L’incomprise

433057.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAria, neuf ans, fait face à la séparation très violente de ses parents. Au milieu de leurs disputes, mise à l’écart par ses demi-sœurs, elle ne se sent pas aimée. Ballotée de l’un à l’autre, elle erre à travers la ville avec son sac à dos et son chat noir. Frôlant le désespoir, elle essaie de préserver son innocence.

Portraiturer l’enfance pour en révéler ses fêlures, ses incompréhensions, sa fragilité, sa solitude, mais aussi sa force, son pouvoir d’imagination, sa fantaisie… tel est le dessein d’Asia Argento qui signe L’incomprise, un film fait de bric et de broc, parfois bancal, souvent hystérique, mais aux douces effluves nostalgiques.

« Chaque enfant ressent un sentiment d’injustice vis-à-vis de ses parents, de ses copains ou des ses professeurs d’école. Il y a là une blessure universelle de l’enfance. Une enfance incomprise, perdue, maltraitée… ». Partie de cette observation, la cinéaste focalise son regard sur une fillette malaimée, bringuebalée entre l’appartement de son excentrique de mère, pianiste en manque de reconnaissance, et celui de son père, acteur superstitieux à l’égo démesuré, qui peine à trouver sa place dans une famille où règne l’anarchie.

Pour contrebalancer la gravité du propos, Argento choisit une mise en scène déstructurée, saturée de couleurs, et à la tonalité désinvolte. Nous sommes dans les années 80, époque faite d’insouciance et de liberté, de coupes de cheveux improbables, de salopette en jeans et de vêtements fluo importables, de rock punk et de graffitis…

C’est dans ce cadre nostalgique que se répand la saveur familière de l’enfance, où l’on illustre son journal intime de découpages, où l’amitié se noue « à la vie à la mort », où l’on espère se faire remarquer par le garçon le plus cool de l’école de la même façon que l’on cherche à attirer l’attention de ses parents.

Malgré ces belles intentions et la prestation pleine de maturité de la jeune Giulia Salerno, L’Incomprise laisse sceptique tant ce portrait de famille s’avère trop souvent grossier et caricatural… Mais peut-être est-ce aussi cela qui fait le charme de ce film criard, bordélique et étonnamment poétique.

Sortie le 26 novembre 2014.

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Samba

209765.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxSamba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d’obtenir ses papiers, alors qu’elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu’au jour où leurs destins se croisent… Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d’imagination qu’eux ?

Après le succès phénoménal d’Intouchables, le duo de réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano poursuit l’aventure sur grand écran et livre un film engagé aux multiples nuances.

Inspiré du roman Samba pour la France de Delphine Coulin, Samba plonge le spectateur dans la terrible réalité des sans-papiers, sans complaisance ni sensiblerie, et fait se rencontrer des personnages en lutte dont la route aurait pu ne jamais se croiser.

« Nous avons mis des visages sur des statistiques. Aborder le côté politique du sujet, ce n’est pas notre rôle, pas plus que de faire passer un message. En revanche, le cinéma permet au spectateur de découvrir par des personnages et leur quotidien, un monde que souvent il ne connaît pas autrement que par le débat public et les médias. Et à partir de là, cela peut lui donner matière à réfléchir différemment » raconte Eric Toledano.

Aux côté de Samba gravite une galerie de personnages hauts en couleur et attachants, qu’ils soient au bout du rouleau ou aguerris, maladroits ou pétillants, fougueux ou timorés, danseurs enflammant la piste de danse ou acrobates malavisés sur les toits de Paris… Ces « caractères » rythment le film au gré de leurs humeurs, permettant d’insuffler des respirations lors des scènes à la tonalité plus grave et de désamorcer les tensions par le rire.

Entourés d’un casting impeccable (qu’il s’agisse du couple Charlotte Gainsbourg/Omar Sy, inattendu et saisissant, de Tahar Rahim, d’Izïa Higelin ou encore d’Issaka Sawadogo), Nakache et Toledano signent un film poignant et nécessaire, entre le drame et la comédie, et évitent les écueils de la facilité.

 Sortie le 15 octobre 2014.

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3 coeurs

012839.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxUne ville de province, la nuit. Marc rencontre Sylvie alors qu’il a raté le train pour retourner à Paris. Ils errent dans les rues jusqu’au matin, parlant de tout sauf d’eux-mêmes, dans un accord rare. Quand Marc prend le premier train, il donne rendez-vous à Sylvie, à Paris, quelques jours après. Ils ne savent rien l’un de l’autre. Sylvie ira à ce rendez-vous, et Marc, par malheur, non. Il la cherchera en vain jusqu’à rencontrer Sophie, dont il s’éprend, sans savoir qu’elle est la sœur de Sylvie…

Une histoire d’amour qui n’a pas lieu, une autre histoire qui s’écrit, des personnages intimement liés… 3 coeurs met en scène un triangle amoureux au destin tragique, où le désir se mêle au regret, où la confiance se voile d’un secret et où le bonheur peut en un instant voler en éclats.

Avec pudeur et bienveillance, Benoît Jacquot filme superbement ses acteurs et insuffle à ce mélodrame sublimé par la musique de Bruno Coulais cette douce mélancolie que l’on retrouvait déjà dans Les Adieux à la reine. Et si Chiara Mastroianni et Charlotte Gainsbourg incarnent ces deux soeurs fusionnelles avec la même aisance et la même délicatesse d’interprétation, Benoît Poelvoorde, fragile et insaisissable, cornaque le film.

« L’amour qui  naît subitement est le plus long à guérir » écrivait Labruyère. Il semble que 3 coeurs en soit un bel exemple.

Sortie le 17 septembre 2014.

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