Looper ++

Dans un futur proche, la Mafia a mis au point un système infaillible pour faire disparaître tous les témoins gênants. Elle expédie ses victimes dans le passé, à notre époque, où des tueurs d’un genre nouveau (les « Loopers ») les éliminent. Un jour, l’un d’entre eux, Joe, découvre que la victime qu’il doit exécuter n’est autre que… lui-même, avec 20 ans de plus. La machine si bien huilée déraille alors…

Ne vous y trompez pas : sous ses airs tarabiscotés, Lopper est un petit bijou venu d’un ailleurs difficilement identifiable tant il se nourrit de multiples influences, d’Inception à Akira en passant par Matrix voire par Paris Texas.

Rian Johnson (Brick) compose avec maestria un dédale scénaristique rétro-futuriste dans lequel Joe, anti-héros des temps modernes, se retrouve traqueur et traqué? motivé par le seul souhait de sauver sa peau et changer ainsi son destin.

Servie par un casting des plus talentueux – Joseph Gordon-Levitt, tout en charisme, damerait presque le pion à Bruce Willis, son alter ego ô combien magnétique, Emily Blunt, en fermière revêche et protectrice, Jeff Daniels, terrifiant parrain mafieux, et le jeune Pierce Gagnon, époustouflant de talent -, l’histoire se déroule avec une efficacité redoutable entre demain et aujourd’hui, où le futur revêt un millier de possibles et où rien n’est vraiment déterminé.

Mais le voyage dans le temps n’est qu’une toile de fond, un « concept fantastique semblable au mythe merveilleux de la licorne ou des dragons » selon les dires de Johnson, qui s’amuse à mettre en scène une distorsion du temps, où les souvenirs s’écrivent puis s’effacent et se réécrivent, au gré du libre arbitre.

Un scénario original – qui tend à rassurer sur l’état de la créativité du 7ème art – mêlant science fiction, aventure, thriller et polar, une écriture maîtrisée, un rythme soutenu où règne une tension sans borne,  un humour clairsemé, des dialogues bien sentis, des personnages aux perspectives qui s’entremêlent, un dilemme quasi-cornélien, une esthétique lumineuse où la ville sombre, terne et glauque contraste avec la ferme solaire aux couleurs ocre, un twist final renversant… la boucle est bouclée! Et Looper se révèle être une très belle surprise cinématographique.

 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Sortie le 31 octobre 2012.

Bande annonce

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Article rédigé par : Laetitia
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