Pas son genre

479126.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxClément, jeune professeur de philosophie parisien est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C’est alors qu’il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse, qui devient sa maîtresse. Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines « people » et de soirées karaoké avec ses copines. Cœurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales ?

Oscar Wilde disait : « c’est le spectateur et non la vie que l’art reflète ». Un principe que j’ai pu de nouveau partager à l’issue de la projection de Pas son genre, comédie romantique d’un autre genre signée Lucas Belvaux (Un couple, Cavale, Après la nuit…), qui m’a tourneboulée sans que je m’y attende. A tel point qu’il fallait bien vous en parler un peu plus longuement qu’à l’accoutumée.

Adapté du roman de Philippe Vilain, Pas son genre commence comme une comédie romantique telle qu’on les connaît (et avouons-le, comme on les aime aussi) : un héros plutôt beau garçon, qui en a dans le ciboulot, brillant et très attaché à sa liberté (comprendre « peu enclin à l’attachement sentimental ») ; et une jolie héroïne, pétillante, coquette et un peu naïve, qui croit encore au prince charmant malgré la séparation d’avec le père de son fils. Un duo que tout oppose et qui va pourtant se rencontrer.

Les poncifs s’arrêtent là. Car si le ton est d’emblée léger, ce sont les zones d’ombre des deux personnages qui vont progressivement transparaître et nous faire écho.

Dépeint comme un « handicapé sentimental », Clément (Loïc Corbery, dont le charme et le talent inciteraient bon nombre de demoiselles à prendre un abonnement à la Comédie française, dont il est sociétaire) est épris d’indépendance. S’engager dans une relation signifierait renoncer à d’éventuelles rencontres, renoncer au hasard. « Sincère sur le moment, il refuse de promettre à long terme » explique Lucas Belvaux. Un personnage déroutant, qui nous charme par son honnêteté, dont on ne peut contredire le mode de pensée.

A l’inverse, Jennifer (Emilie Dequenne, convaincante dans un rôle plein de subtilités) est une amoureuse, exaspérante par moment, mais pleine de bon sens et à laquelle on s’attache (voire s’identifie parfois) très vite. Ce qui ne l’empêche pas d’avancer avec prudence dans cette histoire naissante, de tester cet homme d’un autre milieu qui débarque dans sa vie et de rester fidèle à elle-même.

La pudeur de chacun, les peurs réprimées de l’un comme de l’autre, les prises de conscience qui s’opèrent à mesure que leur histoire avance, et surtout la lucidité du regard porté sur ces deux personnages, différents, imparfaits mais sincères, que l’on ne juge à aucun moment : autant de détails qui font que ce film reste dans la tête, obnubilant, interrogeant, interpelant.

Ce genre de film, hautement réussi, est assez rare pour être remarqué. Peut-être le recevrez-vous autrement. Mais dans le doute, filez le vérifier par vous-même!

Sortie le 30 avril 2014.

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Article rédigé par : Laetitia
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2 commentaires sur “Pas son genre”

  1. Véronique dit :

    ouaouh et moi qui me disait en regardant l’affiche Pff… encore ce sujet! ; je n’irais pas le voir ça me barbe rien qu’en lisant le titre de l’affiche!!! Ton commentaire est tellement élogieux que je me dit que finalement c’est peut-être mon genre !
    je vais essayer de vérifier ;-)))

    • Laetitia dit :

      Je suis ravie que mes quelques mots aient pu te donner envie d’aller découvrir ce film, et j’ai hâte de lire ton retour. Bonne séance!

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