L’Etrangère ++

Il y a des films que l’on va voir pour se détendre ou pour se vider l’esprit, certains qui nous invitent au rêve ou qui nous font frissonner, d’autres encore qui nous bouleversent ou nous émerveillent… Et il y a des films auxquels on ne s’attend pas. Ceux-là même qui vous emmènent comme ça, l’air de rien, dans une histoire poignante et pleine de promesses avant de vous secouer les émotions comme on secoue un sac de lettres au scrabble.

L’histoire dont il est question, c’est celle d’Umay, une jeune femme turque d’origine allemande, qui, pour protéger son fils de son mari violent, quitte Istanbul et retourne vivre dans sa famille à Berlin. Mais ses parents, prisonniers des valeurs de leur communauté pour qui la réputation passe avant les liens de sang, ne l’accueillent pas comme elle l’espérait. Umay est obligée de fuir à nouveau pour épargner le déshonneur aux siens.

Dès la scène d’ouverture – qui s’avère être la scène finale -, le ton est donné : la tension règne, l’incompréhension se lit sur les visages accablés des personnages, des sensations que le spectateur partage et qui ne le quitteront que bien après la fin du film.

Feo Aladag a pris le parti d’une mise en scène sobre mais efficace pour nous entraîner aux côtés d’Umay dans sa quête d’indépendance : on se révolte face à la famille de la jeune femme qui la considère désormais comme cette « étrangère » ; on partage sa peur et sa colère lorsque son mari tente de récupérer leur fils ou lorsque son frère aîné vient la menacer de mort ; on se prend à espérer devant certaines mains tendues ; mais elle nous échappe aussi parfois, en prenant des décisions que l’on ne comprend pas toujours. Car il semble que la liberté ait un coût que l’héroïne ne peut assumer : celui de s’affranchir des liens familiaux.

Le générique de fin défile alors, nous laissant sous le coup de l’émotion – ou plutôt des émotions -, avec cette question incessante : Pourquoi ? Une question qui résonnera pendant encore un bon moment. Et c’est peut-être à cela que l’on reconnaît les grands films…

Sortie en DVD le 6 décembre 2011.

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Article rédigé par : Laetitia
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