A l’intérieur du 66e Festival de Cannes

AFF_CANNES_22X30.indd« Ce que nous demandons au cinéma, c’est ce que l’amour et la vie nous refusent, c’est le mystère, c’est le miracle ».

En quelques mots, Robert Desnos réussit à dire tout ce que le septième art représente aux yeux des cinéphiles. Une expérience inédite, une parenthèse inespérée, des émotions rares qui viennent vous submerger sans comprendre forcément pourquoi ni comment.

Douce addiction ou passion dévorante, divertissement ou film d’auteur, le cinéma parle à chacun et attise cette petite flamme appelée à grandir au fur et à mesure des découvertes sur grand écran.

Ce mercredi 15 mai s’ouvre le 66e Festival de Cannes. Imaginez alors l’état d’esprit dans lequel peut se trouver une amoureuse transit d’histoires en tout genre racontées sur la toile, à l’idée de monter les célèbres marches pour la deuxième année consécutive, résolue à dévorer allègrement – mais avec une parcimonie certaine – des pépites cosmopolites qui viendront confirmer des talents déjà connus et révéler sans nul doute de nouveaux génies.

Excitation, fascination, colère, polémique, déception, surprises, enthousiasme… Ces prochains jours s’annoncent des plus palpitants!

C’est pourquoi je vous donne rendez-vous sur la Croisette, d’où je vous livrerai mes impressions (en direct sur les réseaux sociaux) avant de vous raconter sur le blog tous mes souvenirs  – à l’évidence merveilleux !

Cinéphilement vôtre!

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Cannes 2012 – A l’intérieur du Festival de Cannes… (3e partie)

Règle n°2 : Aux badauds tu te mêleras

Le Festival de Cannes attire également moult curieux et badauds, certain(e)s n’hésitant pas à endurer plus de 7h de route depuis leur tendre Savoie simplement pour assister à une montée des marches, avec l’espoir assumé de croiser le regard de Brad, Bruce ou Robert (de Niro, Pattinson… au choix !). En ce jeudi 16 mai, il faut plutôt miser sur Jacques, Marion et Matthias, l’équipe de De Rouille et d’os, présenté le jour même en compétition, et fortement attendue sur le tapis rouge. Voici donc ces festivaliers anonymes, jovials et infatigables, cultivant leur patience pendant plus de 3h sous le soleil exactement dans une file grossissante à chaque minute. Dotée d’un sens du devoir et d’un goût du risque à toute épreuve, je n’ai moi-même pas hésité à plonger dans cette foule frénétique, risquant coups de soleil, déshydratation et piétinement à coup de fessiers rebondis (oui, un fessier peut vous piétiner… j’ai des témoins) pour vivre l’expérience « de l’intérieur » tel un reporter sans peur et sans reproche.

Attention : la stratégie revêt une importance capitale. Positionnement à droite, à gauche, ou en face des marches ? Qu’importe puisque au final, vous aurez plus de chance d’admirer la croupe des photographes et vidéastes accrédités, ou le faciès peu avenant des officiers de sécurité chargé de faire obstacle entre la foule et le tapis rouge. Après tout, un cliché de star, ça se mérite (et ça se monnaye…).

Une précision capitale : certains spectateurs (car nous sommes bien au spectacle !) s’agglutinent contre les barrières face aux marches tandis que les équipes du festival s’attèlent aux préparatifs de la montée (vous saviez que le tapis rouge était changé plusieurs fois par jour ? C’est Saint-Maclou qui se frotte les mains !). Hors, ces mêmes barrières étant amenées à être retirées pour laisserpasser tout le gratin tant attendu, les spectateurs sont priés d’évacuer les lieux et de regagner le reste des curieux d’une manière ou d’une autre. Poiroter tout ce temps pour être reléguer en « dernière classe », y’a de quoi virer furax. La vigilance est non seulement requise, mais elle peut vous évitez de sérieuse « nervous breakdown » comme le disait si bien notre ami Paul Volfoni.

Les plus ingénieux répondent volontiers à ce qui est devenu une tradition : apporter leurs escabeaux de bon matin et les cadenasser (non que le vol d’escabeau soit un exercice fréquent à Cannes, mais les places étant si convoitées que l’on n’hésitera pas à faire disparaître tout obstacle au matage de people en bonne et due forme) face aux marches, histoire de surplomber la foule et les forces de police veillant au grain. Une paire de jumelles complète bien souvent l’équipement de base du « badaud malin ». Pas des plus pratiques, mais efficace.

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Cannes 2012 – A l’intérieur du Festival de Cannes… (2e partie)

Ce que l’on ne sait pas toujours lorsque l’on assiste au Festival de Cannes, c’est qu’il existe tout un tas de codes à connaître afin de profiter au mieux de ce que la Croisette a à offrir.

Règle n°1 : la hiérarchie des accréditations tu maîtriseras

Il existe plusieurs types d’accréditations : presse, exploitant, cinéphile, chacun ayant un accès spécifique.

Sésame des sésames, les accréditations presse sont ces fameux passes réservés aux professionnels qui permettent d’assister aux projections des films en compétition pour la Palme d’Or mais aussi aux films sélectionnés dans les sections parallèles (Un Certain regard, La Semaine de la critique, la Quinzaine des réalisateurs). Ces « accred », comme on dit dans le jargon, sont codifiés par couleur, en fonction de l’importance « médiatique » et de l’ancienneté du journaliste : rose et blanc (le « top du must » : vous êtes prioritaire et accédez à tout ce que vous souhaitez : projections, montée des marches lors de la très convoitée séance du soir – en présence des équipes des films -, conférences, soirées, interviews, stand Nespresso servi par George lui-même dans son plus beau smoking – ou presque -… Bref, la belle vie !), bleu(un peu en-dessous niveau « standing » mais pas mal non plus) et jaune (accès aux projections dans la journée, celles du soir avec montée des marches se faisant sur invitation exclusive).

Les blogueurs peuvent être accrédités « presse » (catégorie « hors média »), mais on ne peut obtenir qu’une seule accréditation presse par blog. William, ce petit veinard, ayant « décroché » le fameux pass presse (le jaune), j’ai dû pour ma part faire une demande d’accréditation « Cannes cinéphiles », attribuée généralement aux cannois, aux associations et aux étudiants en cinéma.

Le premier effet « kiss cool » a été de constater que le pass « Cannes cinéphiles » ne permet pas vraiment de profiter du festival : pas d’accès au Palais des festivals (adieu George !), pas d’accès aux films en compétition – à moins de tenter sa chance dans la file « dernière minute », au cas où tel ou tel film susciterait un moindre intérêt de la part des « accrédités importants ». L’amour propre est donc à ranger au placard (avec sa belle robe de soiréepuisqu’ayant peu de chance de décrocher une invitation pour la projo du soir, il ne faut pas trop compter sur une montée des marches en tenue de soirée!), pas d’accès aux conférences… Si vous n’êtes pas un minimum débrouillard, vous aurez alors de fortes chances de finir frustrés et aigris de passer à côté du festival. Heureusement, le système D est généralement monnaie courante sur la Croisette et il est souvent possible de récupérer des invitations pour des projections à la grâce de certains festivaliers compatissants qui cultivent l’esprit d’entraide.

Arrêtons les médisances : « Cannes cinéphiles » offre toute une programmation des plus intéressantes avec des films en compétition dans les sections parallèles. Mais le deuxième effet « kiss cool » survient lorsque, après vous êtes acquittés de 4€ pour obtenir le programme, vous vous rendez compte que ces projections ne commencent que le vendredi (l’ouverture du festival se faisant deux jours plus tôt) et se déroulent à Cannes La Bocca, à environ 4km de la Croisette. Soit, il existe un réseau de bus qui ne fonctionne pas trop mal… Et ça ajoute un petit côté exotique, pour peu que vous maîtrisiez l’art du second degré !

Pour ce qui est des accréditations « exploitant », elles sont réservées aux gérants de salles de cinéma et fonctionnent par points : chaque accrédité possède un système de points au départ, qui s’auto-alimentent chaque jour. Telle ou telle projection coûtera plus ou moins chère en fonction de l’horaire de diffusion (les séances de 8h30 coûtant bien moins chère que celles du soir) et doivent être réservées en fonction des créneaux donnés (c’est là où vous bénissez votre Iphone et votre super application « pro/presse » car les places partent très vite et la réactivité est alors une qualité primordiale).

Qui eût cru que le Festival était loin d’être un jeu d’enfant ?…

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