Near Death Experience

328167.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxPaul, un employé sur une plateforme téléphonique, est en plein burn-out.
Un vendredi 13, la chronique du journal télévisé sur ce jour particulier lui apparaît comme un signal pour passer à l’acte.
Décidé à concrétiser son geste, il s’enfuit dans la montagne où il va vivre une expérience unique.

Qu’on se le dise : le tandem atypique Kervern/Delépine est de retour et nous livre un film expérimental qui détonne dans le panorama cinématographique. Near Death Experience (NDE) met en scène un conte existentialiste à une seule voix, morne et poétique : celle de Paul (Michel Houellebecq), unique personnage potentiellement suicidaire qui va, pendant près d’1h30, s’interroger sur le sens de sa vie .

Résigné, le constat est sans appel : « Voilà, j’ai 56 ans et je suis obsolète. » Alors Paul repense à son quotidien sans saveur, Paul argumente face à un tas de pierres représentant sa famille, Paul se distrait en jouant aux « petits cyclistes » avec un vagabond, Paul prend conscience : « C’est là que j’ai merdé, j’ai toujours tout pris au sérieux. J’aurais dû considérer la vie comme ça, une partie de billes entre deux néants». Et Paul se donne du courage…

Gustave Kervern et Benoît Delépine se plaisent à donner la parole aux laissés-pour-compte, qu’il s’agisse de deux paralysés embarqués dans un « road trip » délirant (Aaltra), d’une ouvrière licenciée décidée à en découdre avec son ancien patron (Louise Michel), d’un retraité en quête de ses « annuités » (Mammuth) ou encore du « plus vieux punk à chien d’Europe » prêt à faire la révolution avec son frère aîné (Le Grand Soir).

Dans NDE, Paul est un « Monsieur tout le monde », soit dépressif, mais dont les considérations peuvent aisément trouver un écho chez le spectateur.

Si l’on apprécie la teneur des films décalés et engagés du duo Kervern/Delépine, on reste cette fois-ci dubitatif quant au choix de l’interprète. Michel Houellebecq a beau être un écrivain reconnu, il n’en est pas pour autant acteur. Certes, le côté lugubre du personnage est fort bien rendu par la dégaine débraillée de l’apprenti-comédien, ainsi que par son phrasé incompréhensible, son regard vide et la tonalité employée qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Droopy. Mais le jeu navrant dudit acteur plombe le film au point de faire oublier ses nombreuses qualités (la beauté des plans, les monologues plein de subtilité, l’humour acerbe, la nature sublimement filmée…).

Un film singulier porté sur l’introspection, à la tonalité désespérée… malgré une interprétation désespérante.

En salles le 10 septembre 2014.

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Article rédigé par : Laetitia
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