Rencontre avec Boris Baum

200460.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxParis, an 2013. Le « prince » Antoine est enfermé par l’esprit et l’autorité d’une mère dans un château.
Le temps s’est arrêté… Il ne peut pas mourir avant de s’être aperçu que sa vie est importante et qu’il doit la soigner. Hors du « Lucilius », il voudrait qu’on lui enseigne que chaque seconde compte.
Bravant les interdits, il prend sa voiture et renverse Liz, jeune fille désargentée. Elle devient ces minutes, ces heures, à vivre intensément dans sa tête, ses idées folles à lui….
Le monde qu’ils se créent, la bulle temporelle dans laquelle ils s’engouffrent vont-ils rejoindre la réalité?

Une braise sur la neige, c’est l’histoire d’un jeune garçon prisonnier dans un corps d’adulte. C’est aussi l’histoire du passage délicat à l’âge de la maturité, de la liberté que l’on s’accorde, des choix que l’on fait. C’est enfin l’histoire d’une rencontre, imparfaite, révélatrice, et peut-être salutaire.

Cette comédie dramatique, que l’on pourrait qualifier de douce fantaisie poétique, est le premier film de Boris Baum, composée à l’âge de 19 ans. Les années ont passé et le jeune cinéaste dévoile enfin cet ovni aux différents degrés de lecture, qui a cette précieuse qualité de venir vous titiller les neurones tout en provoquant des émotions radicalement contradictoires.

Par une belle après-midi printanière, nous avons rencontré Boris Baum pour parler de son film à la grâce insaisissable.

Des Films et des Mots : Comment vous est venue l’idée d’Une Braise sur la neige?

Boris Baum : Au départ, j’avais envie de parler du personnage de Liz, une marginale, incapable d’exprimer ses émotions, qui ère de maison en maison au gré des arnaques qu’elle peut monter. Mais très vite, le personnage d’Antoine a pris de plus en plus de place. Lui aussi est inadapté au monde qui l’entoure. Il a vécu sous la coupe d’une mère ultra protectrice, qui l’aimait de façon maladroite, jusqu’à l’étouffer. Enfermé dans ce château froid et sans vie, tel un oiseau en cage, Antoine a développé un langage qui lui est propre, s’est forgé une culture impressionnante par ses nombreuses lectures… jusqu’au jour où il décide de braver l’interdit et de se confronter à l’extérieur. Une transgression brutale mais nécessaire qui débouchera sur une histoire d’amour. Cet autiste surdoué qui fonctionne en contenant ses émotions va     s’autoriser à les faire exploser.

DFDM : Parlez-nous de la distribution.

B.B : J’ai découvert Xavier Gallais sur les planches, à plusieurs reprises. C’est un comédien fascinant, capable de donner de multiples nuances colorées à son jeu. Son mécanisme de défense sur scène, sa gestuelle précise et si particulière m’ont séduit. Je l’ai rencontré à l’issue d’une représentation et lui ai parlé de mon projet. Je pense que l’aspect poétique du film l’a convaincu. On a tendance à bouder un peu la poésie en France…

Quant à Chiara Capitani, elle a été choisie sur casting. Son accent italien apportait un « plus » à son personnage. Elle dévoilait cette force et en même temps cette fragilité qui importaient au rôle puisqu’elle devait servir d’élément catalyseur au personnage d’Antoine, qui va lui permettre d’évoluer également. Liz pensait être tombée sur une nouvelle proie à « plumer », mais contre toute attente, elle va tomber sous le charme de ce « prince » d’un autre genre…

Alors que Xavier s’est concentré sur l’aspect physique du rôle, Chiara a travaillé le cérébral. Cet équilibre entre les acteurs a permis d’enrober le film d’un certain mystère pour qu’il ne se révèle pas trop vite. Au début, on ne sait pas trop par quel bout le prendre, mais au final, je pense qu’il résonnera de manière différente en fonction du spectateur.

DFDM : Votre film a pu être réalisé grâce à la participation financière des internautes – ce que l’on appelle le « crowfunding ». Quelle différence cela apporte-t-il par rapport à un financement « traditionnel?

B.B : C’est à la fois plus de contraintes et plus de liberté. Il faut rendre des comptes et quand il y a des milliers d’internautes qui ont participé à l’investissement, ce n’est pas toujours évident! Mais nous sommes la première génération à pouvoir financer entièrement un film sans devoir recourir aux subventions de l’Etat et au financement des chaînes de télévision qui, avouons-le, ne mettent des billes que dans des projets « grand public » qui pourront être diffusés à une heure de grande écoute. Cet aspect « démocratique » du cinéma auquel chacun peut participer me plaît beaucoup. J’ai d’ailleurs un projet commun avec d’autres cinéastes autour d’un collectif nommé Grizouille films.

DFDM : Pour terminer, expliquez-nous comment vous êtes venu au cinéma.

B.B : J’ai grandi à Pondichéry et Alicante, où j’ai eu l’occasion de faire du théâtre. J’ai développé en parallèle une grande curiosité pour le cinéma. Celui de Polanski, dont la simplicité de la mise en scène et sa façon de surprendre sans cesse le spectateur me subjuguent. Celui des frères Coen, pour leur humour et leur façon de définir les personnages en quelques traits. Celui de Wong Kar-Wai, pour sa folie de mise en scène et la façon dont il se renouvelle en permanence. Celui de James Gray, de Wes Andersen ou encore de Jim Jarmusch, qui touchent l’universel à travers des histoires personnelles. Des sources d’inspiration inépuisables!

NB : Une Braise sur la neige est en salles depuis le 9 avril 2014. Diffusé actuellement à l’Archipel (à Paris), il sera à l’affiche de l’Epée de Bois (rue Mouffetard) ce vendredi 23 mai à 20h. Boris Baum poursuit sa tournée en province pour présenter son film et rencontrer les spectateurs. Plus d’informations sur la page Facebook du film.

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Article rédigé par : Laetitia
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