La Couleur des sentiments ++

Une belle réussite. Tels sont les premiers qualificatifs qui viennent à l’esprit après avoir découvert La Couleur des sentiments, l’un des films incontournables de cet automne. Mais avant de nous lancer dans une critique élogieuse, reprenons du début.

Dans la petite ville de Jackson, durant les années 60, trois femmes que tout devait opposer vont nouer une incroyable amitié. Elles sont liées par un projet secret qui les met toutes en danger, l’écriture d’un livre qui remet en cause les conventions sociales les plus sensibles de leur époque. De cette alliance improbable va naître une solidarité extraordinaire. À travers leur engagement, chacune va trouver le courage de bouleverser l’ordre établi, et d’affronter tous les habitants de la ville qui refusent le vent du changement…

Un tel sujet pourrait facilement basculer dans la sensiblerie et la facilité. Pourtant, Tate Taylor apporte un soin particulier à éviter toute forme de complaisance ou de parti pris et met en scène des femmes d’exception qui vont dépasser leurs peurs pour tente de faire tomber les barrières de la ségrégation raciale.

De la jeune journaliste qui doit lutter pour se faire une place autre qu’à la rubrique ménagère (la talentueuse Emma Stone) aux domestiques dignes et dévouées en passant par la grand-mère farfelue (Sissy Spacey, irrésistible), l’adorable ingénue (Jessica Chastain, la révélation de The Three of life) ou l’arriviste sournoise (Bryce Dallas Howard, détestable à souhait), le réalisateur met en scène avec un enthousiasme certain un film choral où chaque personnage à son importance.

Plongé au cœur du Mississippi des sixties où les maisons victoriennes côtoient les champs de coton à perte de vue, où le poulet frit s’agrémente de salade en gelée et où June Carter et Johnny Cash entonnent leur Jackson à l’unisson, le spectateur  rencontre des femmes qui brillent par leur caractère opiniâtre, leur sens de l’amitié et de l’humour qui leur permettent d’affronter les situations les plus difficiles. Mais cette galerie de personnages comporte aussi de véritables punaises, des natures dociles, des têtes brûlées, des mondaines, des enfants gâtées, des femmes battues, des femmes fières, révoltées et vaillantes…

Entouré d’un casting quatre étoiles – dont on salue l’interprétation saisissante de Viola Davis (dans le rôle d’Aibileen Clarck) et d’Octavia Spencer (dans celui de Minny Kackson) -, Tate Taylor adapte avec maestria le best seller de Kathryn Stockett où le courage se vit au féminin pluriel dans un film qui nous touche par son intelligence et sa justesse.

Sortie le 26 octobre 2011.

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Article rédigé par : Laetitia
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