Noureev

Jeune prodige du célèbre ballet du Kirov, Rudolf Noureev est à Paris en juin 1961 pour se produire sur la scène de l’Opéra. Fasciné par les folles nuits parisiennes et par la vie artistique et culturelle de la capitale, il se lie d’amitié avec Clara Saint, jeune femme introduite dans les milieux huppés. Mais les hommes du KGB chargés de le surveiller ne voient pas d’un bon œil ses fréquentations « occidentales » et le rappellent à l’ordre. Confronté à un terrible dilemme, Noureev devra faire un choix irrévocable, qui va bouleverser sa vie à jamais. Mais qui va le faire entrer dans l’Histoire.

Pour son quatrième film en tant que réalisateur, Ralph Fiennes s’intéresse au plus grand danseur étoile de tous les temps. Noureev met en scène les jeunes années du danseur soviétique. De son enfance à Oufa à sa formation à Leningrad, de sa rencontre décisive avec Alexandre Pouchkine, professeur d’exception qui le prit sous son aile et l’hébergea chez lui, à sa découverte de Paris jusqu’à son exil, ce biopic romancé brosse le portrait d’un jeune homme déterminé, un travailleur acharné, un passionné épris de liberté.

« Ce qui m’intéressait, c’était la volonté de Noureev d’accomplir son destin et la cruauté des épreuves qu’il a surmontées, ou encore le contexte du fossé idéologique entre l’Est et l’Ouest au plus fort de la guerre froide » raconte Ralph Fiennes, qui s’est inspiré de la biographie écrite par Julie Kavanagh pour porter à l’écran l’histoire de celui qui héritera du surnom du « Seigneur de la danse ».

Fasciné par la culture russe, Fiennes voit dans le destin rocambolesque et le caractère volcanique de Noureev un potentiel cinématographique certain. Le cinéaste traduit l’audace et le charisme qui émanait déjà de cette personnalité fascinante, campé avec justesse par le danseur ukrainien Oleg Ivenko, tout en restituant un contexte politique et social des plus intéressants.

Il est toutefois regrettable que le scénario bien trop conventionnel, le montage alambiqué et les personnages secondaires trop lisses (citons l’interprétation monocorde d’Adèle Exarchopoulos) alourdissent ce qui aurait pu être un film plein de panache et de fougue, à l’image de son sujet.

Sortie le 19 juin 2019.

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Article rédigé par : Laetitia
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