Le château de verre

Jeannette Walls, chroniqueuse mondaine à New-York, a tout pour réussir et personne ne peut imaginer quelle fut son enfance. Élevée par un père charismatique, inventeur loufoque qui promet à ses enfants de leur construire un château de verre mais qui reste hanté par ses propres démons, et une mère artiste fantasque et irresponsable, elle a dû, depuis son plus jeune âge, prendre en charge ses frères et sœurs pour permettre à sa famille dysfonctionnelle de ne pas se perdre totalement. Sillonnant le pays, poursuivis par les créanciers, et refusant de scolariser leurs enfants, les Walls ont tout de même vécu une vie empreinte de poésie et de rêve, qui a laissé des marques indélébiles mais qui a créé des liens impossibles à renier.

« Pourquoi passer l’après-midi à préparer un repas qui sera avalé en une heure, quand dans le même temps, je pourrais peindre un tableau qui durera toujours ? » demande la mère, plus soucieuse de donner libre cours à son inspiration créative que de prendre soin de ses enfants.

Adapté du récit autobiographique de Jeannette Walls, Le château de verre brosse le portrait d’une famille marginale qui a pour credo l’anticonformisme. Destin Daniel Cretton (States of Grace) porte ainsi sur grand écran l’enfance chaotique de l’héroïne et de sa fratrie et ponctue son récit de multiples flash-back, convoquant les souvenirs houleux d’une jeune femme devenue rigide.

Les déménagements improvisés en pleine nuit à chaque fois que le père perdait son nouveau job, les maisons insalubres, les nuits à la belle étoiles au milieu des parcs nationaux peuplés d’animaux sauvages, la privation quotidienne, l’apprentissage « à la dure », la faim qui se faisait sentir plusieurs jours durant, les vaines promesses, l’instabilité permanente, l’alcool ravageur, mais aussi, l’imagination débridée, les échanges intellectuels passionnants, les histoires abracadabrantes racontées avec une infinie tendresse, les moments de complicité privilégiés, les étoiles offertes pour Noël… Le récit – qui s’apparente à un conte initiatique – suit l’évolution d’une enfant dans son rapport à son père, de l’admiration à la colère jusqu’au pardon, évitant subtilement l’écueil du règlement de compte.

Si l’on est rapidement happé par cette histoire peu ordinaire, qui émeut autant qu’elle questionne, la narration finit par traîner en longueur et devient même insipide. Dommage. Un tel sujet aurait mérité une écriture plus pêchue, une mise en scène plus imaginative, à l’image de ses protagonistes singuliers et excentriques.

Sortie le 27 septembre 2017.

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Free fire

Une vente d’armes clandestine doit avoir lieu dans un entrepôt désert. Tous ceux qui y sont associés se retrouvent face à face : deux Irlandais, Justine, l’intermédiaire, et le gang dirigé par Vernon et Ord. Mais rien ne se passe comme prévu et la transaction vire à l’affrontement. C’est désormais chacun pour soi… pour s’en sortir, il va falloir être malin et résistant.

Vous aimez les films bien écrits, autour d’un scénario construit, de personnages dessinés avec soin, d’une mise en scène recherchée ? Mieux vaut passer votre chemin. Free Fire – réalisé par Ben Wheatley – fait plutôt dans la castagne balourde, à coup de petits et gros calibres, à laquelle se livrent des benêts antipathiques à souhait.

Le réalisateur explique s’être inspiré de récits de fusillades des années 1970 et 1980 consignés dans les annales du FBI : « Ce qui ressortait, c’était l’impression de chaos et d’horreur. Ces types étaient surentraînés et il semble que personne ne soit arrivé à tirer droit… C’est complètement fou de lire ça et ce témoignage m’a hanté pendant longtemps, au point que j’ai eu envie d’en faire un film. […] J’ai imaginé ce que cela donnerait dans la réalité – tout en restant bien sûr dans un cadre divertissant ».

Pour ce qui est du chaos, c’est plutôt bien vu. Pour ce qui est du divertissement, cool, drôle et bien pensé, c’est raté. Wheatley se contente de faire du sous-Tarantino, et se complaît dans un film de sales gosses qui, soit, semblent prendre beaucoup de plaisir à se dézinguer les uns les autres dans la bonne humeur, mais qui n’intéressent en rien le spectateur.

Bourrin, simpliste et insignifiant. Mieux vaut se contenter à la rigueur de la bande annonce, seul élément réussi.

Sortie le 14 juin 2017.

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Jeu concours States of Grace

exe_affiche_120_ok.inddSensible et déterminée, Grace est à la tête d’un foyer pour adolescents en difficulté. Parmi les jeunes membres de son équipe, diversement expérimentés, la solidarité et le bon esprit sont de mise. Jusqu’à l’arrivée soudaine d’une fille tourmentée qui ignore les règles du centre et renvoie Grace à sa propre adolescence… pas si lointaine.

A l’occasion de la sortie de States of Grace le 24 avril prochain, Des Films et des Mots, en partenariat avec Cinetrafic (qui vous propose de découvrir d’autres films sur les ados et d’autres films de 2014), met en ligne un jeu concours pour tenter de remporter 5 x 2 places pour découvrir le film de Destin Cretton.

Il vous suffit de répondre au questionnaire disponible ici avant le 23 avril 2014 minuit (Attention : les réponses incomplètes ne seront pas prises en compte).

Les gagnants seront tirés au sort à l’issue du concours puis contactés par mail avant de recevoir leur lot par voie postale.

Bonne chance à tous!

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