La Mécanique de l’ombre

426558-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxDeux ans après un « burn-out », Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d’affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s’interroger sur la finalité de l’organisation qui l’emploie. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets.

Thriller d’espionnage, film politique, fable noire… Pour son premier long métrage, Thomas Kruithof plonge le spectateur dans un univers trouble et inquiétant : celui du pouvoir et de ses coulisses redoutables.

Telle une partie d’échecs dont l’issue ne peut être que fatale, La Mécanique de l’ombre se révèle aussi palpitante que fascinante. Corruption, stratégie retorse, enlèvement, torture, mises sur écoute, disparitions mystérieuses… On se laisse prendre rapidement à ce jeu machiavélique auquel participe le docile Duval. Mais celui qui ne semble être qu’un vulgaire pion pourrait bien prendre la cavalier, et mettre le roi mat.

Servie par des acteurs impeccables – François Cluzet, Denis Podalydès et Sami Bouajila forment un formidable trio insaisissable -, par un scénario écrit avec finesse et précision malgré le sujet ardu et opaque, et par une mise en scène froide et oppressante, La Mécanique de l’ombre est un dédale infernal dans lequel on se laisse balader aisément, pris par le suspense haletant qui va crescendo. Il est toutefois dommage que la scène de l’affrontement final tant attendue s’avère incohérente voire bâclée, et laisse une sensation d’inachevée.

Sortie le 11 janvier 2017.

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Spy

Susan Cooper est une modeste et discrète analyste au siège de la CIA. Héroïne méconnue, elle assiste à distance l’un des meilleurs espions de l’agence, Bradley Fine, dans ses missions les plus périlleuses. Lorsque Fine disparaît et que la couverture d’un autre agent est compromise, Susan se porte volontaire pour infiltrer le redoutable univers des marchands d’armes et tenter d’éviter une attaque nucléaire…

On ne le répétera jamais assez : ne vous fiez pas aux apparences. Voyez l’affiche de Spy : deux agents secrets à l’élégance digne d’un 007 – en version américaine ou en version originale – et au milieu, une godiche qui peine à trouver sa place. De là à imaginer une comédie potache aux gags sexistes mainte fois ressassés, il n’y a qu’un pas… Que Paul Feig (le réalisateur de Mes meilleures amies) ne franchit fort heureusement à aucun moment !
Chez Feig, les femmes font la loi : complice géniale, ennemi redoutable ou  espion de choc, chacune rivalise d’ingéniosité, d’audace et d’endurance pour nous en mettre plein la vue.
Course poursuite en scooter (mais sans équilibre), suspension à un hélicoptère avec un Jason Statham accroché à ses basques, combat au corps à corps et en talons aiguilles, et joutes verbales aussi percutantes que savoureuses… Plus de doute, Spy se révèle être une comédie d’action jubilatoire et bien ficelée, truffée de références aux classiques d’espionnage, à mi-chemin entre James Bond et OSS 117.

Et s’il est vrai que le scénario soigné, les cascades à couper le souffle et l’humour en rafale participent à la réussite du film, saluons la prestation de Melissa McCarthy, qui parvient à canaliser son côté excessif sans pour cela renier son excentricité, et séduit dans ce registre musclé dont elle est l’irrésistible héroïne.

Ajoutez au charme de McCarthy le sens de l’autodérision insoupçonné de Jason Statham, le charisme ravageur de Jude Law, la froideur terrifiante de la convainquante Rose Byrne et l’irrévérence du génial Peter Serafinowicz  (LA découverte du film), et vous obtiendrez un bon divertissement savamment dosé et chaudement recommandé.

On vous laisse juger!

Sortie le 17 juin 2015.

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La Taupe ++

1973. La guerre froide empoisonne toujours les relations internationales. Les services secrets britanniques sont, comme ceux des autres pays, en alerte maximum. Suite à une mission ratée en Hongrie, le patron du MI6 se retrouve sur la touche avec son fidèle lieutenant, George Smiley (Gary Oldman, toujours parfait).
Pourtant, Smiley est bientôt secrètement réengagé sur l’injonction du gouvernement, qui craint que le service n’ait été infiltré par un agent double soviétique. Epaulé par le jeune agent Peter Guillam, Smiley tente de débusquer la taupe, mais il est bientôt rattrapé par ses anciens liens avec un redoutable espion russe, Karla. Alors que l’identité de la taupe reste une énigme, Ricki Tarr (Tom Hardy), un agent de terrain en mission d’infiltration en Turquie, tombe amoureux d’une femme mariée, Irina, qui prétend posséder des informations cruciales. Parallèlement, Smiley apprend que son ancien chef (John Hurt) a réduit la liste des suspects à cinq noms : l’ambitieux Percy Alleline, Bill Haydon (Colin Firth), le charmeur, Roy Bland, qui jusqu’ici, a toujours fait preuve de loyauté, le très zélé Toby Esterhase… et Smiley lui-même.

Dans un climat de suspicion, de manipulation et de chasse à l’homme, tous se retrouvent à jouer un jeu dangereux qui peut leur coûter la vie et précipiter le monde dans le chaos. Les réponses se cachent au-delà des limites de chacun…Tension, suspense et paranoïa, tels sont les mots clé de ce thriller sombre et complexe mis en scène par Tomas Alfredson (Morse) d’après le roman de John le Carré. Avec une précision quasi-chirurgicale, Alfredson signe une réalisation tenue, à l’esthétique soignée, où chaque détail compte pour restituer l’atmosphère des années 1970 et plonger peu à peu le spectateur dans l’univers de l’espionnage – un univers que le Carré connaît bien pour avoir oeuvré au service de sa majesté dans les années 1950.

Servie par une distribution remarquable – Gary Oldman, « Mr caméléon », en tête, prouvant à nouveau tout l’étendu de son talent en reprenant le rôle interprété par le grand Alec Guiness dans la série télévisée de 1979 – et sublimée par la musique d’Alberto Iglesias (célèbre acolyte de Pedro Almodovar), La Taupe décline les thèmes de l’amitié, de la trahison et de la loyauté autour d’une intrigue particulièrement élaborée… et même des plus intriquées.

Soit, le monde de l’espionnage confère un certain degré d’opacité. Mais à force de vouloir tisser le scénario telle une toile d’araignée en multipliant pistes et complots, le spectateur finit par perdre trop souvent le fil de l’histoire.

Tout au long du film, on attend avec une certaine impatience que le voile se lève sur ce récit alambiqué. Hélas, plus on avance à petits pas, pris dans les méandres scénaristiques, plus la brume se fait compacte.

Gageons toutefois que La Taupe réjouira à coup sûr les adeptes de le Carré et des aventures de George Smiley.

Sortie le 8 février 2012.

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