Macbeth

409557.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxXIème siècle : Ecosse. Macbeth, chef des armées, sort victorieux de la guerre qui fait rage dans tout le pays. Sur son chemin, trois sorcières lui prédisent qu’il deviendra roi. Comme envoûtés par la prophétie, Macbeth et son épouse montent alors un plan machiavélique pour régner sur le trône, jusqu’à en perdre la raison.

Adapter l’une des pièces majeures de l’oeuvre shakespearienne est un projet hardi qui a inspiré des cinéastes de renom tels Roman Polanski ou Orson Welles. Un pari risqué que le cinéaste Justin Kurtzel (Les Crimes de Snowtown) a tenté de relever en adoptant « un point de vue beaucoup plus moderne et cinématographique » selon les dires du producteur Iain Canning.

Texte original, prestations toute en puissance d’acteurs impeccables (qu’il s’agisse du couple Fassbender/Cotillard ou de Sean Harris, qui interprète un Macduff saisissant), parfaite restitution de l’atmosphère lourde et angoissante de la pièce… Tels sont les points forts de la version de Kurtzel. Pour le reste, c’est Shakespeare à Hollywood.

S’il y a de bonnes idées de mise en scène, on se lasse vite des artifices employés à l’usure (ralentis répétitifs, incises et ellipses confuses, esthétique abusive). De même, le cinéaste s’accorde quelques libertés pas toujours inspirées au regard du chef-d’oeuvre de Shakespeare (le suicide de Lady Macbeth, le rôle amoindri des sorcières…).

Il est regrettable que Kurtzel n’ait pas réussi a trouver le juste équilibre entre sobriété et magnificence. Nul besoin de verser dans le grand spectacle quand il s’agit de rendre hommage au maître Shakespeare. La puissance des mots se passe de toute fioriture visuelle.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Sortie le 18 novembre 2015.

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Zero Theorem

020182.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLondres, dans un avenir proche. Les avancées technologiques ont placé le monde sous la surveillance d’une autorité invisible et toute-puissante : « Management ». Qohen Leth, génie de l’informatique, vit en reclus dans une chapelle abandonnée où il attend désespérément l’appel téléphonique qui lui apportera les réponses à toutes les questions qu’il se pose. Management le fait travailler sur un projet secret visant à décrypter le but de l’Existence – ou son absence de finalité – une bonne fois pour toutes. La solitude de Qohen est interrompue par les visites des émissaires de Management : Bob, le fils prodige et Bainsley, une jeune femme mystérieuse qui tente de le séduire. Malgré toute sa science, ce n’est que lorsqu’il aura éprouvé la force du sentiment amoureux et du désir que Qohen pourra enfin comprendre le sens de la vie…

Une intrigue alambiquée mêlant science-fiction et philosophie, un univers futuriste aseptisé et oppressant, un personnage vulnérable en quête existentielle, une espèce de grand manitou manipulateur au dangereux air de « Big Brother », une fausse bimbo bien plus sensible qu’elle n’y paraît, un gamin aussi brillant qu’esseulé, un décor surréaliste à la fois terne et criard, et un flot d’informations déversé dès le début sur le spectateur jusqu’à saturation. Bienvenue dans l’imagination débridée de Terry Gilliam (Brazil, L’Armée des douze singes), qui, en adaptant le scénario singulier de Pat Rushin, réalise ce que l’on pourrait qualifier d’ovni cinématographique.

« Nous avons essayé de faire un film sincère, stylisé, et surprenant » livrait Gilliam. De ce point de vue là, la tentative est plutôt réussie, notamment grâce au casting impeccable qui réunit Christoph Waltz, méconnaissable dans le rôle de l’anti-héros tourmenté, Mélanie Thierry, attachante poupée acidulée, Matt Damon, gourou machiavélique, ou encore Tilda Swinton, complètement déjantée dans la peau d’une psy virtuelle austère et adepte du rap.

De l’humour pince-sans-rire, un rythme languissant, qui contraste avec le choc visuel imposé, une tonalité colorée teintée de mélancolie…  Zero Theorem est un film atypique (autant dire « gilliamesque »!), qui intéresse par les nombreuse questions soulevées (le sens de la vie, la relation aux autres, la recherche du bonheur…) mais qui reste néanmoins fastidieux à aborder.

Sortie le 25 juin 2014.

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