La Guerre des boutons

Comme nous l’avions évoqué dans un post précédent, la rentrée cinématographique 2011 s’annonce particulièrement chargée. Les festivals se succèdent (Venise, Deauville), chacun se distinguant par leur programmation des plus attrayantes (Polanski, Clooney, Cronenberg, Garrel and Co à la Mostra, Maryam Keshavarz – également en compétition au Festival Paris Cinéma -, Tony Kaye, mais aussi les derniers Ferrara, Redford, Van Sant… en avant-première sur les côtes normandes). Autant dire que ça se bouscule sur nos écrans. De quoi nous réjouir ? Presque. Car il y a comme une légère ombre au tableau. Passons sur le fait que la majorité des films jugés moins rentables dès le premier jour de leur sortie est amenée à disparaître des salles obscures en –beaucoup !- moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Intéressons-nous plutôt à ce choix ô combien surprenant de la part des distributeurs de mettre en concurrence deux adaptations du roman de Louis Pergaud, La Guerre des boutons – d’autant plus quand il existe déjà un film mémorable signée par le grand Yves Robert.

Il semblerait que Yann Samuell et Christophe Barattier avaient en tête depuis quelque temps de réaliser leur propre version du roman de Pergaud. Or, il a fallu attendre ce début 2011 pour que le roman, paru en 1912, tombe dans le domaine public et soit donc libre de droit. Voilà comment la course contre la montre a commencé pour les deux réalisateurs, dont l’adage pourrait être « le premier arrivé, le premier servi ».

Et c’est Yann Samuell qui ouvre le bal.
L’histoire se passe en 1960, dans un village dans le sud de la France. Une bande de garçons, les Velran, menée par l’intrépide Lebrac, est en guerre contre les enfants du village voisin, leurs ennemis jurés. Un combat sans merci qui dure depuis des générations. On se bat pour l’honneur et pour gagner, tous les moyens sont bons. Même s’il le faut, combattre nu comme un ver, ou pire, accepter l’aide de Lanterne – une fille ! – la nouvelle recrue de la bande, pleine de panache et d’ingéniosité. Mais il n’est pas facile d’être une armée de petits hommes sans se faire attraper par Papa et Maman ! Quand, après la bataille, on rentre à la maison, les vêtements en lambeaux et des boutons en moins, mieux vaut se faire discret…

Yann Samuell (Jeux d’enfant, L’âge de raison) apporte un soin tout particulier à donner à cette Guerre des boutons une douce saveur d’antan. Servie par une distribution convaincante – citons Tristan Vichard, l’adorable Tigibus, véritable coqueluche du film ou encore Fred Testot, génial en curé pudibond – cette comédie familiale fleure bon les souvenirs d’enfance, remplis de dessins à la craie dans la cour de récré, de tâches d’encre plein les doigts, de cabane faite de brindilles de bois, de pommes d’amour collantes, de guimauve et de boules de gomme.

L’univers de l’enfance y est dépeint avec justesse, cruel parfois mais surtout plein de tendresse. C’est le temps où l’insouciance apparaît comme ultime refuge face aux responsabilités grandissantes et où la solidarité prend tout son sens. C’est aussi le temps des premières amours, des premières déceptions, de la trahison, des interdits franchis, des rêves de liberté et d’indépendance, ces grands mots qui résonnent plein de promesse.

Samuell nous offre une version sympathique du roman de Pergaud, sans véritables surprises (la bande annonce résume parfaitement le film), mais avec quelques répliques en passe de devenir cultes chez les culottes courtes (« même pas peur !»). Un film qui plaira sans aucun doute aux enfants, petits et grands.

 Sortie le 14 septembre 2011.

Bande annonce

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Article rédigé par : Laetitia
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