Une Famille à louer

458235.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxPaul-André, la quarantaine, est un homme timide et plutôt introverti. Riche mais seul, il s’ennuie profondément et finit par conclure que ce dont il a besoin, c’est d’une famille ! Violette, quadragénaire pleine de peps, est menacée d’expulsion et a peur de perdre la garde de ses deux enfants. Paul-André propose alors un contrat en tout bien tout honneur pour louer sa famille contre le rachat de ses dettes. Pour le meilleur et pour le pire…

Jean-Pierre Améris nous avait régalé il y a quelques temps avec ses Emotifs Anonymes, une comédie au charme suranné particulièrement enthousiasmante. Avec Une Famille à louer, le cinéaste pousse un peu plus loin la fantaisie en faisant se rencontrer malicieusement deux personnages que tout oppose.

Mère célibataire, Violette est une sorte d’ouragan fluorescent un brin naïve qui enchaîne les petits boulots comme elle enchaîne les aventures d’un soir, et qui tente de garder la tête hors de l’eau. Taciturne, Paul-André a fait fortune avec sa société et s’est enfermé dans une vie de solitaire qui l’étouffe. La rencontre s’annonce à l’évidence explosive.

Attendu voire consensuel, Une Famille à louer joue grossièrement avec les stéréotypes de la famille (la figure de la mère mal-aimante ou paumée, celle du père absent, le frère culpabilisant, la famille dénigrante ou/et envahissante…) et les stéréotypes sociaux (elle vient d’un milieu modeste et lutte pour joindre les deux bouts, lui vient d’un milieu aisé et a de quoi vivre jusqu’à la fin de sa vie « et bien au-delà »…).

Toutefois, le film parvient à séduire par l’atmosphère joviale qui s’en dégage, par la finesse de ses dialogues et par le décalage de ses personnages principaux, la légèreté de l’une s’alliant merveilleusement à la mélancolie de l’autre.

Une petite comédie sympathique qui se laisse voir avec plaisir.

Sortie le 19 août 2015.

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Gemma Bovery

326431.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMartin est un ex-bobo parisien reconverti plus ou moins volontairement en boulanger d’un village normand. De ses ambitions de jeunesse, il lui reste une forte capacité d’imagination, et une passion toujours vive pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. On devine son émoi lorsqu’un couple d’Anglais, aux noms étrangement familiers, vient s’installer dans une fermette du voisinage. Non seulement les nouveaux venus s’appellent Gemma et Charles Bovery, mais encore leurs comportements semblent être inspirés par les héros de Flaubert. Pour le créateur qui sommeille en Martin, c’est l’occasion rêvée de se mêler au destin de ces personnages en chair et en os. Mais la jolie Gemma Bovery, elle, n’a pas lu ses classiques, et entend bien vivre sa propre vie…

Un visage gracieux clairsemé de touches de rousseur, une bouche pulpeuse qui croque dans un quignon de pain avec une gourmandise communicative, un regard de chat qui vous hypnotise, des courbes affriolantes qui se dessinent sous des petites robes légères, une voix mutine qui se fait tour à tour grave et charmeuse, une gestuelle tout en sensualité (pétrir une boule de pain relève désormais du fantasme de bien des spectateurs)… Charnelle et voluptueuse, Gemma Arterton est Gemma Bovery, jeune londonienne pleine de fraîcheur qui va bien vite chercher à tromper l’ennui dans les bras d’un bel amant, au grand dam du boulanger (Fabrice Luchini, évidemment parfait), voisin un tantinet intrusif qui s’improvise narrateur fantasque de cette histoire romanesque pour notre plus grand plaisir.

Adapté du roman illustré de Posy Simmonds (auteur de Tamara Drewe, également incarnée à l’écran par Miss Arterton), Gemma Bovery est une comédie noire pleine de verve aux dialogues percutants qui souligne avec une ironie plaisante les travers de chaque personnage (de l’héroïne un brin naïve à l’apollon pleutre en passant par la bourgeoise bêcheuse ou le mari crédule).

Un régal à voir et à écouter. Mais trêve de mots, place au film!

En salles le 10 septembre 2014.

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