De rouille et d’os +++

Jeudi 17 mai 2012, 8h30, Grand théâtre Lumière du Palais des festivals, à Cannes. Malgré l’horaire matinal, pas loin de 2 000 spectateurs se pressent pour assister à la première projection de De rouille et d’os, en compétition pour la Palme d’or. Il faut dire qu’avec Jacques Audiard derrière la caméra et Marion Cotillard à l’affiche, les promesses sont nombreuses. L’obscurité se fait, le générique du Festival résonne… Action !

Ça commence dans le Nord.

Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions.Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre.

Filmer la rencontre de deux écorchés vifs, les mettre en scène dans la plus grande simplicité comme pour mieux révéler l’histoire d’amour qui se construit en filigrane… Audiard réussit une fois encore à nous faire vibrer malgré la noirceur de son propos.

Pendant près de 2h, le spectateur se laisse embarquer par ces personnages quasi muets, en quête de sens et d’existence, si vulnérables et terriblement combattants. Marion Cotillard se révèle tout en fêlures et pleine de grâce. Matthias Schoenaerts impressionne par son charisme, brut et délicat. Audiard fait sourire, émeut, inquiète et nous plonge dans l’intensité des émotions sans y avoir l’air.

Les plans se succèdent, doux et violents, sombres et lumineux, distants et intimes, dirigés par un maître de l’exigence. Un artiste entier, minutieux, raffiné qui parvient à se renouveler malgré certaines thématiques récurrentes. Après tout, comme le disait Wim Wenders (Palme d’or en 1984 pour Paris Texas) : « On fait toujours le même film. Au fond, je raconte toujours la même histoire, en variations évidemment ».

Des variations qui font la différence et qui permettent de révéler tout le talent de Matthias Schoenaerts, jeune pépite du cinéma belge déjà pressentie pour le prix d’interprétation masculine.

De rouille et d’os, un film poignant, sublime… Du grand Audiard, et tout simplement, du grand cinéma !

Sortie le 17 mai 2012.

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Article rédigé par : Laetitia
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