Julieta

428988.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxJulieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.
Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé.

Certains cinéastes ont ce rare talent de provoquer nos émotions avec une force toute délicate : cela se passe au détour de quelques scènes à l’esthétique saisissante, de la lumière qui vient caresser un visage, d’un regard aux mille nuances, ou bien encore à travers le reflet de deux corps enlacés sur les banquettes d’un train, la houle de la mer assassine, ou la façon de filmer des jambes interminables dans un contre-jour d’une grande sensualité.

Voilà de quoi nous régale Pedro Almodovar avec Julieta, qui semble être revenu à l’essentiel après quelques fâcheuses incartades. Le cinéaste connu pour filmer si bien les femmes nous livre un récit épuré sur l’absence et le silence, empreint de mystère et de non dits. Dans une ambiance espagnole si particulière, où les couleurs chatoyantes contrastent avec le drame qui se joue, Almodovar nous invite au romanesque, du fin fond de l’Andalousie jusqu’aux ruelles madrilènes.

Porté par une distribution mêlant justesse et élégance – la sublime Adriana Ugarte, que l’on suivra désormais de près, et la merveilleuse Emma Suarez en tête -, Julieta s’inscrit, à l’instar de Volver et de Parle avec elle, dans la ligne des films que l’on aime infiniment. Un petit bijou envoûtant et bouleversant.

Sortie le 18 mai 2016.

Film présenté en compétition du 69e Festival de Cannes.

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Les Nouveaux Sauvages

346941.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxVulnérables face à une réalité qui soudain change et devient imprévisible, les héros des Nouveaux sauvages franchissent l’étroite frontière qui sépare la raison de la folie. Une trahison amoureuse, le retour d’un passé refoulé, une incivilité au volant… sont autant de prétextes qui les entraînent dans un vertige où ils perdent les pédales et éprouve l’indéniable plaisir du pétage de plombs.

Produit par les frères Almodovar, Les Nouveaux sauvages est un film à sketches qui s’inscrit dans la lignée des comédies à l’italienne des années 60, croquant avec mordant l’absurdité du quotidien poussée à son extrême.

A travers six tableaux, le réalisateur argentin Damian Szifron dépeint des situations communes ô combien grotesques avec un humour abrasif. Plaçant le spectateur à hauteur des personnages, il propose un formidable exutoire en imaginant des dénouements explosifs comme beaucoup d’entre nous ont pu imaginer sans jamais passer – fort heureusement – à l’acte.

Irrévérencieux, survolté, génialement timbré, Les Nouveaux sauvages est un film jubilatoire chaudement recommandé!

Sortie le 14 janvier 2015.

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