Une seconde chance

052493.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxVingt ans après leur romance, un homme et une femme se retrouvent à l’enterrement d’un ami commun…

Adaptée du roman de Nicholas Sparks (romancier qui inspire bien souvent le cinéma, qu’il s’agisse d’Une bouteille à la mer, d’Un Havre de paix, ou de N’oublie jamais), Une Seconde chance s’inscrit dans la veine des romans d’été, contant une histoire d’amour impossible, à la fois suave et mélancolique, avec, en toile de fond, un décor bucolique propice à la romance.

Une aubaine pour Michael Hoffman, qui s’est empressé de porter sur écran les aventures de Cole et d’Amanda  : un amour de jeunesse contrarié, des retrouvailles boudeuses, un inévitable retour de flammes… autant d’ingrédients qui laissent présager d’une mélasse sentimentale prévisible.

Une mise en scène proprette ponctuée de flashbacks plus ou moins bien amenés, des acteurs certes sympathiques mais plutôt insipides, un scénario sans relief… Une deuxième chance sent le réchauffé et souffre d’une mièvrerie exaspérante digne d’un téléfilm d’après-midi sur une chaîne hertzienne.

Bref, rien de transcendant.

En DVD depuis le 24 avril 2015 (édité par Metropolitan Filmexport).

Critique en partenariat avec Cinetrafic.
Découvrez d’autres thématiques de film par ici : http://www.cinetrafic.fr/film-de-danse ou plus de films pour enfant ici
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Dans un jardin je suis entré

aff_244036720140113230751Dans un jardin je suis entré fantasme un ancien Moyen-Orient, dans lequel les communautés n’étaient pas séparées par des frontières ethniques et religieuses, un Moyen-Orient dans lequel même les frontières métaphoriques n’avaient pas leur place. Avi (Mograbi) et Ali – son ami palestinien d’Israël – entreprennent un voyage vers leur histoire respective dans une machine à remonter le temps née de leur amitié. Le Moyen-Orient d’antan, où ils pouvaient coexister sans effort, refait surface avec une grande facilité.

« Ce qui me tracasse, c’est le poids du conflit politique que je traîne en moi… Je veux faire quelque chose de ce fardeau ». Assis dans sa cuisine, Ali partage ses réflexions face à la caméra de son ami Avi, qui nourrit la discussion.
Derrière un bureau, lovés dans un canapé, au bord de la mer ou sur la route, le ton est à la confidence. Chacun se raconte au gré des souvenirs, réels ou imaginés, et témoigne d’un « avant » où la fraternité était une évidence et la cohabitation un fait avéré.
Tourné vers ce passé idéalisé pour mieux imaginer les solutions à un présent conflictuel, Dans un jardin je suis entré oscille entre mélancolie et optimiste et se plaît à rêver d’un autre possible. Un rêve que les deux amis savent inaccessible. Mais, comme le rappelle Avi, « le rêve est déjà politique ».

La discussion se fait passionnée, rythmée par certains désaccords, ponctuée par les remarques sagaces de la jeune Yasmine (la fille d’Ali, elle aussi héritière d’une double culture palestino-israélite), ou bien entrecoupée par des archives audiovisuelles ou la lecture de lettres poignantes d’une femme exilée.

Il est vrai que le documentaire souffre d’un manque de fluidité entre certaines scènes et que le spectateur n’a pas toujours toutes les clés en mains pour contextualiser les souvenirs contés de façon sporadique. Néanmoins, Avi Mograbi signe là un très beau film où l’humour se mêle au chagrin, et où la nostalgie côtoie l’utopie.

Ali : « Tu sais quoi? je n’ai plus envie de renaître. J’ai changé d’avis.

Avi : Trop tard ; tu es déjà dans un processus de renaissance ».

Sortie en DVD depuis le 3 juin 2014 (édité par Epicentre films).

Critique réalisée en partenariat avec Cinetrafic. Retrouvez une sélection de films pour changer des comédies romantiques et d’autres comédies dans la rubrique «  film marrant« .

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Stories We Tell

20495671.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxSarah Polley a une famille normale… ou presque. Et presque comme toutes les familles, la sienne cache un secret. Quand Sarah le découvre, alors qu’elle est déjà une actrice et une réalisatrice reconnue, elle décide de se lancer à la recherche de la vérité.
Mais quelle vérité ? Celle de ses parents, acteurs comme elle, celle de ses frères et sœurs, celle des amis d’antan ? Jouant les détectives avec une ironie et un naturel désarmants, elle va tenter de démêler la pelote de toutes ces histoires que l’on raconte, et auxquelles on finit par croire. La légende familiale se construit alors sous nos yeux, entre faux-semblants et sincérité, humour et tendresse.
A la frontière de plusieurs genres cinématographiques, tordant le cou aux clichés du documentaire et du cinéma vérité, Stories We Tell mêle souvenirs et fiction, mystères et fausses pistes, mensonges et révélations. Bref, l’histoire d’une famille comme les autres.

« A l’image de l’histoire elle-même, chacun choisit ce qu’il veut, chacun montre son histoire en décidant ce qu’il veut garder. Le résultat n’a rien de sérieux : chacun choisit son rôle ».

Reconstituer l’histoire familiale à travers les récits de chacun, se confronter à l’inévitable altération des souvenirs recomposés, décomposés, réinventés, sciemment ou involontairement, pour sublimer notre histoire, remplir les blancs provoqués par le temps et se confronter à l’impossible quête de vérité absolue. Tel est le propos passionnant de Sarah Polley, qui, à partir de son aventure personnelle, parvient à toucher l’universel.

Construit comme un puzzle dont les pièces se mettent en place au gré des souvenirs, Stories We Tell brouille les frontières entre documentaire et fiction (des comédiens rejouent des scènes de la vie quotidienne passée, les images d’archives manquantes sont recréées au moyen d’une caméra Super 8, le père de Sarah, lui-même comédien, s’amuse de sa double casquette d’interprète-narrateur…), et pose la question de la mémoire faillible, un sujet que la cinéaste avait déjà abordé dans son premier long métrage Loin d’elle.

A travers cette « vraie-fausse » enquête, Polley met en scène avec pudeur et délicatesse la révélation du secret, la répercussion sur sa famille, la rencontre avec son père biologique et son autre famille insoupçonnée, et surtout, redonne vie à cette mère partie trop tôt à travers la parole de son entourage.

Si l’on regrette que la version DVD ne bénéficie d’aucun bonus (un tel projet aurait mérité quelques compléments explicatifs), Stories We Tell se démarque par sa singularité qui en fait une oeuvre profondément émouvante, inventive et sincère.

 Sortie en DVD depuis le 20 mai 2014 (édité par Zylo).

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