Gabriel et la montagne

Avant d’intégrer une prestigieuse université américaine, Gabriel Buchmann décide de partir un an faire le tour du monde. Après dix mois de voyage et d’immersion au cœur de nombreux pays, son idéalisme en bandoulière, il rejoint le Kenya, bien décidé à découvrir le continent africain. Jusqu’à gravir le Mont Mulanje au Malawi, sa dernière destination.

Mêlant fiction et documentaire, Gabriel et la montagne est avant tout un bel hommage que le cinéaste Fellipe Barbosa rend  son ami disparu accidentellement en août 2009.

Point de départ de ce film hybride, l’appareil photo de Gabriel, qui a permis à Barbosa de mettre en scène les derniers jours de son ami, guidé par les témoignages des compagnons de route de Gabriel rencontrés au cours de son voyage. Chacun a d’ailleurs accepté de jouer son propre rôle et de raconter ainsi l’amitié nouée avec ce jeune idéaliste à l’enthousiasme communicatif.

Du Kenya au Malawi en passant par la Tanzanie et la Zambie, les paysages à couper le souffle se succèdent et l’histoire de Gabriel se précise : ses aspirations naïves, sa jeunesse impétueuse, ses origines bourgeoises si difficiles à assumer, son désir de voyager comme un local et « pas de manière touristique », et la motivation première de ce voyage en forme de pèlerinage à la mémoire de son père.

A travers le portrait plein de tendresse de ce rêveur attachant plane un mystère autour de sa mort. A mesure que Gabriel approche de son but, annonciateur de la fin de son merveilleux périple, celui-ci se révèle ambigu, empressé d’atteindre cette montagne tant espérée et plongeant dans une solitude nouvelle. Il congédie son guide malgré les multiples dangers de l’ascension, se défait de ses vivres et de ses vêtements, et semble perdre tout sens commun, comme happé par ce sommet chimérique…

Porté par l’excellent Jao Pedro Zappa, Gabriel et la montagne – primé à la Semaine de la Critique lors du dernier festival de Cannes – se révèle être une bien belle surprise, qui charme autant qu’elle émeut.

Sortie le 30 août 2017.

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Les Proies

074483.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxEn pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d’un internat de jeunes filles isolé recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu’elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l’atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu’à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous.

Alors que Don Siegel avait déjà adapté en 1971 le roman de Thomas P. Cullinan sur grand écran – avec Clint Eastwood dans le rôle titre -, Sofia Coppola livre à son tour sa propre interprétation des Proies, d’un point de vue exclusivement féminin.

« J’ai toujours aimé observer les dynamiques de groupes, et de groupes de femmes en particulier. J’ai le sentiment qu’entre femmes, les mécanismes qui émergent sont moins flagrants, plus subtils, quand chez les hommes, ils sont plus manifestes. Cette histoire m’a attirée parce que, comme dans Virgin Suicides, elle parle de filles coupées du monde. Mais aussi parce que je n’ai jamais fait de film sur des femmes d’âges variés, à des stades différents de leur vie, et sur la façon dont elles interagissent. Dans cette histoire, chacune a un rapport différent avec l’homme présent », révèle la cinéaste.

De cette relecture exclusive résulte un huis clos oppressant dont l’équilibre est soudainement menacé par l’irruption d’un élément extérieur masculin. A la distribution, un parterre de stars : Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning se disputent ainsi les faveurs d’un Colin Farrell au charme troublant dans ce drame minimaliste inquiétant qui prend peu à peu des allures de thriller.

Toutefois, ce casting quatre étoiles a beau être des plus séduisants, il peine à convaincre : manque de connivence, sensualité glaciale, coquetterie trop appuyée… le torride a cédé sa place au joli, l’attirance à la minauderie.

Il n’en reste pas moins une mise en scène onirique et lumineuse, comme sait si bien les imaginer Sofia Coppola, sublimée par la photographie diaphane de Philippe Le Sourd. Un des arguments majeurs de cette version des Proies, qui a valu à Sofia Coppola de remporter le Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes.

Sortie en salles le 23 août 2017.

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Un Vent de liberté

Niloofar, 35 ans vit seule avec sa mère. Pour protéger celle-ci de la pollution de l’air de Téhéran, la famille décide unilatéralement que Niloofar devra déménager et vivre avec sa mère à la campagne… Alors qu’elle s’est toujours pliée aux exigences des autres, cette fois elle leur tiendra tête.

Présenté à Cannes en 2016 dans la section Un certain regard, Un Vent de liberté évoque la sacro-sainte famille, les rôles que chacun de ses membres doivent tenir plus ou moins volontairement, les frictions et les rancœurs, mais aussi l’amour et l’envie de suivre son propre chemin.

De sa caméra délicate et saisissante, Benhnam Behzadi brosse le portrait d’une femme généreuse, aimante et combative, décidée à s’affranchir des diktats imposés.

« Téhéran est une des villes la plus polluées au monde. […] Dans la ville, on remarque la pollution tant que le phénomène dure et on oublie quelques jours après. En fait, on n’oublie pas, on finit juste par s’habituer ; parce qu’on travaille dans cette ville où l’on aime bien vivre, et qu’on n’a pas le choix. Et on s’habitue à ne pas avoir le choix. Dans mon histoire, Niloofar est quelqu’un qui n’a jamais eu le droit ou l’opportunité de choisir, et qui s’y est habitué. Maintenant elle a besoin d’une « inversion » pour rappeler aux autres et à elle-même le respect de ses propres choix ».

La concision de l’écriture, la sobriété de la mise en scène et surtout, le charme de Sahar Dolatshahi qui propose une interprétation forte et émouvante, font d’Un Vent de liberté un film touchant et délicat.

Sortie le 19 juillet 2017.

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