Les Aventures de Pinocchio

Gepetto est un menuisier toscan sans le sou. Afin de combler sa solitude, il décide de se fabriquer un pantin de bois, qu’il prénomme Pinocchio. Son ouvrage terminé, pour oublier la faim qui le tenaille, il va se coucher. Dans la nuit glaciale, la fée Turquoise anime la marionnette qui se comporte dès lors comme un petit garçon de chair et de sang, à la grande joie de Gepetto, qui a toujours rêvé d’avoir un fils. Mais Pinocchio se révèle être turbulent. Il fait l’école buissonnière et disparaît bientôt avec un directeur de cirque et son théâtre ambulant de marionnettes. Désespéré, le pauvre Gepetto se lance à sa recherche. Commencent alors des aventures rocambolesques…

Adapté du roman de Carlo Collodi, Les Aventures de Pinocchio a d’abord été réalisé en 1972 par Luigi Comencini sous la forme d’un feuilleton télévisé en six épisodes. Face au succès rencontré par la série, la RAI (chaîne de télévision italienne) demande au cinéaste de réaliser des coupes pour en faire un long métrage de cinéma.

Voici donc la version diffusée sur grand écran en 1975 et tout récemment restaurée. Conte de fée pour petits et grands, récit initiatique par excellence, le film de Comencini émerveille, enthousiasme et bouleverse toujours autant plus de quarante après sa réalisation.

L’intelligence du cinéaste a été de proposer une libre adaptation du livre de Collodi : « La trouvaille essentielle de Pinocchio est d’avoir renversé le rapport entre le pantin et la Fée. Dans [l’œuvre originale], la Fée et le grillon sont les piliers de la morale du pantin qui lui promettent : « Si tu fais ci ou ça et si tu es gentil, tu finiras par devenir un vrai petit garçon, en chair et en os. » Moi, j’ai anticipé et retourné ce rapport : grâce à l’intervention de la Fée aux cheveux bleus, ce pantin devient tout à coup réel, sous réserve cependant que, s’il n’est pas gentil et obéissant, le gamin redeviendra marionnette. Donc, au lieu d’un pantin à qui on promet une récompense pour qu’il se conduise bien, on a un enfant qui est toujours menacé de redevenir pantin. En un sens, le chantage est peut-être plus atroce, mais il est aussi plus évident.

Luigi Comencini propose une lecture réaliste du conte de Collodi, et met en avant la liberté et l’insoumission de Pinocchio plutôt que de faire l’apologie de l’obéissance. L’enfant-marionnette (Andrea Balestri) prend les traits d’un garnement plein d’espièglerie, défiant l’autorité, prenant systématiquement la mauvaise décision et n’écoutant que son envie du moment sans penser aux conséquences ; Gepetto (Nino Manfredi) est un artisan généreux mais sans le sou qui se laisse mener par le bout du nez par son fils ; quant à la fée Turquoise (Gina Lollobrigida), elle apparaît terrible et implacable derrière sa douceur trompeuse.

Malgré la dureté de l’histoire, prétexte au cinéaste à une sorte de reportage social sur l’Italie de l’époque, Comencini séduit par la délicatesse avec laquelle il filme ses personnages, notamment la quête du père et du fils, mise en scène avec une infinie poésie.

Voici un film qui n’a pas fini d’enchanter plusieurs générations de cinéphiles.

Ressortie au cinéma en version restaurée le 20 décembre 2017.

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Article rédigé par : Laetitia
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