Enfance clandestine ++

20532313_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxArgentine, 1979. Juan, 12 ans, et sa famille reviennent à Buenos Aires sous une fausse identité après des années d’exil. Les parents de Juan et son oncle Beto sont membres de l’organisation Montoneros, en lutte contre la junte militaire au pouvoir qui les traque sans relâche. Pour tous ses amis à l’école et pour Maria dont il est amoureux, Juan se prénomme Ernesto. Il ne doit pas l’oublier, le moindre écart peut être fatal à toute sa famille. C’est une histoire de militantisme, de clandestinité et d’amour. L’histoire d’une enfance clandestine.

Pour son premier long métrage semi-autobiographique – présenté l’an dernier à la Quinzaine des réalisateurs -, Benjamin Avila évoque avec une pudeur émouvante la terrible dictature militaire qui dévasta le pays dans les années 1970.

Censures, arrestations, tortures, assassinats sont alors le lot quotidien des Argentins, l’armée justifiant la lutte contre le terrorisme pour s’attaquer à des universitaires, des syndicalistes, des journalistes voire des prêtres et des familles entières. Tout opposant à la junte militaire est systématiquement pourchassé.

C’est dans ce contexte de lutte permanente que grandit Juan/Ernesto (pseudonyme en hommage au Che, symbole révolutionnaire absolu). Réfléchi, obéissant et réservé, le garçon a très vite appris les codes de survie en temps de guérilla. Mais à 12 ans, le coeur bat très fort, pour la première fois. C’est le temps des premières amours, celui de l’insouciance, où l’on préfère fuguer pour emmener sa dulcinée à la fête foraine plutôt que de subir de plein fouet la violence de la réalité qui finalement, vous rattrape bien assez tôt. Qui plus est dans une famille où les parents prennent fait et cause pour le combat quitte à mettre en péril la vie des leurs.

A travers le regard de ce gamin, Avila raconte l’histoire d’une enfance clandestine, une enfance avortée.

Un témoignage subtil, poignant et intense, servi par une distribution impeccable (le jeune Teo Gutierrez Moreno en tête) et une mise en scène sobre et recherchée (le réalisateur s’est inspiré de Kill Bill pour représenter les scènes de violence par des dessins façon bande dessinée).

Un film bouleversant, à ne surtout pas rater.

Sortie le 8 mai 2013.

Rendez-vous sur Hellocoton !
Article rédigé par : Laetitia
  • Twitter
  • RSS

Mettre un commentaire