Une vie entre deux océans

116614-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxQuelques années après la Première Guerre mondiale, en Australie. Tom Sherbourne, ancien combattant encore traumatisé par le conflit, vit en reclus avec sa femme Isabel, sur la petite île inhabitée de Janus Rock dont il est le gardien du phare. Mais leur bonheur se ternit peu à peu : Isabel ne peut avoir d’enfant. Un jour, un canot s’échoue sur le rivage avec à son bord le cadavre d’un homme et un bébé bien vivant. Est-ce la promesse pour Tom et Isabel de fonder enfin une famille ?

Après les sublimes Blue Valentine et The Place Beyond the Pines, Derek Cianfrance poursuit ses chroniques amoureuses et porte à l’écran Une Vie entre deux Océans, le best-seller de l’australienne M.L Stedman. A travers cette grande histoire d’amour marquée par la quête de rédemption, on retrouve la délicatesse avec laquelle le cinéaste aime filmer ces couples dans la tourmente, l’atmosphère mélancolique teintée d’espoir qui colore ces histoires d’amour contrariées, la mise en scène tout en clair-obscure qui caractérise les films de Cianfrance. Mais surtout, l’écriture ciselée avec laquelle le cinéaste compose ses personnages abîmés, entiers, téméraires.

Autour du terrible secret – qui se révélera aussi salutaire que destructeur – qui se noue au sein du couple, Alicia Vikander et Michael Fassbender forment un merveilleux duo, surprenants de sincérité, complémentaires dans leur force et leur fragilité successives. Un casting impeccable, un scénario soigné, des paysages sublimement austères, la musique envoûtante d’Alexandre Desplat…

Pourtant, alors que Cianfrance nous avait habitué à des mélodrames intenses, désenchantés, bouleversants, Une Vie entre deux océans manque de saveur et se révèle finalement un peu trop lisse pour nous émouvoir véritablement. Et on le regrette bien.

Sortie le 5 octobre 2016.

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Une Famille à louer

458235.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxPaul-André, la quarantaine, est un homme timide et plutôt introverti. Riche mais seul, il s’ennuie profondément et finit par conclure que ce dont il a besoin, c’est d’une famille ! Violette, quadragénaire pleine de peps, est menacée d’expulsion et a peur de perdre la garde de ses deux enfants. Paul-André propose alors un contrat en tout bien tout honneur pour louer sa famille contre le rachat de ses dettes. Pour le meilleur et pour le pire…

Jean-Pierre Améris nous avait régalé il y a quelques temps avec ses Emotifs Anonymes, une comédie au charme suranné particulièrement enthousiasmante. Avec Une Famille à louer, le cinéaste pousse un peu plus loin la fantaisie en faisant se rencontrer malicieusement deux personnages que tout oppose.

Mère célibataire, Violette est une sorte d’ouragan fluorescent un brin naïve qui enchaîne les petits boulots comme elle enchaîne les aventures d’un soir, et qui tente de garder la tête hors de l’eau. Taciturne, Paul-André a fait fortune avec sa société et s’est enfermé dans une vie de solitaire qui l’étouffe. La rencontre s’annonce à l’évidence explosive.

Attendu voire consensuel, Une Famille à louer joue grossièrement avec les stéréotypes de la famille (la figure de la mère mal-aimante ou paumée, celle du père absent, le frère culpabilisant, la famille dénigrante ou/et envahissante…) et les stéréotypes sociaux (elle vient d’un milieu modeste et lutte pour joindre les deux bouts, lui vient d’un milieu aisé et a de quoi vivre jusqu’à la fin de sa vie « et bien au-delà »…).

Toutefois, le film parvient à séduire par l’atmosphère joviale qui s’en dégage, par la finesse de ses dialogues et par le décalage de ses personnages principaux, la légèreté de l’une s’alliant merveilleusement à la mélancolie de l’autre.

Une petite comédie sympathique qui se laisse voir avec plaisir.

Sortie le 19 août 2015.

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Et (beaucoup) plus si affinités

376556.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxEn se rendant à une soirée organisée par son meilleur ami, Wallace ne se doute pas qu’une rencontre va bouleverser sa vie. Son attirance pour Chantry a tout du coup de foudre. Une complicité immédiate s’installe avec cette jeune femme pétillante et à l’humour ravageur. Toutefois, il subsiste un petit obstacle aux prémices de cette belle histoire : Chantry est déjà en couple avec un dénommé Ben ! Elle propose donc à Wallace de sceller un tout autre pacte : devenir amis, et rien de plus.
Au fil du temps, leur complicité ne fait que grandir et Wallace se retrouve vite confronté à un vrai dilemme : doit-il s’en tenir à sa promesse ? Faire en sorte que Chantry quitte Ben ? Faire semblant de se satisfaire de cette situation bancale ou bien tenter de la conquérir, au risque de la perdre ? Leur relation amicale va être mise à rude épreuve : mais un homme et une femme peuvent-ils réellement être amis ?

Prenez un incurable romantique, un tantinet aigri, irrésistiblement drôle. Mettez sur sa route une craquante dessinatrice, pleine d’esprit et de répartie. Epicez leur rencontre de quelque ironie comme la vie sait si bien en réserver. Ajoutez à cette potentielle histoire d’amour les conseils d’un cousin bien barré, d’une copine tout aussi déjantée, une multitude de possibilités, et vous obtiendrez Et (beaucoup) plus si affinités, une comédie romantique fraiche et sympathique mêlant désinvolture et fantaisie.

Malgré le manque de relief des personnages (Wallace, incarné par Daniel Radcliffe, a la maladresse touchante mais aurait pu gagner en charisme) et une trame sans surprise, le film de Michael Dowse se distingue par ses dialogues savoureux et son ambiance torontoise douillette et chaleureuse, propice à cette charmante amourette.

Sortie le 29 octobre 2014.

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