Jeune femme

Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache.

Premier long métrage de Léonor Serraille, Jeune femme est une comédie foutraque et mélancolique, extravagante et à fleur de peau, à l’image de son héroïne exaspérante et profondément émouvante.

Récompensé de la Caméra d’or lors du dernier Festival de Cannes, ce portrait de femme joliment singulier met en scène le parcours chaotique d’une trentenaire instable et malheureuse qui, après une rupture amoureuse qui se révélera libératrice, se retrouve seule face à elle-même. La solitude l’angoisse, la dérive rôde, le spleen nocturne a quelque chose de rassurant. Paula l’ingénue est une émotive imprévisible qui semble ne pas « avoir les codes » de ce qui l’entoure. Perdue dans ce Paris au visage hostile, c’est par le biais de ses rencontres inattendues, et souvent saugrenues, qu’elle va réussir à se trouver.

« Dans la vie, je tourne souvent autours de personnages contradictoires, sur la brèche. Il me semble qu’ils nous surprennent, nous déstabilisent, car même s’ils ne sont pas faciles à vivre, précisément, de vie, de tendresse, ils en sont pleins. Je suis attachée à ces tempéraments la fois forts et vulnérables, trahis par leurs qualités, sublimés par leurs failles. J’ai voulu aborder l’amour comme une soif à épancher, un puits à remplir, un tout ou un rien, et qu’entre ce tout et ce rien flottent au même niveau l’espoir et un penchant pour le vide, la chute, l’implosion. » explique Léonore Serraille.

Nous voici plongés dans un tourbillon déroutant personnifié par la fantas(ti)que Laëtitia Dosch (La bataille de Solférino, de Justine Triet), qui exalte de vitalité et de fragilité.  Intime et libre, voici un film qui prend d’abord à rebrousse-poil avant de venir nous caresser tout doucement, sans que l’on s’y attende.

Sortie le 1er novembre 2017.

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Daddy cool

551028.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxEntre fous rires et crises de larmes, Cameron Stuart ne sait plus où donner de la tête. Diagnostiqué bipolaire, Cameron suit un traitement dans le but de reconquérir sa femme Maggie et de réintégrer le cocon familial qu’ils forment avec leurs deux filles. Mais lorsque Maggie décide de quitter Boston pour partir à New-York reprendre ses études, la jeune femme n’a pas d’autre choix que de confier la garde de ses enfants à ce père pas tout à fait comme les autres…

« Créer, c’est toujours parler de l’enfance » écrivait Jean Genet. Une citation qui aurait pu inspirer la scénariste Maya Forbes, qui, pour son premier film derrière la caméra, a choisi de mettre en images ses souvenirs d’enfance.

Tendre, drôle, parfois survolté, Daddy cool surprend par sa tonalité résolument moderne et nous plonge dans le quotidien d’un couple en crise au milieu des années 1970. Phase maniaco-dépressive, éducation, égalité des chances, métissage, parité sont quelques uns des thèmes esquissés au cours de cette comédie dramatique douce et lumineuse, qui nous émeut par sa pudeur.

Au-delà du scénario léché et de la mise en scène délicate, Daddy cool est servi par un casting impeccable : Zoé Saldana campe une mère courageuse tiraillée entre le bien-être de sa famille et son envie de réussite socio-professionnelle, la jeune Imogene Wolodarsky (qui n’est autre que la fille de la réalisatrice) révèle déjà une belle maturité d’interprétation. Quant à Mark Ruffalo, il incarne avec aisance et justesse ce père aussi dérouté que déroutant, luttant pour se responsabiliser malgré la maladie, laissant exprimer avec maestria sa folie douce, sa créativité envahissante ou son goût pour l’aventure – qu’il s’agisse d’aller pêcher en slip rouge par temps de neige, de rouler en voiture au plancher « décapotable » ou de confectionner une robe de sirène danseuse de flamenco toute la nuit!

En dépit de son caractère aussi fluctuant que les montagnes russes, ce père non-conventionnel et débordant d’amour réussit peu à peu à trouver un équilibre, certes fragile, mais ô combien sincère.

Un bien joli film sous forme d’hommage, vivement recommandé!

Sortie le 8 juillet 2015.

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