69e Festival de Cannes

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© FDC / Lagency / Taste (Paris) / Ingrid Bergman © David Seymour / Estate of David Seymour – Magnum Photos

Après dix jours d’euphorie, de liesse, d’impatience, de stress, d’attente, de fatigue, d’engouement, d’exaspération, de déception, d’émerveillement, et tant d’autres couleurs qui composent l’arc-en-ciel émotionnel du festivalier cannois, le moment est venu pour la Croisette de tomber le rideau et de retrouver un peu de calme… jusqu’à la prochaine tempête!

L’heure du bilan a donc sonné. Que retiendrai-je de cette 69e édition? Une étrange sensation d’évanescence. Le festival passe toujours bien trop vite à mon goût (je n’y reste hélas que 4 jours sur les 10 que dure le festival). Mais cette année, le temps m’a semblé s’échapper avec une perfidie redoublée. J’ai pourtant vu autant de films que lors des éditions passées, j’ai encore eu l’occasion de faire de belles rencontres, j’ai même eu le temps d’attraper des coups de soleil et de monter les célèbres marches en soirée. Néanmoins, cette sensation d’éphémère persiste, me laissant un drôle de goût d’inachevé…

Heureusement, les quelques critiques à rédiger vont me permettre de replonger, le temps de l’écriture, dans cette parenthèse cannoise unique où les émotions sont exacerbées, où le monde entier semble contenu dans une petite station balnéaire du sud de la France et où seul le 7e art semble rythmer le quotidien. Pendant ces quelques jours, on vit cinéma, on pense cinéma, on parle cinéma, on rit cinéma, on pleure cinéma, on gueule cinéma… Le reste peut bien attendre.

Un exemple : vous êtes dans une file d’attente pour La Tortue rouge, un petit bijou d’animation épuré sous forme de conte poético-philosophique. Et vous voilà en un clin d’oeil à discuter passionnément avec une réalisatrice iranienne, également artiste d’art contemporain, qui cherche à créer son webzine autour de la parole féminine. Ou à échanger sur la qualité de la sélection du festival avec une exploitante de salles de cinéma corse. Ou encore à tenter d’établir des critères de jugement d’un film avec l’un des membres du jury du Prix Oecuménique du festival.

Plus tard, vous faites le point sur les films vus avec un jeune comédien, qui a joué dans un court métrage sélectionné dans une sélection parallèle. C’est son « premier Cannes », il est à la fois tout émoustillé et assez intimidé par ce spectacle extraordinaire qui se déroule aussi bien dans les salles que dans la rue. S’il savait qu’après cinq ans de festival, l’excitation reste la même…

« Et les films? » me direz-vous? Je vous ai déjà parlé de Julieta et prépare un papier sur Elle, film subversif et fascinant de Paul Verhoeven (aujourd’hui en salles). Je vous toucherai également quelques mots sur Pericle il nero, de Stefano Mordini, un ovni italien, sombre et mystérieux, présenté à Un Certain regard. Je ne couperai à l’exercice de la critique de l’insupportable Juste la fin du monde de Xavier Dolan, hystérique et décevant, ou de celle du ridicule et désolant The Last Face de Sean Penn. Heureusement, il me faudra également évoquer Le Client, d’Asghar Fahadi, prix du scénario et d’interprétation masculine pour Shahab Hosseini, Bacalauréat de Cristian Mungiu, prix de la mise en scène, ou encore Toni Erdmann, la comédie de Maren Ade, coup de coeur des festivaliers.

Voici donc venu le temps de coucher par écrit le souvenir des émotions… et de prolonger cette heureuse sensation d’être blottie dans un nuage de bien-être. Quelque part entre ici et là-bas.

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Les 10 raisons qui me font aimer le Festival de Cannes

Exe_22x30_FDC15_72dpiDéjà un an d’écoulé depuis mes dernières tribulations cannoises, rythmées de rencontres humaines, de découvertes cinématographiques, d’interviews polyglottes, de courses effrénées d’une projection à une autre, de dérobade chorégraphiée à travers la croisette souvent bondée, d’exaspération face à une salle affichant complet ou au contraire, de soulagement satisfait en entrant dans ladite salle après 2h de queue, d’attente sous un soleil de plomb ou une pluie diluvienne, d’espoir, de patience, de rires, de complicité et de cette si belle euphorie cinéphile partagée.

Vous comprendrez aisément l’état d’excitation enfantine qui me caractérise ces derniers jours. Sourire niais, doigts qui pianotent d’impatience, pieds qui battent la mesure, et cerveau en ébullition! Pour la 4e année, je suis accréditée pour assister au Festival de Cannes. Et pour la 4e année, ma joie est inouïe (sans exagération!).
Laissez-moi vous expliquer ce qui m’anime :

1) Pouvoir parler de cinéma nuit et jour non stop avec d’autres passionnés

2) M’enivrer de cinéma jusqu’à la gueule de bois en découvrant 4 à 5 films par jour

3) Jouer au jeu des pronostics et décerner mon propre palmarès

4) Découvrir de jeunes cinéastes talentueux via les sélections parallèles, révélatrices de petits bijoux (l’Acid, la Semaine de la critique…)

5) Rencontrer des cinéastes du monde entier et échanger sur notre passion commune

6) Se balader sur la Croisette quasi-déserte au petit matin, quand le soleil se lève et que les plus fêtards se couchent

7) Assister au défilé parfois improbable du tout-venant lors de la montée des marches, où l’élégance côtoie le mauvais goût dans une vision toute fellinienne

8) Croiser les copains journalistes et blogueurs entre deux projections avec une connivence instantanée

9) Me sentir un instant privilégiée

10) Être à ma place et vivre ma passion intensément, les yeux grands ouverts

Certes, Cannes a souvent cette image édulcorée où tout n’est que faste, strass et paillettes. Mais ce qui m’intéresse, c’est la partie immergée de l’iceberg, bien plus enthousiasmante et tellement plus éblouissante! Plus que quelques jours à jouer les zébulons avant de ma laisser emporter par le vent de la folie cannoise… Vivement d’y être!

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Rendez-vous sur la Croisette

22x30_Cannes2014Et c’est reparti! Pour la troisième année consécutive, j’ai le bonheur de participer au Festival de Cannes… Pour une cinéphile chevronnée, se rendre sur la Croisette sous le regard avisé (et ô combien charmeur) du grand Mastroianni et voyager chaque jour au gré des films venus du monde entier relève du merveilleux.

Imaginez plonger dans des univers inattendus avec une délectation inouïe, vous laisser bercer par des histoires fabuleuses contées par des cinéastes talentueux (du moins, la plupart du temps!) repoussant sans cesse les limites de l’imaginaire. Imaginez vous confronter à des idées différentes qui invitent à la réflexion, vous immerger dans d’autres cultures, dans d’autres modes de pensée, dans d’autres réalités. Imaginez ces rencontres qui vous attendent au bout de la pellicule, ces surprises, ces découvertes, ces déceptions aussi, mais surtout, tous ces moments de partage, de débats et d’émotions dont vous ressortez chaque fois grandi. Eh bien Cannes, c’est tout ça en condensé.

Vous comprendrez le degré d’euphorie qui m’accompagne depuis plusieurs jours!

Du 14 au 25 mai*, compétition officielle (à découvrir ici) et sélections parallèles forment aux yeux des cinéphiles un ballet de films savamment chorégraphié par Gilles Jacob (qui quittera la présidence du festival à l’issue de cette 67e édition) et Thierry Frémaux (le délégué général), interprétés par une farandole d’étoiles, filantes ou éternelles.

C’est le coeur léger et le sourire aux lèvres que je vous souhaite un très bon festival à tous!

* La remise des prix se déroulera cette année le samedi 24 mai, en raison des élections européennes du 25 mai 2014, sous l’égide de Lambert Wilson, maître de cérémonie. Le jury de la sélection officielle est à découvrir ici.

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