Dogman

Dans une banlieue déshéritée, Marcello, toiletteur pour chiens discret et apprécié de tous, voit revenir de prison son ami Simoncino, un ancien boxeur accro à la cocaïne qui, très vite, rackette et brutalise le quartier. D’abord confiant, Marcello se laisse entraîner malgré lui dans une spirale criminelle. Il fait alors l’apprentissage de la trahison et de l’abandon, avant d’imaginer une vengeance féroce…

Librement inspiré d’un fait divers qui s’est déroulé dans une banlieue sinistrée de Rome à la fin des années 1980 et qui a fait date dans l’histoire criminelle italienne de par son extrême violence, Dogman vient provoquer plusieurs réactions chez le spectateur. Surprenant par sa noirceur crasse et violente, le film saisit par sa mise en scène rugueuse et froide, imposant une atmosphère glauque et troublante où les personnages semblent tombés dans une profonde torpeur.

Derrière la caméra, Matteo Garrone (Gomorra) filme de manière radicale un « David contre Goliath » des temps modernes empêtrés dans une ville délabrée. La tension va crescendo dans ce drame social sublimé par l’esthétique sombre et austère et par l’interprétation tirée au cordeau des acteurs, le novice Marcello Fonte, si justement récompensé du Prix d’interprétation masculine au dernier Festival de Cannes, en tête.

« A l’origine de Dogman, il y a une suggestion visuelle, une image, un renversement de perspectives : celle de quelques chiens, enfermés dans une cage, qui assistent comme témoins à l’explosion de la bestialité humaine… C’est l’histoire d’un homme qui, dans la tentative de se racheter après une vie d’humiliations, a l’illusion de s’être libéré, et avec lui son quartier et peut-être même le monde. Mais ce dernier demeure toujours inchangé, et presque indifférent. » raconte le cinéaste.

Il en ressort un film implacable malgré la tendresse qui se dégage de la figure de l’antihéros, frêle, faillible, et pourtant si attachant.

Interdit au moins de 12 ans.

Sortie le 11 juillet 2018.

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20e Très court international Film Festival

Le Très Court International Film Festival fête ses 20 ans ! Du 1er au 10 juin 2018, une cinquantaine de films de moins de 4 minutes représentant le meilleur de la production audiovisuelle en format « très court » sera diffusée simultanément dans près de 16 villes françaises et 80 villes dans le monde.

De la France au Burkina Faso en passant par la Chine, l’Estonie ou le Nicaragua, le Très Court international Film Festival est un événement mondial qui proposent au public la découverte de plus d’une centaine de films. Documentaire ou film d’animation, polar ou conte, comédie ou romance, cinéma d’auteur ou grosse production, les spectateurs ont l’embarras du choix !

A l’issue des projections, le jury, présidé cette année par Eric Judor, décerne différents prix aux films sélectionnés en compétition internationale et dans la section « Paroles de Femmes ». Cette section donne la parole à celles que l’on entend moins, et permet de croiser les regards sur la condition féminine à travers le monde par le biais de portraits, de témoignages,

Éveiller la curiosité des spectateurs, révéler le talent de cinéastes encore méconnus par-delà les frontières, donner à voir la folle inventivité de ces artistes qui questionnent, caricaturent ou dépeignent simplement nos sociétés contemporaines.

Pour tout savoir sur le Très Court international Film Festival, c’est par ici  !

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In the Fade

La vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe. Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance.

Certains films s’annoncent d’emblée délicats, tant par le sujet traité que par la façon de le mettre en scène qui exige alors pudeur et retenue. Fatih Akin (Soul Kitchen, De l’autre côté) ne s’y est pas trompé en abordant le drame In the Fade sous l’angle du thriller.

Quelques scènes suffisent au cinéaste allemand pour nous plonger dans la douleur insoutenable, celle de l’arrachement cruel, injuste, inacceptable. Le bonheur familial brossé en début de film est réduit en cendres, laissant la place à la souffrance intolérable.

L’intelligence d’Akin est la subtilité avec laquelle il parvient à rendre l’intime universel, investissant le spectateur dans une histoire de vengeance précaire et pourtant haletante grâce à une mise en scène tirée au cordeau.

Mais sa plus grande inspiration est d’avoir confié à Diane Kruger le rôle de cette femme meurtrie et bouleversante. Récompensée du prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes, l’actrice, sublime en héroïne tragique, porte magistralement le film sur ses épaules et prouve une fois encore toute l’étendue de sont talent.

In the Fade est un film poignant et éprouvant, dont on ne ressort pas complètement indemne.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Sortie le 17 janvier 2018.
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