Trance ++

20492152.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxCommissaire-priseur expert dans les œuvres d’art, Simon se fait le complice du gang de Franck pour voler un tableau d’une valeur de plusieurs millions de dollars : Le Vol des sorcières, de Francisco de Goya. Dans le feu de l’action, Simon reçoit un violent coup sur la tête. À son réveil, il n’a plus aucun souvenir de l’endroit où il a caché le tableau. Ni les menaces ni la torture ne lui feront retrouver la mémoire. Franck engage alors une spécialiste de l’hypnose pour tenter de découvrir la réponse dans les méandres de l’esprit de Simon…

Passionnant, inquiétant, fourbe, violent, sensuel… et bien alambiqué : Trance se veut complexe, réunit plusieurs genres (film noir, de gangsters, thriller psychologique, film d’action) et se plaît à brouiller les pistes en embarquant le spectateur à travers les dédales de l’inconscient sur fond d’enquête d’un autre genre.

Rosario Dawson, hypnotique (au propre comme au figuré), James McAvoy ambivalent à souhait, et Vincent Cassel toujours impeccable dans le rôle du séducteur terrible, forment un trio épatant dans un jeu de chefs d’orchestre où les rôles s’échangent au gré de la partition composée avec minutie par le maître Danny Boyle. Une envoûtante valse à trois temps qui mêle subconscient et réalité où la frontière semble disparaître peu à peu sans que l’on arrive à déterminer qui tire vraiment les ficelles de cette histoire qui aborde des thèmes chers au réalisateur : addiction, jalousie, vengeance, désir, manipulation, convoitise, pouvoir, rapports de force, stratégie diabolique…

Danny Boyle signe une mise en scène froide et nerveuse, et place ses personnages constamment sur le fil du rasoir tandis que le scénario labyrinthique (on reconnaît la patte du talentueux John Hodge, auteur de Trainspotting et Petits meurtres entre amis) multiplie les pistes au risque de perdre le spectateur en cours de route.

Et si la tension éclate dans un final explosif, il subsiste une impression de flou, comme si le soufflé était retombé trop vite. Mais qu’importe : Trance est de ces films qui restent bien en tête et qui pourraient se revoir plusieurs fois avec des niveau de lecture différente. L’occasion d’en comprendre peut-être tous les rouages pervers et retors.

Sortie le 8 mai 2013.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

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127 heures

Le 26 avril 2003, Aron Ralston, tête brûlée adepte des sensations fortes, se met en route pour une randonnée dans les gorges de l’Utah. Aimant vivre sa vie à cent à l’heure façon loup solitaire, le jeune alpiniste expérimenté qui collectionne les plus beaux sommets de la région crapahute au coeur de la vallée rocheuse.

C’est au fin fond d’un canyon reculé que l’impensable se produit. Au-dessus de lui, un rocher se détache et emprisonne son bras dans le mur de rocaille. Le voilà pris au piège, menacé de déshydratation et d’hypothermie, en proie à des hallucinations…
Il parle à son ex-petite amie, à sa famille, et se demande si les deux filles qu’il a rencontrées dans le canyon juste avant son accident seront les dernières.
Cinq jours plus tard, comprenant que les secours n’arriveront pas, il va devoir prendre la plus grave décision de son existence…

Voilà un synopsis des plus alléchants qui promet de nous emmener sur les montagnes russes du septième art à la vitesse grand V. L’attente est d’autant plus vive lorsque l’on sait que c’est Danny Boyle (Trainspotting, Slumdog Millionnaire…) qui est aux commandes.

C’est donc avec une légère crainte que je me suis rendue à la projection, ne sachant pas vraiment à quoi m’attendre et redoutant que le génie ait finalement des limites.

Bon, je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps : j’avoue m’être pris une nouvelle claque cinématographique  – qu’il s’agisse du scénario aiguisé telle une lame de rasoir qui ne laisse rien au hasard, de la mise en scène tantôt fiévreuse tantôt poétique, ou de l’interprétation enlevée que nous sert un James Franco remarquable à qui l’on prédit d’ores et déjà une petite statuette dorée aux prochains Oscar.

Boyle n’a pas son pareil pour faire monter l’angoisse progressivement et placer le spectateur dans une position d’attente assez déroutante. Quand le drame arrive, c’est presque un soulagement. Or, c’est à ce moment-là que l’étau se resserre et que nos nerfs vont être mis à rude épreuve.

Nous voici « emprisonnés » au même titre que Ralston : la folie guette, la mort menace, la douleur est infernale, la soif assèche les gorges et l’espoirs est vain, jusqu’à ce que soit prise « l’ultime décision » (une scène proche de l’insoutenable).

Adapté d’une histoire vraie, 127 heures est un film fort, vif et nerveux qui vous prend aux tripes et ne vous relâche qu’au générique de fin… voire même un peu après. Et même si l ‘on sait qu’on ne sortira pas complètement indemne de cette aventure à couper le souffle, un avertissement semble cependant nécessaire : claustrophobes et âmes sensibles, s’abstenir!

Sortie en DVD le 20 juillet 2011.

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