans.

Sortie le 11 juillet 2018.

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Jeu concours The Stange ones

A bord de leur voiture, Sam et Nick sillonnent les routes de campagne américaine. Pour certains qu’ils croisent, ils sont deux frères partis camper, pour d’autres, des fugitifs. Durant ce road-trip, de mystérieux événements surviennent, faisant peu à peu éclater la vérité au grand jour…

Encore peu connus du grand public, Christopher Radcliff et Lauren Wolkstein signent avec The Strange Ones un thriller hypnotique et mystérieux, entre cauchemar et réalité. Il y est question de l’adolescence, de désirs troubles et de secrets inavouables, de la perte de l’innocence, mais également d’abus et de violences familiales. Des sujets complexes traités avec subtilité grâce à une mise en scène délicate et ô combien maîtrisée.

Des Films et des Mots vous proposent un nouveau jeu concours ! Pour tenter de remporter une des deux places de cinéma* en jeu pour découvrir The Strange Ones – en salles le 11 juillet 2018 -, il vous suffit de répondre au questionnaire en ligne en cliquant ICI avant le 10 juillet 2018 23h59. Attention : les réponses sont à préciser dans le formulaire en ligne et non en commentaire de cet article !

Les gagnants, tirés au sort, seront contactés par mail et recevront leur place de cinéma par voie postale.

Bonne chance à tous !

*valables en France métropolitaine

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Senses


 

A Kobe, au Japon, quatre femmes partagent une amitié sans faille. Du moins le croient-elles : quand l’une d’elles disparaît du jour au lendemain, l’équilibre du groupe vacille. Chacune ouvre alors les yeux sur sa propre vie et comprend qu’il est temps d’écouter ses émotions et celles des autres…

Ovni poétique, petit bijou de sensibilité, tableau fascinant aux mille et une nuances… Senses vient aiguiser notre regard, affiner notre écoute, nous souffler par sa beauté et éveiller nos émotions avec une douceur infinie.

Le film chorale de Ryûsuke Hamaguchi surprend d’emblée par son format atypique : trois films, cinq chapitres, une durée totale de cinq heures, une forme singulière mêlant série et cinéma. De quoi piquer la curiosité des spectateurs au vif !

Ce conte aux airs de drame (à moins qu’il s’agisse du contraire) brosse le portrait de quatre femmes dans la société japonaise contemporaine. Elles sont trentenaires, épouses ou célibataires, mères, amies… Chacune arrive à un moment de leur vie où la remise en cause débouche sur un point de rupture, envisageant alors un nouveau départ.

La caméra se fait délicate et le cinéaste orchestre une mise en scène tout en harmonie pour capter ces moments de vie, de doutes, d’atermoiements, d’interrogations. Le quotidien de ces héroïnes invisibles se croise, s’entremêle, s’éloigne ou se rejoint, rythmé par une mélancolie quasi-onirique.

L’intimité, le désir, le couple, l’autre, l’incompréhension, les sentiments… autant de sujets universels abordés ici par le prisme de l’intime et qui font écho en chacun de nous. L‘alternance des dialogues et des silences éloquents, les scènes d’apparence anodines qui en révèlent bien plus qu’elles ne le suggèrent, le récit contemplatif, le temps qui s’étire pour laisser la place à l’histoire, aux histoires…

Voici un film sublime qui aborde le cinéma comme une expérience, et qui propose une belle expérience de cinéma.

Sortie le 2 mai 2018 (Senses, 1 et2) ; le 9 mai 2018 (Senses 3 et 4 ) ; le 16 mai 2018 (Senses 5).

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