Lou Andreas-Salomé

Lou Andreas-Salomé, égérie intellectuelle, romancière et psychanalyste, décide d’écrire ses mémoires…
Elle retrace sa jeunesse parmi la communauté allemande de Saint-Pétersbourg, marquée par le vœu de poursuivre une vie intellectuelle et la certitude que le sexe, donc le mariage, place les femmes dans un rôle subordonné. Elle évoque ses relations mouvementées avec Nietzsche et Freud et la passion qui l’a unie à Rilke. Tous ses souvenirs révèlent une vie marquée par le conflit entre autonomie et intimité, et le désir de vivre sa liberté au lieu de seulement la prêcher comme ses confrères…

Pour son premier long métrage, Cordula Kablitz-Post s’attache à mettre en lumière la fascinante Lou Andreas-Salomé, une intellectuelle allemande, figure importante de l’histoire contemporaine pourtant tombée mystérieusement dans l’oubli.

Avant-gardiste éprise de savoir et de liberté, femme de lettres polyglotte, philosophe et psychanalyste, elle fut la muse du poète Rainer Maria Rilke, amie de Nietzsche, disciple de Freud, se joua des conventions et de sa réputation sulfureuse.

La cinéaste livre un portrait de femme moderne, révolutionnaire, qui se dévoile complexe, passionnée, singulière. On regrette toutefois le traitement formel et conformiste de ce biopic pourtant inspiré, et la frustration ressentie à l’égard de son oeuvre tout juste survolée.

Sortie le 31 mai 2017.

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Parkland +

21035931_20130903173640068.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx22 novembre 1963, 12 h 38. C’est un patient peu ordinaire qui arrive en urgence au Parkland Memorial Hospital de Dallas. Il s’agit du président John F. Kennedy, sur qui on vient de tirer alors qu’il traversait Dealey Plaza en limousine décapotée, acclamé par la foule. Tandis que la nouvelle se répand dans le monde, une page méconnue de l’histoire s’écrit dans cet hôpital qui n’était absolument pas préparé à affronter cet événement. Autour du corps, les questions et les émotions s’accumulent. La pression monte. Proches, anonymes, officiels, tous vont être confrontés à une prise de conscience et à des décisions qui changeront leur vie à jamais…

Pour son premier film, Peter Landesman porte sur écran le roman de Vincent Buglioso, Four Days in Novembre : The Assassination of President John F. Kennedy, qui retrace les évènements du jour de l’attentat et des trois jours suivants.

Entouré d’un parterre d’acteurs impeccables (Paul Giamatti, Billy Bob Thornton, Marcia Gay Harden), le cinéaste s’intéresse aux petites histoires autour de la grande, de la stupéfaction du personnel hospitalier à l’énergie déployée par les services secrets pour résoudre l’enquête en passant par l’incompréhension de la famille Oswald et le choc ressenti par toute la population.

Si la mise en scène, quoique formelle, tend vers un réalisme saisissant en composant avec les images d’archives, et bien que le sujet, pourtant traité à multiples reprises, continue de fasciner autant, le film de Landesman, au style conventionnel, n’apporte pas grand chose de plus et s’oublie aussitôt le générique de fin terminé. Dommage car l’angle choisi semblait prometteur.

En DVD depuis le 10 février 2014 (distribué par metrofilms).

Film 2013 et bande annonce à découvrir sur Cinetrafic.
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La Princesse de Montpensier

Un jour de mai 2010, sur la Croisette. La célèbre chaîne cryptée retransmet la très attendue montée des marches de l’équipe du film La Princesse de Montpensier, Bertrand Tavernier en tête.

La princesse, c’est Mélanie Thierry, beauté picturale aux allures vermeeriennes. Majestueuse dans sa robe bustier couleur violine signée du maître (Yves Saint-Laurent, forcément!), la comédienne est entourée de partenaires aussi chic que choc : Gaspard Ulliel (l’impétueux Comte de Guise), Grégoire Leprince-Ringuet (le Prince de Montpensier), Raphaël Personnaz (l’insaisissable Duc d’Anjou) et Lambert Wilson (le mystérieux Comte de Chabane).

A la fin de la projection, la presse semble unanime, les spectateurs, emballés. Le film repartira pourtant bredouille du festival. Qu’importe : ma curiosité a été attisée… j’attendrai donc impatiemment sa sortie en salle.

4 novembre 2010, dans une salle de cinéma parisienne. Je découvre enfin l’histoire de cette princesse de Montpensier, jeune fille insouciante promise au mauvais prétendant. En toile de fond, la guerre de religion.

Mais rendons hommage un instant aux attachés de presse qui ont travaillé ardemment à la promotion du film et citons le synopsis  rédigé avec soin : « 1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage…

Depuis son plus jeune âge, Marie de Mézières aime Henri, Duc de Guise. Elle est contrainte par son père d’épouser le Prince de Montpensier. Son mari, appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants, la laisse en compagnie de son précepteur, le Comte de Chabannes, loin du monde, au château de Champigny.

Elle tente en vain d’y oublier sa passion pour Guise, mais devient malgré elle l’enjeu de passions rivales et violentes auxquelles vient aussi se mêler le Duc d’Anjou, futur Henri III ».

A côté, Carmen la bohémienne se ferait presque passer pour une sainte !

Et pourtant, comment ne pas être subjugué par la beauté de cette princesse, comment ne pas être touché par ce cruel dilemme (le statut social ou la passion?), comment ne pas vénérer Madame de La Fayette pour avoir écrit un tel chef d’oeuvre et Bertand Tavernier pour lui rendre un hommage teinté de grâce et d’intelligence?

Car ce film d’époque romanesque aux accent résolument modernes bénéficie non seulement d’une mise en scène tout en virtuosité et de dialogues ô combien soignés, mais aussi d’une distribution remarquable. Saluons – une fois encore – la lumineuse Mélanie Thierry qui porte le film sur ses épaules délicates, aidée notamment par un Lambert Wilson tout en retenu et d’un Raphaël Personnaz simplement explosif.

Alors, soit, 2h20 pour une histoire d’amour et de guerre (ou de guerre et d’amour), ça peut paraître un peu long. Mais fichtre, face à tant de talents, on ne peut que s’incliner !

 Sortie en DVD le 8 mars 2011.

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