Free fire

Une vente d’armes clandestine doit avoir lieu dans un entrepôt désert. Tous ceux qui y sont associés se retrouvent face à face : deux Irlandais, Justine, l’intermédiaire, et le gang dirigé par Vernon et Ord. Mais rien ne se passe comme prévu et la transaction vire à l’affrontement. C’est désormais chacun pour soi… pour s’en sortir, il va falloir être malin et résistant.

Vous aimez les films bien écrits, autour d’un scénario construit, de personnages dessinés avec soin, d’une mise en scène recherchée ? Mieux vaut passer votre chemin. Free Fire – réalisé par Ben Wheatley – fait plutôt dans la castagne balourde, à coup de petits et gros calibres, à laquelle se livrent des benêts antipathiques à souhait.

Le réalisateur explique s’être inspiré de récits de fusillades des années 1970 et 1980 consignés dans les annales du FBI : « Ce qui ressortait, c’était l’impression de chaos et d’horreur. Ces types étaient surentraînés et il semble que personne ne soit arrivé à tirer droit… C’est complètement fou de lire ça et ce témoignage m’a hanté pendant longtemps, au point que j’ai eu envie d’en faire un film. […] J’ai imaginé ce que cela donnerait dans la réalité – tout en restant bien sûr dans un cadre divertissant ».

Pour ce qui est du chaos, c’est plutôt bien vu. Pour ce qui est du divertissement, cool, drôle et bien pensé, c’est raté. Wheatley se contente de faire du sous-Tarantino, et se complaît dans un film de sales gosses qui, soit, semblent prendre beaucoup de plaisir à se dézinguer les uns les autres dans la bonne humeur, mais qui n’intéressent en rien le spectateur.

Bourrin, simpliste et insignifiant. Mieux vaut se contenter à la rigueur de la bande annonce, seul élément réussi.

Sortie le 14 juin 2017.

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Au coeur de l’océan

589002.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxHiver 1820. Le baleinier Essex quitte la Nouvelle-Angleterre et met le cap sur le Pacifique. Il est alors attaqué par une baleine gigantesque qui provoque le naufrage de l’embarcation. À bord, le capitaine George Pollard, inexpérimenté, et son second plus aguerri, Owen Chase, tentent de maîtriser la situation. Mais face aux éléments déchaînés et à la faim, les hommes se laissent gagner par la panique et le désespoir…

Ron Howard aux commandes, Chris Hemsworth, Cillan Murphy, Benjamin Walker à babord, Brendan Gleesson et Ben Wishaw à tribord, et comme toile de fond, l’histoire qui inspira Moby-Dick, le roman culte d’Herman Melville. L’affiche est engageante. Ron Howard, en fieffé capitaine, souque ferme et tient haut la barre pour nous livrer, une fois de plus, du grand spectacle.

Le film s’ouvre sur la rencontre de l’écrivain Herman Melville et Thomas Nickerson, qui participa à la terrible expédition de l’Essex alors qu’il n’était qu’un jeune matelot. Le récit se construit sous forme de flash back bien menés, apportant quelque respiration bienvenue à l’histoire, et traduit la réalité d’une époque où l’huile de baleine se monnayait en pièces d’or, où être bien né était gageur de qualité et où la vie de marins ne valait pas tripette.

Un casting hollywoodien, des images grandioses, une narration tout en intensité… voilà de quoi se laisser aisément prendre au jeu de ce film d’aventure épique. Et pourtant, on ressort de la salle de cinéma perplexe, peu dupe de toute cette poudre aux yeux facile et vaine.

Sortie le 9 décembre 2015.

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Broken ++

Festival de Cannes, mai 2012. Le rideau se lève sur Broken, premier film du britannique Rufus Norris, qui fait l’ouverture de la Semaine de la critique. Un drame social teinté de lumière qui s’obscurcit peu à peu…

Après avoir été témoin d’une agression brutale, Skunk se rend compte que la maison où elle vit, son quartier, son école, lui sont devenus étrangers, presque hostiles. Les certitudes rassurantes de l’enfance ont laissé place à l’inconnu et à la peur. Et, alors qu’elle se tourne vers un avenir devenu soudain plus sombre, son innocence n’est plus qu’un souvenir. En cherchant le réconfort dans l’amitié muette de Rick, un garçon doux mais abîmé par la vie, Skunk va se trouver confrontée à un choix. Poursuivre un chemin dans lequel elle ne se reconnaît plus, ou quitter les ruines de son ancienne vie.

Adapté du roman éponyme de Daniel Clay, Broken aborde la perte de l’innocence à travers le regard d’une enfant pétillante et espiègle dont le monde vole en éclat. Le voisinage sert de microcosme au réalisateur pour aborder les relations parents/enfants aux conséquences parfois dévastatrices. « Le film est rempli d’amour, mais d’un amour qui conduit à des drames » explique Norris.

Cet amour, c’est celui de Skunk et de son père, un avocat placide et plein de tendresse pour sa fille ; c’est celui des Buckley, inquiets pour leur fils Rick, un esprit naïf victime d’injustice ; ou encore celui de M. Oswald, veuf en proie à de terribles accès de violence lorsqu’il s’agit de protéger ses filles aux moeurs légères. Trois familles voisines qu’un mensonge va embarquer dans une spirale infernale et destructrice.

Servi par un casting de choix – du brillant Tim Roth qui excelle dans un rôle à contre-emploi à la jeune Eloïse Laurence, révélation du film-, Broken est un film où l’humour et la douceur côtoient la brutalité et la folie.

Un premier long métrage qui prend aux tripes.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Sortie le 22 août 2012.

Bande annonce

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