Only You

Only youImaginez… un crépuscule qui se dessine sur un pont parisien ; une flaque dans laquelle on saute à pieds joints avec une liberté enfantine ; une savoureuse tasse de chocolat chaud dégustée par temps de pluie ; un fou rire partagé ; des pas de danse improvisés ; un baiser langoureux ; le frisson ressenti, blotti dans les bras de l’autre ; l’écho d’un tendre souvenir… « 5 secondes, c’est tout : ça résume toutes les petites choses qui font mon quotidien ».

Cette réflexion est celle des héros d’Only You, le nouveau court métrage de Mathieu Rigot (à qui nous devons, dans un autre registre, Alfred, or the story of a wonder fish) qui nous offre, en l’espace de trois minutes, une petite bulle de poésie joliment réconfortante, que nous avons eu envie de prolonger en retrouvant le cinéaste pour une nouvelle interview.

Des Films et des Mots : Only You est l’histoire d’un couple qui nous fait rentrer dans sa vie en quelques minutes, partageant ses interrogations, ses doutes, ses certitudes, ses envies… autant de sujets qui résonnent en chacun de nous. Comment est né ce film?
Mathieu Rigot : J’aime beaucoup créer des « tableaux » sur Pinterest. L’un d’entre eux s’appelle « How life should be » (« Ce que la vie devrait être ») et mélange des images de tout ce qui me fait vibrer. Par ailleurs, je viens de passer le fameux cap de la trentaine. Mes proches m’ont alors demandé ce qui me ferait plaisir. M’est venue l’idée de « m’offrir » un moment de partage avec chacun d’entre eux. J’ai donc distribué des bons individualisés, afin que chacun puisse choisir un moment à partager ensemble. Ce qui a donné de belles surprises telles que « J’ai envie d’aller à la pêche avec toi », « J’ai envie de faire le chemin de Compostelle avec toi » ou encore « J’ai envie de partir en Laponie avec toi »… Cette notion d’instants passés à deux, l’intimité qu’ils supposent ainsi que les réflexions échangées ont finalement été la trame d’Only You. Je voulais faire un film très court, rempli de belles émotions. Et si l’histoire filmée est celle d’un couple qui se questionne sur la vie à deux, elle se décline à n’importe quel « duo » : un parent et son enfant, deux ami(e)s, un grand-parent et son petit-fils…

DFDM : Comment s’est déroulé le tournage?
M.R : Il n’a duré que deux jours et demi mais ce fut le tournage le plus compliqué que j’ai eu à gérer! Trouver des moments du quotidien qui soient photogéniques n’est déjà pas aisé, mais les filmer façon « instants volés » ne facilite pas la donne! Heureusement, les acteurs (Alix Bénézech et Clément Moreau), qui avaient déjà travaillé ensemble, ont été formidables : il y a eu beaucoup d’improvisation, ce qui a permis de retranscrire l’intimité voulue plus simplement. Quant au montage, cela n’a pas toujours été une partie de plaisir! Veiller à ce que l’esthétisme fasse sens dans les choses du quotidien, filer les scènes d’intérieur et d’extérieur de manière fluide, écrire les voix off qui seraient posées par la suite sur les images en leur donnant l’effet voilé recherché pour accentuer le côté intemporel et universel du film… se sont révélés être de véritables challenges.

DFDM : Parle-nous du choix de la musique, qui joue un rôle important : non seulement elle vient sublimer chaque plan, mais elle accentue cette sensation de douceur qui accompagne le film.
M.R : Je souhaitais que la musique soit créatrice d’émotions, un autre exercice particulièrement ardu! Pour cela, j’ai fait appel à un vieil ami (Aurélien Rossato) dont la sensibilité est complètement en phase avec le projet. Après plusieurs essais au piano, nous avons finalement choisi l’aspect plus chaleureux de la guitare sèche pour accompagner le dialogue, à la fois construit et décousu, comme une conversation. Quant au fait que le texte soit en anglais, c’est uniquement une histoire de goût! Je trouve la résonance plus jolie, la sonorité plus douce, le grain plus chaud et le rythme plus propice à mettre en lumière ce qui se passe dans le quotidien de ce couple… qui est aussi quelque part un peu notre quotidien à tous!

Si vous souhaitez découvrir cette parenthèse enchantée profondément touchante, rendez-vous le  jeudi 29 janvier 2015 à la Péniche cinéma dès 20h dans le cadre de la Projection Ciné Concert. Vous pourrez y rencontrer Mathieu Rigot ainsi que ses comédiens et la productrice du film Peggy Desplats. Venez nombreux!

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2 automnes 3 hivers

21012177_20131004132320341.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxA 33 ans, Arman a décidé de changer de vie. Pour commencer, il court. C’est un bon début. Amélie poursuit la sienne (de vie) et court, elle aussi. La première rencontre est un choc. La seconde sera un coup de couteau en plein cœur. Ce sera le début de leur aventure.
Benjamin est le meilleur ami d’Arman. Un soir, il s’écroule dans une haie de laurier et se retrouve lui aussi à l’hôpital. Un grave accident qui pourtant fera son bonheur.
Durant 2 automnes et 3 hivers, dans les vies d’Amélie, d’Arman et de Benjamin se succèdent les rencontres, les accidents et beaucoup d’histoires (d’amour, mais pas que…).

Avec tendresse et fantaisie, Sébastien Betbeder filme ce « tourbillon de la vie » qu’aimait chanter Jeanne Moreau, où se mêlent l’inattendu, les éclats de rire, les combats, les accidents de parcours, les incertitudes, les décisions à prendre, les moments heureux, les instants complices, l’incompréhension, les retrouvailles, l’espoir…

Le cinéaste révèle avoir voulu rendre compte d’une « humeur commune à toute une génération : Nous aimons différemment en 2013, nous pensons différemment la mort. Nous sommes de moins en moins insouciants. Tout cela est troublant, angoissant parfois. »

Mais loin de céder au discours cynique, Betbeder préfère la poésie pour mettre en scène ses personnages touchant par leur justesse de caractère : Armand, l’anti-héros au coeur tendre; Amélie, la petite fée lumineuse aux questions existentielles ; Benjamin, le sage en apprentissage perpétuel.

Construit en chapitres, cette comédie romantique surprend par l’originalité de sa mise en scène, dans laquelle les personnages brisent parfois le cadre de la narration en faisant des monologues face à la caméra, comme pour mieux interpeller le spectateur, quelque peu déstabilisé.

Un film complètement improbable, joliment décalé et terriblement sincère pour qui nous avons eu un gros coup de coeur!

Sortie le 25 décembre 2013.

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And the winners are…

Oscars-2013-en-direct-Shirley-Bassey-rend-hommage-a-James-Bond_yahooExportPaysageCe week-end, le cinéma était à l’honneur puisque l’Hexagone décernait ses 38e Césars tandis que deux jours plus tard, le pays de l’oncle Sam remettait ses 85e Oscars.

Passons sur la qualité soporifique de la cérémonie des Césars, qui peine à se renouveler et à sortir d’un conformisme apathique voire affligeant pour nous concentrer sur le palmarès, hélas sans grande surprise (Noémie Lvovsky a d’ailleurs vu ses craintes se confirmer en repartant bredouille malgré les 13 nominations de Camille redouble, comédie fort sympathique mais de bien peu de poids face à l’Amour d’Haneke) :

Meilleur film : Amour de Michael Haneke

Meilleur réalisateur : Michael Haneke pour Amour

Meilleur acteur : Jean-Louis Trintignant pour Amour

Meilleure actrice : Emmanuelle Riva pour Amour

Meilleur court-métrage : Le Cri du homard de Nicolas Guiot

Meilleurs costumes : Christian Gasc pour Les Adieux à la reine

Meilleur montage : Juliette Welfling pour De Rouille et d’os

Meilleur décor : Katia Wyszkop pour Les Adieux à la reine 

Meilleur documentaire : Les Invisibles de Sébastien Lifshitz

Meilleure second rôle féminin : Valerie Benguigui dans Le Prenom

Meilleur scénario original : Amour de Michael Haneke

Meilleure musique originale : Alexandre Desplat pour De Rouille et d’os

Meilleur film étranger : Argo de Ben Affleck

Meilleur son : A. Deflandre, E. Tisserand, G. Boulay pour Cloclo

Meilleure photo : Romain Winding pour Les Adieux à la reine

Meilleur espoir masculin : Matthias Schoenaerts pour De Rouille et d’os

Meilleure espoir féminin : Izia Higelin dans Mauvaise fille

Meilleure adaptation : Thomas Bidegain et Jacques Audiard pour De Rouille et d’os

Meilleur film d’animation : Ernest et Célestine

Meilleur second rôle masculin : Guillaume de Tonquedec pour Le Prénom

Meilleur second rôle féminin : Valérie Benguigui pour Le Prénom

Meilleur premier film : Louise Wimmer de Cyril Mennegun

Une compilation des « meilleurs moments » de la cérémonie est à découvrir ici :

 

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Quant aux Oscars, point de surprise non plus en confirmant les vainqueurs des Golden Globes :

Meilleur film : Argo de Ben Affleck

Meilleur acteur : Daniel Day Lewis pour Lincoln

Meilleure actrice : Jennifer Lawrence dans Happiness Therapy

Meilleur réalisateur : Ang Lee pour L’Odyssée de Pi

Meilleur scénario original : Quentin Tarantino pour Django Unchained

Meilleure adaptation : Chris Terrio pour Argo

Meilleure chanson : Skyfall par Adèle

Meilleure musique : Mychael Danna pour L’Odyssée de Pi

Meilleur décor : Lincoln

Meilleur montage : Argo

Meilleure actrice dans un second rôle : Anne Hataway pour Les Misérables

Meilleur acteur dans un second rôle : Christoph Waltz dans Django Unchained

Meilleur montage son : Zero Dark Thirty et Skyfall

Meilleur mixage son : Les Misérables

Meilleur film étranger : Amour de Michael Haneke

Meilleur documentaire : Sugar Man

Meilleur court-métrage documentaire : Inocente

Meilleur court-métrage de fiction : Curfew

Meilleur maquillage et coiffure : Les Misérables

Meilleurs costumes : Anna Karenine

Meilleurs effets spéciaux : L’Odyssée de Pi

Meilleure photographie : Claudio Miranda pour L’Odyssée de Pi

Meilleur long-métrage d’animation : Rebelle

Meilleur court-métrage d’animation : Paperman

Un joli court-métrage  que nous vous proposons de découvrir ici :


Paperman by Spi0n

Des cérémonies en demi-teinte qui font espérer une prochaine cuvée bien plus diverse et enthousiasmante.

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