Jeu concours Volta a terra

343269.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxA Uz, hameau montagnard du nord du Portugal vidé par l’immigration, subsistent quelques dizaines de paysans. Alors que la communauté se rassemble autour des traditionnelles fêtes d’août, le jeune berger Daniel rêve d’amour. Mais l’immuable cycle des 4 saisons et les travaux des champs reprennent vite le dessus.

Pour son premier film, Jao Pedro Placido a choisi de poser sa caméra au coeur des montagnes pour capter le quotidien d’une famille d’agriculteurs qui pratiquent leur métier à la manière d’un art ancestral. Le temps semble s’être arrêté là où l’on vit encore au rythme de la lumière du jour, où les journées se terminent après uy dur labeur… et où la solitude se fait souvent pesante.

Voici un documentaire différent, qui détonne avec le paysage cinématographique habituel, que nous vous porposons de découvrir aujourd’hui à travers un nouveau jeu concours.

Le principe reste inchangé : pour tenter de remporter 2 places de cinéma pour Volta a terra, il suffit de remplir le questionnaire en cliquant ici  avant le 30 mars 2016 minuit.

Les gagants, prévenus par mail, recevront leur lot par voie postale.

Bonne chance à tous!

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Spartacus et Cassandra

arton3522Deux enfants Rroms sont recueillis par une jeune trapéziste dans un chapiteau à la périphérie de Paris. Un havre de paix fragile pour ce frère et sa soeur de 13 et 10 ans, déchirés entre le nouveau destin qui s’offre à eux, et leurs parents vivant dans la rue.

« J’ai compris que pour vivre sans mes parents, il fallait que j’accepte que mes parents puissent vivre sans moi ». Ces paroles sont celles de Cassandra, une fillette aux yeux clairs dont la maturité bouleversante résume tout l’esprit du documentaire de Ioanis Nuguet. Derrière sa caméra Super 8, le jeune cinéaste capte le quotidien de ces deux enfants devenus « les parents de leurs parents ». Le père est à la dérive. La mère n’a plus toute sa tête. La famille est menacée d’expulsion du territoire français. L’avenir des enfants repose sur leurs frêles épaules. Ils doivent se décider : partir avec leurs parents dans un autre pays et poursuivre cette vie d’errance et d’incertitudes ou être placés en foyer d’accueil, loin de leur famille, mais avec la promesse de jours meilleurs.

Le film s’ouvre sur une scène de funambule : Spartacus y pose sa voix et nous livre sa vie en quelques mots. Une intimée partagée avec pudeur, criante de vérité. La caméra tourne, les images défilent, saisissantes, vertigineuses. Nous sommes dans un cirque. Celui que Camille a installé au milieu d’un campement de rroms afin que les enfants puissent y apprendre le jonglage, l’acrobatie… Très vite, le cirque a pris une autre dimension sociale : on y fait de l’aide aux devoirs, on accompagne les familles aux rendez-vous avec le juge, on aide à trouver des solutions… Camille a fait la connaissance de Spartacus et Cassandra dans la rue. Un lien rare s’est tissé peu à peu entre ces trois-là. Et c’est aussi de ces rencontres précieuses qui peuvent vous construire, de ces évidences capables d’influer sur le cours de nos vies dont nous parle Ioanis Nuguet dans son premier film qui résonne de façon universelle.

Présenté par l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (ACID) au Festival de Cannes, Spartacus et Cassandra est un documentaire bouleversant et généreux, qui met à mal les clichés concernant la communauté rrom et redonne un peu d’espoir à travers le regard de ces enfants qui ont grandi trop vite.

Sortie le 11 février 2015.

Pour en savoir plus, retrouvez notre interview de Ioanis Nuguet dans l’article suivant.

 

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Rencontre avec Ioanis Nuguet (Spartacus et Cassandra)

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Ioanis Nuguet, réalisateur de « Spartacus et Cassandra »

Tandis que l’euphorie cannoise battait son plein, j’ai rencontré Ioanis Nuguet, le réalisateur de Spartacus et Cassandra, le  documentaire bouleversant dont je vous parlais plus tôt. L’occasion d’une douce parenthèse que je vous propose de partager…

Des Films et des Mots : Comment a émergé l’idée de faire un film sur ces deux enfants rroms?

Ioanis Nuguet : L’élément déclencheur à été le discours que le Président Sarkozy a prononcé à l’été 2010 au sujet de l’immigration et de la décision de démanteler la moitié des campements rroms en quelques mois à peine. Très vite, j’ai eu envie de voir ce qu’il se passait dans ces campements, de rencontrer ces familles, de raconter leur histoire. L’idée d’un film est venue rapidement. Je voulais donner à voir toute cette richesse humaine, cette générosité que je côtoyais au quotidien. J’ai commencé par filmer des baptêmes, des mariages, à réaliser des DVD, ce qui m’a permis de me « faire la main ». Car si je n’avais pas de scénario précis en tête, je savais que je voulais tourner un film du point de vue des enfants.

DFDM : Spartacus et Cassandra est votre premier film. Comment s’est passé le tournage?

I.N : Plutôt bien, pour quelqu’un d’autodidacte! Mais à l’impossible, nul n’est tenu, d’autant plus quand la motivation est bien réelle. J’ai ainsi pu apprendre le roumain au cours de ces quatre dernières années. Sachant que cette langue est surtout orale, une fois que vous la pratiquez, vous êtes considéré par la communauté comme l’un des leurs. Pour en revenir au tournage, j’avais essentiellement des grands axes de scènes, mais rien de très arrêté. Par exemple, il est arrivé que Cassandra vienne me raconter un rêve qu’elle avait fait et qu’on l’intègre au film. Le gros travail d’écriture s’est fait au montage. A vrai dire, nous avons passé 1 an 1/2 en tournage, et autant de temps au montage! Mais j’étais bien entouré et chacun y allait de sa contribution.

DFDM : Quel est votre rapport au cinéma?

I.N : Il est vrai que mon « milieu » d’origine, c’est la danse. Mais le cinéma m’a toujours fasciné. C’est un médium qui offre une possible condensation du temps, qui permet d’avoir plusieurs plans, d’intégrer l’inconscient et de le restituer en images. Il y a aussi quelque chose de l’ordre de la magie : au cinéma, on amplifie, on transforme, tout en restant attentif aux idées qui peuvent émerger au fur et à mesure. Danser ou faire des films sont finalement deux formes d’expression qui se ressemblent beaucoup. On retrouve une certaine chorégraphie par exemple dans les mouvements de caméra de Jean Vigo, une poésie sublime chez Tarkovski ou Kalatozov*…

DFDM : Et aujourd’hui, quelles ont les nouvelles de Spartacus et de Cassandra?

I.N : Plutôt bonnes! Spartacus rentre au lycée et aimerait s’engager davantage dans la cause des rroms. Cassandra passe en 4e et pense beaucoup aux garçons. Nous vivons tous les quatre – avec Camille – à la campagne, dans la maison que Camille a acheté et qui a nécessité pas mal de travaux. Le chapiteau trône dans le jardin et accueille les amis de Spartacus et Cassandra pendant les vacances. Les enfants sont toujours en contact avec leurs parents, même si ce n’est pas toujours évident : leur père est en Angleterre, leur mère est retournée en Roumanie. Les revoir est forcément compliqué. Mais ils s’épanouissent de plus en plus et c’est formidable de les voir grandir dans l’insouciance que leur âge suppose.

* NDLR : Mikhaïl Kalatozov est un réalisateur d’origine géorgienne qui a remporté la Palme d’Or en 1958 pour Quand passent les cigognes.

Pour tout savoir sur l’actualité du film, rendez-vous sur la page facebook.

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