La Belle et la Meute

Lors d’une fête étudiante, Mariam, jeune Tunisienne, croise le regard de Youssef. Quelques heures plus tard, Mariam erre dans la rue en état de choc. Commence pour elle une longue nuit durant laquelle elle va devoir lutter pour le respect de ses droits et de sa dignité. Mais comment peut-on obtenir justice quand celle-ci se trouve du côté des bourreaux ?

« N’abandonne pas tes droits ». Cette réplique que Youssef invoque avec vigueur à Mariam résonne encore, une fois passé le générique de fin. Inspiré d’une histoire vraie, La Belle et la meute évoque un sujet d’une intolérable actualité. Mais en abordant des thèmes sociétaux et politiques sous l’angle du thriller, la réalisatrice Kaouther Ben Hania parvient à insuffler une puissance inouïe à son récit écrit avec concision.

Construit en forme de puzzle, le film retrace l’absurde parcours du combattant que la victime doit mener pour faire entendre ses droits. Filmé caméra à l’épaule, le drame gagne en tension, porté par une mise en scène anxiogène à souhait, où les ellipses racontent plus que les mots ou les images. Porté par l’interprétation ciselée de Mariam Al Ferjani, héroïne tragique et courageuse, La Belle et la Meute révolte, émeut, bouleverse.

Un film engagé, militant, d’une absolue nécessité, qui dénonce une odieuse réalité, et qu’il faut voir au plus vite.

Sortie le 18 octobre 2017.

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Grand Prix Cinéma Elle 2017

La remise du Grand Prix cinéma ELLE s’est déroulée jeudi 5 octobre dernier au cinéma du Panthéon. Ce prix organisé par le magazine ELLE, en collaboration avec la marque de cosmétique Sisley, réunit 100 lectrices dont la mission était de visionner 8 films en avant-première, pendant tout un week-end, puis de décerner le Grand Prix à l’un d’eux.

Les films sélectionnés étaient d’une grande qualité et représentatifs de la richesse du cinéma actuel :

  • « L’Atelier » de Laurent Cantet, sortie le 11 octobre 2017
  • « La Belle et la Meute » de Kaouther  Ben Hania, sortie le 18 octobre 2017
  • « Au revoir là-haut » d’Albert Dupontel, sortie le 25 octobre 2017
  • « Tout nous sépare » de Thierry Klifa, sortie le 8 novembre  2017
  • « Marvin ou la belle éducation » d’Anne Fontaine, sortie le 22 novembre 2017
  • « Plonger » de Mélanie Laurent, sortie le 29 novembre 2017
  • « Un homme intègre » de Mohammad Rasoulof, sortie le 6 décembre 2017
  • «  Les gardiennes » de Xavier Beauvois, sortie le 6 décembre 2017

Cette 7ème édition présentait aussi bien des films déjà sélectionnés en compétition (comme L’Atelier, présenté à Cannes ou Un homme intègre, qui a reçu le prix Un certain regard) que des adaptations de romans (Marvin, adaptation d’En finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis, Au revoir là-haut, adaptation du roman éponyme de Pierre Lemaitre, Plonger, transposition du livre de Christophe Ono-dit-Biot).

En résumant brièvement les thématiques abordées dans cette sélection, on retrouve l’art comme moyen d’émancipation (dans L’atelier, Marvin, Plonger et Au revoir là-haut), la période de la guerre (Au revoir là-haut, Les gardiennes), la quête et le maintien de l’honneur (Tout nous sépare, Un homme intègre et La Belle et la Meute).

Le jury des lectrices ELLE 2017 a donc remis :

  • le prix de la beauté de l’image au film de Xavier Beauvois, « Les Gardiennes »,
  • le prix coup de cœur de la rédaction féminin à Nathalie Baye pour son rôle dans « Les gardiennes »,
  • le coup de cœur masculin à Finnegan Oldfield pour son interprétation dans le film d’Anne Fontaine, « Marvin ou la belle éducation »,
  • le Grand prix des lectrices ELLE à « La Belle et la Meute » de Kaouther  Ben Hania.

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Whiplash

345974.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAndrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence.

Il y a des films que l’on voit, bons ou moins bons, qui nous font passer un moment, bon ou moins bon, et que l’on oublie presque aussitôt le générique de fin lancé. Et puis il y a Whiplash

Alliant ivresse et virtuosité, stupeur et admiration, étonnement et palpitation, le premier long métrage du prometteur Damien Chazelle fait partie de ce genre de films inattendus qui vous transportent dès les premières images, vous scotchent à votre fauteuil en éveillant un arc-en-ciel d’émotions et vous reviennent en mémoire de façon inopinée, provocant sourire et euphorie.

Une histoire de transmission, de reconnaissance, de passion dévorante, destructrice et pourtant vitale… Voilà ce que filme magistralement Chazelle à travers le rapport insensé entre un maître (le génial J.K Simmons) et son élève (le prodigieux Miles Teller) réunis autour d’un même amour pour le jazz. Un amour qui conjugue obstination et abnégation, talent et rage, dépassement de soi et perfectionnisme.

La mise en scène, d’une rare intensité, subjugue, la caméra se fait instrument de musique et capte le moindre effleurement, la plus petite hésitation, l’accord parfait, la fureur de l’interprétation, le tempo s’accélère, tout comme notre rythme cardiaque…

Jamais la musique n’avait été ainsi filmée : les notes s’éprouvent, les mouvements s’écoutent, les octaves se respirent et l’effort se partage, les poings serrés et le pied battant la mesure.

Voilà pourquoi Whiplash s’inscrit dans cette rare lignée de ce que l’on peut qualifier de bijoux cinématographiques.

Phénoménal, époustouflant, hypnotique… Aligner les superlatifs semble inutile tant Whiplash s’apparente à une expérience cinématographico-musicale qu’il faut vivre.

Un coup de coeur à découvrir au plus vite !

Sortie le 24 décembre 2014.

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