La Dame en noir +

Arthur Kipps, jeune notaire à Londres, est obligé de se rendre dans le petit village perdu de Crythin Gifford pour régler la succession d’une cliente récemment décédée. Dans l’impressionnant manoir de la défunte, il ne va pas tarder à découvrir d’étranges signes qui semblent renvoyer à de très sombres secrets. Face au passé enfoui des villageois, face à la mystérieuse femme en noir qui hante les lieux et s’approche chaque jour davantage, Arthur va basculer dans le plus épouvantable des cauchemars…

Après avoir signé le terrifiant Eden Lake, James Watkins persiste dans le film de genre et adapte La Dame en noir, un roman de Susan Hill écrit il y a près de vingt ans.

Au coeur de paysages fantomatiques qui rappellent la lande sauvage et rude dépeinte par Emily Brontë dans Les Hauts du Hurlevent, Watlins prend un malin plaisir à jouer avec nos peurs – et nos nerfs – en utilisant des mécanismes simples mais efficaces : le parquet qui grince, les portes qui claquent, des cris stridents, des apparitions soudaines, des automates qui s’activent subitement, la petite musique angoissante et sournoise qui prépare le spectateur à un sursaut prochain depuis le fond de son fauteuil… tout concourt à faire que notre palpitant s’emballe à moult reprises, frôlant la limite dusupportable. Le suspense monte rapidement, et nous voici pris au piège entre les mains d’une sorte de marionnettiste machiavélique qui mêle fantastique et drame dans la grande tradition des histoires de fantômes de l’époque victorienne.

Toutefois, en dépit d’une esthétique soignée et de la prestation tout en maîtrise d’un Daniel Radcliffe mélancolique, le scénario sans grande originalité, voire des plus sommaires – une histoire de vengeance et de malédiction d’une femme jugée sénile dont le fils qu’on lui a enlevé est mort noyé – est à déplorer. A voir si le coeur – bien accroché ! – vous en dit…

Sortie le 14 mars 2012.

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La Taupe ++

1973. La guerre froide empoisonne toujours les relations internationales. Les services secrets britanniques sont, comme ceux des autres pays, en alerte maximum. Suite à une mission ratée en Hongrie, le patron du MI6 se retrouve sur la touche avec son fidèle lieutenant, George Smiley (Gary Oldman, toujours parfait).
Pourtant, Smiley est bientôt secrètement réengagé sur l’injonction du gouvernement, qui craint que le service n’ait été infiltré par un agent double soviétique. Epaulé par le jeune agent Peter Guillam, Smiley tente de débusquer la taupe, mais il est bientôt rattrapé par ses anciens liens avec un redoutable espion russe, Karla. Alors que l’identité de la taupe reste une énigme, Ricki Tarr (Tom Hardy), un agent de terrain en mission d’infiltration en Turquie, tombe amoureux d’une femme mariée, Irina, qui prétend posséder des informations cruciales. Parallèlement, Smiley apprend que son ancien chef (John Hurt) a réduit la liste des suspects à cinq noms : l’ambitieux Percy Alleline, Bill Haydon (Colin Firth), le charmeur, Roy Bland, qui jusqu’ici, a toujours fait preuve de loyauté, le très zélé Toby Esterhase… et Smiley lui-même.

Dans un climat de suspicion, de manipulation et de chasse à l’homme, tous se retrouvent à jouer un jeu dangereux qui peut leur coûter la vie et précipiter le monde dans le chaos. Les réponses se cachent au-delà des limites de chacun…Tension, suspense et paranoïa, tels sont les mots clé de ce thriller sombre et complexe mis en scène par Tomas Alfredson (Morse) d’après le roman de John le Carré. Avec une précision quasi-chirurgicale, Alfredson signe une réalisation tenue, à l’esthétique soignée, où chaque détail compte pour restituer l’atmosphère des années 1970 et plonger peu à peu le spectateur dans l’univers de l’espionnage – un univers que le Carré connaît bien pour avoir oeuvré au service de sa majesté dans les années 1950.

Servie par une distribution remarquable – Gary Oldman, « Mr caméléon », en tête, prouvant à nouveau tout l’étendu de son talent en reprenant le rôle interprété par le grand Alec Guiness dans la série télévisée de 1979 – et sublimée par la musique d’Alberto Iglesias (célèbre acolyte de Pedro Almodovar), La Taupe décline les thèmes de l’amitié, de la trahison et de la loyauté autour d’une intrigue particulièrement élaborée… et même des plus intriquées.

Soit, le monde de l’espionnage confère un certain degré d’opacité. Mais à force de vouloir tisser le scénario telle une toile d’araignée en multipliant pistes et complots, le spectateur finit par perdre trop souvent le fil de l’histoire.

Tout au long du film, on attend avec une certaine impatience que le voile se lève sur ce récit alambiqué. Hélas, plus on avance à petits pas, pris dans les méandres scénaristiques, plus la brume se fait compacte.

Gageons toutefois que La Taupe réjouira à coup sûr les adeptes de le Carré et des aventures de George Smiley.

Sortie le 8 février 2012.

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