Hero Corp – saison 5

Montréal. L’agence Hero Corp et ses super-héros sont les maîtres de la ville. L’atmosphère semble apaisée. Mais, en sortant de la cité pour une mission de routine, John, Doug, Mique et Stan réalisent qu’au-delà des remparts de protection, tout n’est pas si simple : les habitants du « monde sauvage » vivent dans la misère, sont exploités et semblent détester les super héros. De retour à l’agence, John et ses amis constatent qu’ils ne sont pas les bienvenus et la traque commence… Contraints de se cacher, ils rencontrent Calvin qui accepte de les guider vers une ville mystérieuse habitée par des rebuts de la société chassés par la population. Ils y retrouvent de vieilles connaissances…

L’ultime saison de Hero Corp, série devenue culte, tout droit sortie de l’imagination de Simon Astier, est enfin disponible en coffret intégral*. Deux ans et demi d’écriture, une campagne de financement participatif nécessaire, des difficultés à la chaîne au moment du tournage… Cette saison 5  a réservé son lot de déboires. Mais aussi de belles surprises. Cela valait bien un entretien avec Simon Astier :

Des Films et des Mots : Comment avez-vous abordé l’écriture de cette dernière saison, particulièrement attendue ?
Simon Astier : Je savais que j’écrivais la dernière saison, mais je n’avais pas encore une idée très précise sur la fin que j’allais dessiner. A vrai dire, j’avais imaginé un final bien plus pessimiste. Même si je ne ressentais pas de pression particulière, j’ai tout de même été confronté à une forme de blocage au moment de l’écriture – un blocage qui a duré deux ans! Il a fallu que je me libère du désir de boucler l’histoire de chaque personnage, que j’accepte de les laisser vivre leur vie. J’ai donc fini par recentrer sur l’histoire de John et ai repris le thème du récit initiatique.

DFDM : Quel regard portez-vous sur l’évolution de la série ?
S.A : Il s’est écoulé dix ans entre la première et la dernière saison de Hero Corp. La série met en scène un jeune homme un peu perdu qui va peu à peu trouver sa place, son équilibre, sa famille, et se réaliser en acceptant d’affronter sa part d’ombre. C’est un sujet à la fois universel et intime puisque moi aussi, j’ai ressenti ce besoin de trouver ma place et de l’assumer.
C’est assez émouvant de voir comment ce jeune homme a grandi, de le voir passer d’un statut de novice à celui de héros, et de le voir également s’épanouir au contact des siens.
Et même si les saisons ne se ressemblent pas, certaines étant plus ou moins légères, l’humour a toujours été important : il permet de parer ce côté intime que j’évoquais, de mettre de la distance, de dédramatiser. C’est aussi selon moi une façon de communiquer, d’observer pour savoir comment se positionner face à quelqu’un, comment laisser s’exprimer l’émotion ou au contraire comment la canaliser. La comédie n’est jamais gratuite : elle renseigne toujours sur quelque chose ou sur quelqu’un.

DFDM : Il y a une scène particulièrement émouvante, qui rompt justement avec le ton employé au cours de la saison 5 : celle où les fantômes de Jon son convoqués (Attention : SPOILER)…
S.A : Cette scène était très importante à mes yeux : c’était une façon de dire au-revoir à tous ces personnages essentiels à l’histoire de Jon. Ils jouent leur rôle une dernière fois et viennent le rassurer en lui disant : « Ne t’inquiète pas, tu es suffisamment fort pour avancer, et nous serons toujours avec toi ». C’est l’un de mes plus beaux souvenir de tournage, notamment avec Agnès (Agnès Boury, qui interprète Mary), avec qui le jeu se fait au-delà des mots échangés. C’est dans ces moments-là, d’émotions, de magie inexplicable, que je retrouve tout le plaisir de jouer, comme lorsque j’étais enfant et que je voyais ma mère jouer sur les planches. Elle semblait m’emmener en voyage à travers toutes les histoires contées sur scène.

DFDM : Quand on est « chef d’orchestre » comme vous l’êtes sur Hero Corp, à la fois à la réalisation, à l’écriture, à l’interprétation… comment parvient-on justement à préserver ce plaisir de jouer ?
S.A : Le fait d’assurer plusieurs postes à la fois vient de ce désir initial de prouver ce dont j’étais capable, aux autres et à moi-même. Avec l’expérience, j’ai compris qu’on ne pouvait pas toujours tout faire bien, d’autant plus quand on est exigeant ! Hero Corp m’a permis de lâcher prise. J’ai également compris qu’à plusieurs, on était plus fort. Chacun apporte quelque chose, un regard, un savoir faire, un grain de folie. C’est pour cela que j’aime tant le travail d’équipe et qu’il y a toujours une bande d’amis dans mes histoires. Quand au plaisir de jouer, il est variable et dépend de plusieurs paramètres, notamment des partenaires à qui l’on donne la réplique. Sur Héro Corp, je n’étais entouré que d’acteurs bienveillants, de complices avec qui jouer se fait en toute confiance. Un vrai bonheur. Mais mon réel plaisir réside dans l’écriture et la réalisation. Construire un projet, une histoire, voir les pièces du puzzle s’imbriquer au fur et à mesure… J’adore ça!

DFDM : Comment appréhendez-vous l’après Héro Corp ?
S.A : C’est compliqué. Je me sens libre après ces dix années passées à porter cette série aux multiples enjeux. Aujourd’hui, j’ai des projets plein la tête, des envies aussi fortes les unes que les autres. Mais se dégager de cette incroyable expérience n’est pas si évident. Je mûris donc chacun de ces projets et laisse le temps faire son oeuvre. Et puis je me dis que le destin viendra bien me filer un petit coup de pouce !

*L’intégrale de la saison 5 en coffrets 3 DVD et 3 Blu-Ray en vente depuis le 27 juin 2017.

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS

Adaline

124940.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAprès un accident qui aurait dû lui être fatal, la belle Adaline cesse de vieillir. Aujourd’hui, bien qu’ayant vécu près de huit décennies, elle est toujours âgée de 29 ans. Après avoir mené une existence solitaire afin de ne jamais révéler son secret, une rencontre fortuite avec le philanthrope et charismatique Ellis Jones, va raviver sa passion de la vie et de l’amour.

Une mise en scène lumineuse, une photographie soignée, une belle histoire mêlant romance et science fiction, quelques fioritures plus ou moins bien amenées (telle la narration au début de l’histoire qui n’apporte pas grand chose contrairement aux images d’archive qui entrecoupent le récit, replongeant le spectateur instantanément dans telle ou telle époque), un soin tout particulier apporté aux décors et aux costumes et un casting parfait…

Porté par la sublime Blake Lively qui livre une prestation tout en élégance, Adaline est une histoire d’amour comme il en existe tant, qui repose sur une intrigue bien trop prévisible.

Le film de Lee Toland Krieger se laisse tout de même voir avec plaisir, d’autant plus au format e-cinéma, lors d’une après-midi pluvieuse ou d’une soirée de détente à la maison. Vous voilà prévenus!

Sortie  e-cinéma le 22 mai 2015.

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS

The Divide –

Amateur de finesse, de poésie, de belles émotions, d’intrigue surprenante et d’histoire vibrante, passez votre chemin. Xavier Gens préfère faire dans le lourd… quitte à flirter dangereusement avec notre seuil de tolérance.

Quand une explosion cataclysmique ravage la ville de New York, huit personnes se réfugient dans le sous-sol de leur immeuble. Des tensions et des rivalités apparaissent parmi les rescapésqui survivent grâce aux réserves déclinantes d’eau et de nourriture. Soudain, des hommes en combinaison pénètrent dans l’abri et font feu sur ses occupants. Eva, qui semble être la plus fragile du groupe, va devoir s’endurcir pour survivre à cette menace extérieure…

Une attaque nucléaire – dont on ne sait finalement pas grand chose -, des hommes mystérieux qui se livrent à l’enlèvement d’enfant pour en faire des cobayes – on ne sait pas trop pourquoi -, des survivants pris au piège qui sombrent peu à peu dans la folie et laissent libre cours à leurs plus bas instincts. Ajoutez quelques scènes d’une violence insupportable (au choix : torture, viol, sadisme et humiliation en tout genre) sur des images de piètre qualité et servies par des acteurs pas franchement inspirés (en même temps, peut-on les blâmer?), et vous obtiendrez toute l’essence de The Divide.

Xavier Gens (Hitman) livre un huis clos pesant et anxiogène à souhait, tout juste bon à vous donner la nausée. Bref, un film à oublier.

Sortie en DVD le 1er juin 2012.

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS