Chien

Jacques Blanchot perd tout : sa femme, son travail, son logement. Il devient peu à peu étranger au monde qui l’entoure, jusqu’à ce que le patron d’une animalerie le recueille.

Après le très réussi Asphalte, inspiré de deux nouvelles réunies dans Chroniques de l’asphalte, Samuel Benchetrit réitère l’exercice d’adapter ses écrits sur grand écran avec Chien, roman publié en 2015.

Là encore se dessine une histoire de chute, celle d’un homme d’une ingénuité absolue et d’une totale soumission, qui se retrouve dépossédé de sa vie, de son identité, et de toute forme de considération. Mais le parallèle s’arrête là, Chien narrant à l’extrême la déchéance d’un individu sans le moindre recours.

« J’ai eu envie de parler de notre société actuelle où on nous demande à tous beaucoup et de plus en plus : l’argent, la séduction, la beauté… Et pour cela, est arrivé un personnage à qui, à l’inverse, on ne demanderait absolument rien ! Un homme qui deviendrait un chien. » explique le cinéaste.

L’intention de départ est louable, Benchetrit ayant montré une certaine dextérité à filmer ses personnages en pleine crise identitaire et à proposer des comédies décalées inventives et jubilatoires (Chez Gino, J’ai toujours rêvé d’être un gangster, Janis et John). Mais le réalisateur semble oublier que pousser le propos au paroxysme de l’absurde est un art délicat qui requiert un certain équilibre pour ne pas perdre le spectateur. Cette satire contemporaine s’avère malheureusement sans saveur ni le moindre charme, souffrant d’une mise en scène grisâtre, d’un scénario attendu, d’un rythme qui s’enlise bien vite et d’un casting peu imaginatif (Bouli Lanners mis à part).

Quand on sait que Samuel Benchetrit est capable du meilleur, il est d’autant plus frustrant de passer à côté de ce qui aurait pu être un film brillamment caustique mais qui se contente d’être au mieux dérangeant.

 Sortie le 14 mars 2018.

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Jeu concours L’Amour des hommes

Tunis, aujourd’hui. Amel est une jeune photographe. Quand elle perd son mari, sa vie bascule. Encouragée par son beau-père, elle reprend goût à la vie en photographiant des garçons de la rue. Sans craindre d’être scandaleuse, elle fait le choix de regarder les hommes comme les hommes regardent les femmes.

Voici un film intime et délicat, sensuel et lumineux. L’Amour des hommes brosse un très beau portrait de femme, porté par la merveilleuse Hafsia Herzi qui incarne une héroïne des temps modernes cheminant peu à peu vers sa propre liberté.

Nous vous proposons un nouveau jeu concours pour découvrir le film de Mehdi Ben Attia : pour tenter de remporter l’une des deux places de cinéma* en jeu, il vous suffit de répondre au questionnaire en ligne en cliquant ICI avant le jeudi 8 mars 2018 à 23h59. Attention : les réponses en commentaires de cet article ne seront pas prises en compte.

Les gagnants, tirés au sort, seront contactés directement par mail et recevront leur place de cinéma par voie postale.

Bonne chance à tous !

*valable en France métropolitaine

Sortie le 28 février 2018.

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Entretien avec Léo Pons à propos de L’Étrange journée de Monsieur Goodman

Arthur Goodman est un antiquaire aigri. Quand un étranger au chapeau noir entre dans sa boutique, il le considère comme un gêneur de plus, un curieux qui va déranger son agencement méticuleux. Mais l’étrange client va lui faire une proposition difficile à refuser…
L’Étrange journée de Monsieur Goodman est un court métrage où le fantastique côtoie la fantaisie, où le rêve peut devenir cauchemar, où le pragmatique s’efface derrière l’extraordinaire. Un décor foisonnant, des tonalités chaudes qui ne sont pas sans rappeler l’univers d’un certain Jean-Pierre Jeunet, une mise en scène ingénieuse… notre curiosité piquée au vif, nous avons rencontré – virtuellement – Léo Pons, jeune réalisateur dont l’imagination débordante semble réserver quelques belles promesses.
Des Films et des Mots : Quel a été de point de départ de L’Étrange journée de Monsieur Goodman ?
Léo Pons : J’ai eu envie de faire un court-métrage différent de ce que j’ai l’habitude de faire, dans un registre que je n’avais jusqu’à présent pas exploité, et pour lequel j’ai cependant énormément d’intérêt : le fantastique. C’est en revisionnant des épisodes de la série « La quatrième dimension » que le déclic s’est fait : « Et si je faisais un film dans cet esprit ? Une sortie d’hommage à cette superbe série ».
DFDM : L’écriture, l’ambiance fantastique, le narrateur sont autant d’éléments qui font référence à la série « La Quatrième dimension » que vous venez d’évoquer. Quelle influence cette série a-t-elle eu sur votre imaginaire?
L.P : J’ai découvert cette série il y a quelques années, et j’ai tout de suite été fasciné par cette série d’histoires fantastiques, énigmatiques, aux chutes toujours inattendues et surprenantes. Je pense que cette série a largement contribué à mon intérêt pour les films fantastiques. D’où l’envie de franchir le pas et de réaliser quelque chose dans cette veine. Dans le même style, j’ai également pu être influencé par les recueilles de nouvelles Le Horla de Maupassant, ou les Histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe.
DFDM : Vous êtes une jeune réalisateur mais vous vous êtes déjà fait remarquer par votre précédent court métrage, Le Hobbit : le retour du roi du Cantal. Pourriez-vous nous « pitcher » votre film, nous parler de votre univers de réalisateur, de vos envies de cinéma ?
L.P :  L’idée du Hobbit du Cantal m’est venue avec des amis fans comme moi du Seigneur des Anneaux. En 2014, on s’est dit que les paysages de la saga de Peter Jackson ressemblaient comme deux gouttes d’eau à ceux du Cantal ! C’est ce qui m’a donné l’idée d’en faire une parodie. La Terre du milieu… version Terre d’Auvergne ! Au départ c’était juste un délire entre copains, et puis au fil du temps, ce qui était un modeste hommage a pris de l’ampleur avec même des retombées dans la presse nationale. Mais on ne s’est jamais vraiment pris au sérieux, et cela reste un film (très) amateur. Je suis, depuis, passé à autre chose. J’ai changé de style et je pense avoir progressé dans ma narration et ma réalisation. C’est ce que j’essaye de prouver avec mon nouveau film L’Étrange Journée de Monsieur Goodman qui, je l’espère, aura une vie en festivals de courts-métrages.
DFDM : Comment êtes-vous venu à la réalisation ? Avez-vous d’autres projets en cours ?
L.P : Quand j’avais 16 ou 17 ans, un ami magicien m’a proposé de réaliser des vidéos de ses tours de magie. Cela m’a tout de suite plu, et j’avais de bons retours concernant mes vidéos. J’ai alors commencé à faire des films pour des amis, des associations. Je filmais à l’époque avec une petite caméra. Dès que j’ai eu 18 ans j’ai franchi le cap, et j’ai investi dans du matériel. Je me suis mis à mon compte, et j’ai crée mon auto-entreprise de réalisation audiovisuelle, « Leomedias ». Aujourd’hui j’ai 21 ans, et je continue à alterner réalisation de films d’entreprise, et réalisation de courts-métrages personnels. Le tout en parallèle de mes études (je suis en première année de Master Communication Politique). Concernant mes projets à venir… eh bien, seul l’avenir nous le dira !

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