Jeu concours Vivre et chanter

Le temps passe à vive allure et j’avoue prendre de moins en moins de temps pour partager mes découvertes cinématographiques (et pourtant, Chambre 212 de Christophe Honoré, ou Le traître de Marco Bellochio – aujourd’hui en salles-, mériteraient bien quelques bons mots)…

J’essaie donc de palier à cette absence pour vous proposer un nouveau jeu concours pour découvrir Vivre et chanter* de Johnny Ma. Car après tout, l’ambition première de ce blog reste bel et bien de parler de cinéma et d’explorer des films dont on entend peut-être un peu moins parler.

L’histoire est celle d’une troupe d’opéra chinois traditionnel qui vit et joue ensemble dans la banlieue de Chengdu. Mais lorsque le théâtre de la troupe reçoit un avis de démolition, il faut trouver en urgence un nouveau lieu, où la compagnie pourra continuer de vivre et chanter. S’engage alors une lutte pour la survie de cet art ancien.

Pour tenter de remporter deux places de cinéma, il vous suffit de répondre au questionnaire en ligne DIRECTEMENT ICI avant le 17 novembre 2019 23h59.

Le ou la gagnante, tiré.e au sort, sera contacté.e par mail et recevra son lot par voie postale dans les meilleurs délais.

Bonne chance à tous !

*en salles le 20 novembre 2019.

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Fais de beaux rêves

543348-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxTurin, 1969. Massimo, un jeune garçon de neuf ans, perd sa mère dans des circonstances mystérieuses. Quelques jours après, son père le conduit auprès d’un prêtre qui lui explique qu’elle est désormais au Paradis. Massimo refuse d’accepter cette disparition brutale.
Année 1990. Massimo est devenu un journaliste accompli, mais son passé le hante. Alors qu’il doit vendre l’appartement de ses parents, les blessures de son enfance tournent à l’obsession…

Le noyau familial, les racines, la construction identitaire,  la candeur, le deuil précoce, la douleur inexplicable, le mensonge « par protection », la perte de l’innocence, la colère, le déni, les souvenirs, la confrontation, « l’aptitude à survivre à cette perte incompréhensible »… autant de thèmes que Marco Bellocchio (La Belle endormie, Le Sourire de ma mère) abordent avec pudeur et simplicité dans l’adaptation du best-seller Fais de beaux rêves, mon enfant de Massimo Gramellini.

Le cinéaste explique ce qui l’a le plus inspiré dans le récit autobiographique de Gramellini : « L’histoire de cet enfant et des vicissitudes de sa vie d’adulte m’a profondément intéressé, c’est clairement un contrepoint flagrant à ma propre biographie », analyse-t-il.

A travers une mise en scène soignée ponctuée de flash-backs habilement amenés, le récit se construit au gré des souvenirs de Massimo : les lieux qui ont marqué son enfance ou qui ont déterminé son avenir, les jeux complices avec sa mère et déjà, l’angoisse de l’abandon, révélée au cours d’une partie de cache-cache sans fin.

Présenté en ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs au dernier Festival de Cannes, Fais de beaux rêves est un film dense, tout en clair-obscur, qui part d’une tragédie intime pour aboutir à une forme d’apaisement. Sublime et bouleversant.

Sortie le 28 décembre 2016.





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Bande de filles

410593.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMarieme vit ses 16 ans comme une succession d’interdits. La censure du quartier, la loi des garçons, l’impasse de l’école. Sa rencontre avec trois filles affranchies change tout. Elles dansent, elles se battent, elles parlent fort, elles rient de tout. Marieme devient Vic et entre dans la bande, pour vivre sa jeunesse…

Traiter du statut des femmes dans les banlieues « sensibles » faisait craindre le pire tant il est aisé de succomber à la succession de clichés ressassés par les médias. Des écueils dont Céline Sciamma n’a que faire, s’appropriant un univers inconnu, faisant sienne cette réalité inacceptable des quartiers où la féminité rime avec brimade et soumission, où la question de l’honneur prime sur la liberté, où la notion de respect a perdu tout son sens et où, on ne sait par quel miracle, jaillit une énergie folle, joyeuse et combative.

« Il y avait avec ces personnages la présence d’enjeux forts et intimes au coeur de mon projet de cinéaste », explique Sciamma. « La construction du féminin avec ses pressions et ses interdits, l’affirmation des désirs, le jeu avec les identités. A travers elles, je voulais poursuivre mon travail autour des questions de jeunesse et du récit initiatique, mais dans un précipité contemporain, ancré dans une réalité française, politique ».

Marieme, Lady, Adiatou, Fily. Une Bande de filles aussi attachantes qu’exaspérantes, qui vivent leur adolescence en improvisant des « battle » de danse, en chantant à tue-tête sur Rihanna, en s’évadant quelques heures de leur tour glauque pour aller faire du shopping à La Défense ou aux Halles. Mais à l’âge où « les filles ne pensent qu’à s’amuser », celles-ci doivent se serrer les coudes pour exister et supporter la violence qui régit leur quotidien, prouver qu’elles savent se battre « comme un homme » pour gagner le respect des « grands frères », veiller les unes sur les autres puisque les parents sont absents, en attendant de voir se réaliser un avenir qu’elles n’ont pas choisi.

Puissant, bouleversant, révoltant, Bande de filles est un film qui vous prend aux tripes et ne vous relâche que bien après le générique de fin. Céline Sciamma livre un portrait plein de tendresse et sans concession de ces jeunes filles solidaires et complices, unies seules contre tous.

N’oublions pas de saluer Karidja Touré, révélation du film, qui, par l’intensité de son regard, parvient à faire passer une kyrielle d’émotions, et dont la puissance de jeu lui permet d’incarner un personnage en perpétuelle évolution. Saisissante, la jeune actrice porte sur ses épaules l’histoire tragique de Marieme, d’abord résignée, puis révoltée face à ce destin irrévocablement tracé qu’elle ne peut souffrir.

Un film poignant dont on ne ressort pas complètement indemne.

Sortie le 22 octobre 2014.





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