Les Grands esprits

François Foucault, la quarantaine, est professeur agrégé de lettres au lycée Henri IV, à Paris. Une suite d’événements le force à accepter une mutation d’un an dans un collège de banlieue classé REP +. Il redoute le pire. A juste titre.

Pour son premier long métrage, Olivier Ayache-Vidal propose une immersion dans un collège de banlieue à travers le regard d’un professeur d’un lycée bourgeois. La rencontre se fera non sans heurt avant que naissent au fil du temps un respect mutuel et une certaine complicité entre l’enseignant et ses élèves…

Si le sujet, maintes fois ressassé à l’écran, se révèle attendu, son traitement à mi-chemin entre la fiction et le documentaire, son approche tout en finesse et son intention bienveillante insuffle une bouffée d’optimisme salutaire.

Le cinéaste aux multiples talents – Ayache-Vial a été photographe, reporter, scénariste, auteur de BD… – a préparé son film pendant deux ans, plongé dans la vie d’un collège de Stains, en Seine-Saint-Denis. Il s’est attaché à restituer ses observations et les témoignages reçus : « C’était la seule façon pour moi de faire ce film : être plongé dans le réel. On ne peut pas avoir une vision juste et vraie en restant dans les livres et les préjugés. D’une certaine façon, le personnage joué par Denis Podalydès est mon double. Ce qu’il découvre, c’est ce que j’ai découvert [à savoir] une communauté turbulente, mais très attachante. »

Les Grands esprits aborde les difficultés de la transmission, l’importance de l’écoute et de savoir se défaire de ses préjugés, la patience soumise à rude épreuve, mais aussi les moments de découragement, de colère, d’incompréhension… et d’intense satisfaction quand l’envie d’apprendre se manifeste. « Enseigner est un métier difficile, mais extrêmement gratifiant quand on réussit. Les élèves sont très démonstratifs et vous renvoie énormément. […] Etre bon professeur, c’est donner le goût d’apprendre, savoir valoriser l’élève sans tomber dans la démagogie. C’est donc la formation qui est au cœur du problème. J’ai vu, comme souvent en banlieue, des jeunes profs, insuffisamment formés, qu’on envoie juste après leur diplôme et qui n’ont pas les outils pour affronter ce public adolescent, le plus difficile à gérer. » raconte encore le cinéaste.

Porté par un Denis Podalydès en tout point parfait dans le rôle de ce professeur revêche amené à se remettre en question, Les Grands esprits séduit par l’intelligence de son propos et redonne toute sa noblesse à l’un des plus beaux métiers du monde.

Une réflexion pertinente et un film ô combien enthousiasmant.

Sortie le 13/09/2017.

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Article rédigé par : Laetitia
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