Libre et assoupi

523960.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxSébastien n’a qu’une ambition dans la vie : ne rien faire. Son horizon, c’est son canapé. Sa vie, il ne veut pas la vivre mais la contempler. Mais aujourd’hui, si tu ne fais rien, tu n’es rien. Poussé par ses deux colocs – la décidée Anna et le pas tout à fait décidé Bruno – qui enchaînent stages et petits boulots, Sébastien va devoir faire… un peu.

Inspiré du roman de Romain Monnery, Libre et assoupi s’annonce comme une comédie sympathique et sans prise de tête. En cela, le premier long métrage de Benjamin Guedj est plutôt honnête, à défaut d’être réussi, le film péchant par manque d’exigence et de rigueur.

Pourtant, les bonnes idées sont légion : Guedj réussi à nous rendre attachant ce quasi-trentenaire marginal qui assume ses choix en affichant une nonchalance déconcertante, et ébauche un portrait d’une génération « coincée le cul entre deux chaises », qui, bien que diplômée, peine à trouver un emploi. De la bonne humeur, une légère fantaisie, un goût pour les répliques soignées et pour le comique de situation… autant d’ingrédients que l’on aurait aimé voir exploités davantage plutôt que d’assister à une multiplication de scènes disparates, parfois maladroites voire sans intérêt.

Quant à la distribution, elle s’avère fort inégale (à l’image du film d’ailleurs) : Baptiste Lecaplain se révèle être un bien meilleur humoriste qu’acteur et Charlotte Le Bon en fait des tonnes. Heureusement, le jeune Félix Moati et l’excellent Denis Podalydès relèvent le niveau de cette comédie un peu trop simpliste et qui ne va pas au bout de son sujet. Vraiment dommage.

Sortie le 7 mai 2014.

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Les Conquérants +

21030334_20130823122718965.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxGalaad et Noé se retrouvent à l’enterrement de leur père. Demi-frères, ils n’ont pas grand-chose en commun, si ce n’est une collection d’échecs personnels. Persuadé que le mauvais œil les poursuit depuis que leur père a dérobé une relique sacrée, Galaad convainc Noé d’agir. S’improvisant aventuriers, les deux hommes partent en quête de l’objet volé, et de la chance qui les fuit.

« La malchance, c’est un truc qu’il faut prendre très calmement ». Derrière cette sentence pleine de sagesse que nous devons à Galaad, philosophe du dimanche que la vie semble vouloir accabler (il faut dire qu’avec un tel prénom, le garçon semble ne pas partir gagnant…), se cache une tonalité résolument décalée qui caractérise la comédie que nous livre Xabi Molia.

« Quand plus rien ne va, comment y fait-on face? » Telle est la question dont tentent de se dépatouiller les frères poissards, Galaad (Denis Podalydès, merveilleux en clown blanc plein d’élégance et de délicatesse) et Noé (Mathieu Demy, génial en entraîneur de foot has been mais à l’inventivité sans limite), ces Conquérants qui partent à l’aventure pour reprendre leur vie en mains.

Et voilà comment cette « déconquête » du Graal les emmène au fin fond des Pyrénées, sur un parcours semé d’embûches dont l’atmosphère onirique rappelle fortement celle des légendes fantastiques : on croise alors une licorne perdue dans la brume, un ours pas franchement sympathique, des jeunes femmes aux allures de nymphes, une grotte secrète…

Burlesque, inattendue mais aussi touchante, cette comédie épique portée par son merveilleux duo d’acteurs aurait toutefois gagné en rythme, qui a tendance à s’essouffler bien vite, et nous laisse avec un sentiment d’éphémère.

Un film sympathique, qui ne laisse pas une grande impression si ce n’est d’avoir passé un bon moment. Ce qui n’est déjà pas si mal.

En DVD depuis le 12 février 2014 (distribué par Pyramide Films dont vous pouvez consulter la  page facebook ici).

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Camille redouble ++

Camille a seize ans lorsqu’elle rencontre Eric. Ils s’aiment passionnément et Camille donne naissance à une fille…
25 ans plus tard : Eric quitte Camille pour une femme plus jeune. Le soir du 31 décembre, Camille se trouve soudain renvoyée dans son passé.
Elle a de nouveau seize ans. Elle retrouve ses parents, ses amies, son adolescence… et Eric.
Va-t-elle fuir et tenter de changer leur vie à tous deux ? Va-t-elle l’aimer à nouveau alors qu’elle connaît la fin de leur histoire ?

Et si nous pouvions faire machine arrière, que modifierions-nous vraiment ? C’est de cette réflexion autour de notre capacité à écrire notre propre histoire que part Noémie Lvovsky pour composer la partition de son nouveau film.

Comédie légère et profonde, drôle et mélancolique, optimiste et fataliste, Camille redouble nous offre un Retour vers le futur farfelu à la douceur nostalgique. La bande son funky et poétique, l’univers joyeusement foutraque de la réalisatrice, la mise en scène colorée parfois improbable, les acteurs plus-que-parfaits (la plupart, fidèles comparses de Lvovsky, de Podalydès à Vuillermoz en passant par Yolande Moreau et Samir Guesmi), sont autant de notes aux mille nuances qui contribuent à faire de ce film – au sujet pourtant mainte fois traité – une réussite.

Mais attention : si vous espérez une comédie édulcorée et gentiment potache, passez votre chemin. Sous ses apparences joviales et pétillantes, Camille redouble tient plus du whisky pur malt que du mousseux trop sucré.

Un très beau film qui fait méditer et rappelle que l’important n’est finalement pas tant l’arrivée que le voyage en lui-même.

Sortie le 12 septembre 2012.

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