Citoyen d’honneur

156782.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxL’Argentin Daniel Mantovani, lauréat du Prix Nobel de littérature, vit en Europe depuis plus de trente ans. Alors qu’il refuse systématiquement les multiples sollicitations dont il est l’objet, il décide d’accepter l’invitation reçue de sa petite ville natale qui souhaite le faire citoyen d’honneur. Mais est-ce vraiment une bonne idée de revenir à Salas dont les habitants sont devenus à leur insu les personnages de ses romans ?

Comédie satirique à quatre mains signée Mariano Cohn et Gaston Duprat, Citoyens d’honneur met en scène le retour au pays d’un illustre écrivain, blasé et parvenu, qui va être confronté à des retrouvailles pour le moins ubuesques.

« Nous savions qu’une trame comme celle-ci nous permettrait d’aborder différents sujets liés à la société argentine, mais aussi de mettre en lumière ces mécanismes si particuliers qui sont à l’oeuvre dans une petite ville confrontée à la célébrité de l’un des siens », explique Gastón Duprat. « Cette ville est forcément moins cosmopolite et plus fermée. C’est l’endroit parfait pour raconter le retour du prodige local et des tensions que cela provoque. Ce décalage entre les habitants et l’artiste, auquel s’ajoute le comportement parfois déplacé de celui-ci, contribue à la vague de mécontentement qui balaie la ville. « 

Incisif et désopilant, Citoyen d’honneur passe au scalpel les mœurs condamnables de chacun, de l’écrivain égocentrique dont le passé va prendre des airs vengeurs au maire hypocrite pétri de jalousie en passant par la jeune groupie éhontée.
L’écriture acérée – qui n’est pas sans rappeler celle des Nouveaux Sauvages, autre comédie satirique argentine particulièrement jubilatoire -, le rythme savamment dosé, l’interprétation inspirée d’Oscar Martinez (Prix d’interprétation masculine à la dernière Mostra de Venise) et le mise en scène soignée – citons les gros plans poétiques de Daniel et de son chauffeur tombés en rade, tournées à la belle étoiles autour du feu – sont autant d’éléments qui ont de quoi réjouir les esprits plus chagrins. Truculent et corrosif à souhait!

En salles le 8 mars 2017.

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Article rédigé par : Laetitia
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