Morning Glory

Autant vous l’avouer tout de suite : je suis une grande fan – plus ou moins assumée – de ce genre littéraire des plus saugrenus que l’on appelle la chick lit (ou « littérature de poulette » dans la langue de Molière…) soit des romans écrits par des femmes, pour les femmes, qui mettent en scène une jeune citadine passionnée par son travail – généralement dans les médias ou dans le monde de la mode -, célibataire et donc à la recherche « du grand amour », à qui il arrive toute une série de mésaventures désopilantes dont elle parvient toujours à se sortir avec panache. Ou pas. Mais surtout, les auteurs de ces comédies romantiques édulcorées s’illustrent par leur goût prononcé de la dérision et leur sens de l’humour décapant.

De Lauren Weisberger (People or not people) à Isabel Wolf (Les Tribulations de Tiffany Trott), de Sophie Kinsella (la saga de l’Accro du shopping) à Helen Fielding (Le Journal de Bridget Jones), sans oublier bien sûr Candace Bushnell (Sex and the city), la chick lit compte plusieurs millions « d’adeptes » de ces contes de fée où les princesses sont déchues, où la tonalité est aussi légère que mordante et où les happy end triomphent toujours.

Vous comprendrez donc que ma curiosité ait été piquée au vif lorsque j’ai découvert – écrit en gros caractères sur l’affiche – que Morning Glory était écrit « par le scénariste du Diable s’habille en Prada » (Aline Brosh McKenna) et mis en scène « par le réalisateur de Coup de foudre à Notting Hill » (Roger Michell). De quoi se délecter a priori.

L’histoire est celle de Becky Fuller (Rachel McAdams), une jeune et jolie productrice d’émissions télévisées, aussi dynamique qu’ambitieuse, en pleine traversée du désert professionnel – et sentimental. Aussi, lorsqu’elle se voit proposer de reprendre «Daybreak», la matinale la moins regardée du pays, elle accepte de relever le défi sans hésiter. Pour booster l’audience, elle décide d’engager Mike Pomeroy (Harrison Ford), le journaliste de légende de la chaîne. Mais le charisme de Mike n’a d’égal que ses caprices de star, et ses relations sont électriques avec Colleen Peck (Diane Keaton), sa co-présentatrice. Les coups bas hors-plateau s’accompagnent très vite de petites phrases assassines à l’antenne…
Dans le même temps, Becky craque pour un producteur de la chaîne, mais sentiments et travail ne font pas toujours bon ménage. Parviendra-t-elle à sortir l’émission de l’impasse et à trouver l’amour ?

Le suspense est à son comble. Vous l’aurez compris, le scénario n’a rien de transcendant. Soit, on passe un bon moment devant cette comédie sympathique, Rachel McAdams est adorable et voir le duo Ford/Keaton se titiller est absolument délicieux.

Mais l’ensemble est bien trop lisse et l’on déplore que la seule pointe de fantaisie réside en une succession de sketches où Diane Keaton se bat contre un sumo, enfile tutu et demi-pointes entourée de petits rats ou prend le micro pour un duo improbable avec 50 Cent. Quant à la prestation servie par Harrison Ford, on ne peut que se demander ce qu’un acteur de son envergure vient faire dans cette aventure. L’artiste au charme fou semble être complètement enfermé dans ce personnage aigri et grincheux de reporter sur le retour…

Il manque définitivement à cette comédie un soupçon de folie, un zeste d’excentricité et quelques grammes de politiquement incorrect qui auraient fait toute la différence.

Il semble que les scénaristes aient voulu suivre une recette toute faite. Le soufflé n’a hélas pas pris. Dommage.

Sortie en DVD le 24 août 2011.

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Article rédigé par : Laetitia
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