Le Labyrinthe de Pan +++

Il y a des films qui vous marquent à tout jamais pour une multitude de raisons : une histoire poignante (N’oublie jamais), des souvenirs d’enfance soudainement réveillés (Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain), des personnages inoubliables (Edward aux mains d’argent), une mise en scène étourdissante (Moulin Rouge), un propos aussi fort qu’inattendu (Fight club), des images à l’esthétique des plus soignée (Virgin Suicides), des textes savoureusement jubilatoires (Les Tontons Flingueurs)…

Après avoir vu (et revu… une dizaine de fois) Le Labyrinthe de Pan, je me suis demandée pourquoi ce film de Guillermo del Toro s’apparentait à mes yeux à un chef-d’œuvre (ni plus ni moins !)

D’entrée de jeu, l’exercice du « pitch » s’avère délicat, l’histoire étant particulièrement riche. Tentons tout de même.
Nous sommes en 1944. La guerre civile espagnole s’achève sur la victoire des troupes franquistes. Pourtant, quelques factions rebelles et clandestines résistent encore.
C’est dans ce contexte qu’Ofelia (Ivana Baquero, un talent à suivre), jolie brunette d’une dizaine d’années, arrive chez son beau-père, le terrifiant Général Vidal, (pour une fois que la marâtre est jouée par un homme !) accompagnée de sa mère, très affaiblie par sa grossesse.
Tandis que le Général (Sergi Lopez, magistral), une pourriture si cruelle qu’il relèguerait Anthony Hopkins au rang d’agneau, fait régner la loi de la terreur et s’adonne à la chasse aux rebelles, Ofelia trouve refuge dans un labyrinthe abandonné, entouré de mystère et de magie. Elle y rencontre Pan, le faune gardien des lieux. La créature, aussi majestueuse qu’effrayante, lui révèle alors sa véritable identité : Ofelia est la princesse Moana, disparue du royaume enchanté. Aidée du Livre des chemins, la fillette doit accomplir trois épreuves avant la fin de la pleine lune pour prouver son immortalité.

Curieuse et téméraire, la demoiselle va alors affronter un terrible crapaud à l’appétit d’ogre, l’infâme Pale Male, un effroyable personnage mangeur de fées dont les mains arachnéennes servent d’orbites à ses yeux hideux , et peut-être le pire monstre qu’il soit : le Général tortionnaire en personne.

Ne vous y trompez pas : sous ses airs de conte merveilleux, ce film est inclassable tant il joue avec les genres. Ainsi, le fantastique côtoie l’épouvante sur fond de film de guerre, tandis que nos émotions virevoltent, s’affolent ou se révulsent comme dans un grand huit. Car on ne peut rester de marbre face au Labyrinthe de Pan.

Del Toro, maître ès virtuosité, nous prend par la main et nous guide à travers cet étrange labyrinthe afin de mieux nous plonger dans son univers incroyable et foisonnant, où chaque personnage, chaque détail tient une place importante.
Réalisateur de génie, il pousse la folie jusqu’à nous offrir une somptueuse édition DVD collector, sublime écrin qui recèle de véritables pierres précieuses : film en haute définition, story bord, bande originale de Javier Navarrete (dont la très belle berceuse de Mercedes), commentaires, making off…

Si cette véritable pépite d’or ne ressemble à rien d’autre dans le paysage cinématographique, on ne peut s’empêcher de comparer Ofelia à une Alice partie trouver refuge au Pays des « Merveilles » face à une réalité devenue insupportable pour des yeux d’enfant.
Un magazine a titré au moment de la sortie du film : « Jamais un cauchemar n’a été aussi beau ». Une façon pertinente de capter l’essence même du Labyrinthe.

Sortie en DVD le 3 juillet 2007.

 

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Article rédigé par : Laetitia
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