Eye in the sky

039000-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxNairobi, Kenya. dans la cours de sa maison, une fillette rieuse joue avec le cerceau que son père vient de lui fabriquer. Dans la maison voisine, un attentat suicide impliquant un groupe de terroristes mondialement recherchés s’organise. A quelques kilomètres de là,  le colonel Katherine Powell (Helen Mirren), officier du service d’espionnage, observe ces préparatifs via un drone. Aux commandes d’une opération top-secrète menée par plusieurs nations, il lui appartient de lancer l’assaut avec l’accord des différents gouvernements impliqués. Dans une base du Nevada, Steve Watts (Aaron Paul), pilote de drones, est prêt à intervenir pour éliminer la menace. C’est alors que la fillette entre dans la zone de tir. Le danger est imminent, il faut décider vite en évaluant les risques collatéraux. Faut-il sacrifier la vie de l’enfant pour en sauver des dizaines d’autres? Qui en portera la responsabilité?

Thriller efficace, Eye in the sky dévoile les coulisses de ce qui ressemble à une partie d’échecs internationale où les civiles sont de simples pions, où les actes se décident en-dehors du terrain, où les décisionnaires se révèlent indécis, certains cachant parfois leur couardise derrière les méandres politiques.

Gavin Hood réalise un film sous haute tension, en adoptant un point de vue omniscient qui permet de suivre l’action aussi bien au sein depuis la cellule de crise basée à Londres que de la base militaire située dans le Nevada où sur le terrain du conflit. Cette approche en temps réel d’une opération militaire, vue de l’intérieur, place le spectateur dans la même position que celle des instances dirigeantes qui doivent convenir de l’avenir de leurs pays. La lourdeur et l’absurdité bureaucratique ainsi que la controverse de l’opération y sont très justement restituées. Et malgré sa réflexion profonde sur les valeurs morales, le film offre également quelques passages plus légers dans lesquels ressort la part d’humanité de chacun.

Voici un thriller politique et militaire réussi qui parvient à mettre en doute nos convictions les plus intimes et nous interroge sur ce que le personnage d’Alan Rickman nomme « le prix de la guerre ».

En e-cinéma le 9 septembre 2016.

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La Taupe ++

1973. La guerre froide empoisonne toujours les relations internationales. Les services secrets britanniques sont, comme ceux des autres pays, en alerte maximum. Suite à une mission ratée en Hongrie, le patron du MI6 se retrouve sur la touche avec son fidèle lieutenant, George Smiley (Gary Oldman, toujours parfait).
Pourtant, Smiley est bientôt secrètement réengagé sur l’injonction du gouvernement, qui craint que le service n’ait été infiltré par un agent double soviétique. Epaulé par le jeune agent Peter Guillam, Smiley tente de débusquer la taupe, mais il est bientôt rattrapé par ses anciens liens avec un redoutable espion russe, Karla. Alors que l’identité de la taupe reste une énigme, Ricki Tarr (Tom Hardy), un agent de terrain en mission d’infiltration en Turquie, tombe amoureux d’une femme mariée, Irina, qui prétend posséder des informations cruciales. Parallèlement, Smiley apprend que son ancien chef (John Hurt) a réduit la liste des suspects à cinq noms : l’ambitieux Percy Alleline, Bill Haydon (Colin Firth), le charmeur, Roy Bland, qui jusqu’ici, a toujours fait preuve de loyauté, le très zélé Toby Esterhase… et Smiley lui-même.

Dans un climat de suspicion, de manipulation et de chasse à l’homme, tous se retrouvent à jouer un jeu dangereux qui peut leur coûter la vie et précipiter le monde dans le chaos. Les réponses se cachent au-delà des limites de chacun…Tension, suspense et paranoïa, tels sont les mots clé de ce thriller sombre et complexe mis en scène par Tomas Alfredson (Morse) d’après le roman de John le Carré. Avec une précision quasi-chirurgicale, Alfredson signe une réalisation tenue, à l’esthétique soignée, où chaque détail compte pour restituer l’atmosphère des années 1970 et plonger peu à peu le spectateur dans l’univers de l’espionnage – un univers que le Carré connaît bien pour avoir oeuvré au service de sa majesté dans les années 1950.

Servie par une distribution remarquable – Gary Oldman, « Mr caméléon », en tête, prouvant à nouveau tout l’étendu de son talent en reprenant le rôle interprété par le grand Alec Guiness dans la série télévisée de 1979 – et sublimée par la musique d’Alberto Iglesias (célèbre acolyte de Pedro Almodovar), La Taupe décline les thèmes de l’amitié, de la trahison et de la loyauté autour d’une intrigue particulièrement élaborée… et même des plus intriquées.

Soit, le monde de l’espionnage confère un certain degré d’opacité. Mais à force de vouloir tisser le scénario telle une toile d’araignée en multipliant pistes et complots, le spectateur finit par perdre trop souvent le fil de l’histoire.

Tout au long du film, on attend avec une certaine impatience que le voile se lève sur ce récit alambiqué. Hélas, plus on avance à petits pas, pris dans les méandres scénaristiques, plus la brume se fait compacte.

Gageons toutefois que La Taupe réjouira à coup sûr les adeptes de le Carré et des aventures de George Smiley.

Sortie le 8 février 2012.

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