Tout nous sépare

Une maison bourgeoise au milieu de nulle part. Une cité à Sète. Une mère et sa fille. Deux amis d’enfance. Une disparition. Un chantage. La confrontation de deux mondes.

Thierry Kliffa s’offre un casting quatre étoiles pour mettre en scène un thriller sombre aux allures de drame social. Catherine Deneuve y campe une mère courage qui se bat pour sauver sa fille ; Diane Kruger est une jeune femme qu’un accident de la route a laissé meurtrie, et qui s’entiche d’une petite frappe (Nicolas Duvauchelle) en prise avec les gros caïds du coin. C’est pourtant le rappeur Nekfeu, qui fait ici ses premiers pas en tant qu’acteur, qui parvient à tirer son épingle du jeu et surprend par son interprétation tout en retenue d’un voyou au cœur tendre.

« J’avais envie de rendre compte du monde dans lequel on vit aujourd’hui : fracturé, explosif. En forçant mon héroïne à pénétrer le milieu des malfrats pour protéger sa fille, je voyais l’occasion de confronter deux mondes à la fois proches et complètement étanches » explique le cinéaste, qui signe avec Tout nous sépare un film noir à l’atmosphère moite et suffocante.

Hélas, le résultat est loin d’être saisissant, faute d’un scénario digne de ce nom. Les situations frôlent bien souvent le grotesque (la scène où Deneuve qui sort son fusil pour chasser les malfrats en pleine nuit est tout bonnement risible), les acteurs semblent peu inspirés par leurs personnages bancales, l’histoire s’avère sans grand intérêt et le tout manque cruellement de crédibilité et d’inspiration. Dommage.

Sortie le 8 novembre 2017.

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La Belle et la Meute

Lors d’une fête étudiante, Mariam, jeune Tunisienne, croise le regard de Youssef. Quelques heures plus tard, Mariam erre dans la rue en état de choc. Commence pour elle une longue nuit durant laquelle elle va devoir lutter pour le respect de ses droits et de sa dignité. Mais comment peut-on obtenir justice quand celle-ci se trouve du côté des bourreaux ?

« N’abandonne pas tes droits ». Cette réplique que Youssef invoque avec vigueur à Mariam résonne encore, une fois passé le générique de fin. Inspiré d’une histoire vraie, La Belle et la meute évoque un sujet d’une intolérable actualité. Mais en abordant des thèmes sociétaux et politiques sous l’angle du thriller, la réalisatrice Kaouther Ben Hania parvient à insuffler une puissance inouïe à son récit écrit avec concision.

Construit en forme de puzzle, le film retrace l’absurde parcours du combattant que la victime doit mener pour faire entendre ses droits. Filmé caméra à l’épaule, le drame gagne en tension, porté par une mise en scène anxiogène à souhait, où les ellipses racontent plus que les mots ou les images. Porté par l’interprétation ciselée de Mariam Al Ferjani, héroïne tragique et courageuse, La Belle et la Meute révolte, émeut, bouleverse.

Un film engagé, militant, d’une absolue nécessité, qui dénonce une odieuse réalité, et qu’il faut voir au plus vite.

Sortie le 18 octobre 2017.

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L’Atelier

 Après avoir porté sa caméra dans une salle de classe, Laurent Cantet, adepte des récits d’apprentissage, fait d’un atelier d’écriture un lieu de réflexion et d’initiation.

En plein cœur de l’été, Olivia (Marina Foïs), écrivain reconnu, mène cet atelier d’écriture, composé d’un petit groupe de jeunes  en réinsertion. Le but recherché est l’élaboration d’un roman noir dont l’intrigue se situe dans l’historique chantier naval de La Ciotat. La recherche pédagogique, tout comme les errements de la création, sont restitués avec un réalisme saisissant.

Au cours des échanges animés, l’un des protagonistes se démarque par des propos provocateurs. Il s’agit d’Antoine (Matthieu Lucci), jeune loup solitaire biberonné aux jeux vidéo et aux images ultra violentes. A la fois effrayée et intriguée par le comportement du jeune homme, Olivia tente d’en savoir davantage à son sujet, puisant ainsi une nouvelle matière à son propre roman.

Dès lors, un jeu du chat et de la souris s’instaure entre le jeune homme en rupture et l’écrivain en manque d’inspiration, les amenant à s’espionner mutuellement. L’intrigue rondement menée place le spectateur sous haute tension et atteint son paroxysme lors d’une scène aux bords de la falaise.

Partisan d’un cinéma du réel, Laurent Cantet réunit une fois encore un casting de non professionnels des plus inspirés pour incarner ces jeunes en réinsertion. Le cinéaste signe là un portrait de groupe d’une belle sensibilité à travers un récit d’une rare intensité dramatique.

En salles le 11 octobre 2017.

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