Elle l’adore

582257.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMuriel est esthéticienne. Elle est bavarde, un peu menteuse, elle aime raconter des histoires souvent farfelues. Depuis 20 ans, Muriel est aussi la première fan du chanteur à succès Vincent Lacroix. Avec ses chansons et ses concerts, il occupe presque toute sa vie.
Lorsqu’une nuit, Vincent, son idole, sonne à la porte de Muriel, sa vie bascule. La voici entraînée dans une histoire qu’elle n’aurait pas osé inventer…

Pour son premier long métrage, la réalisatrice Jeanne Herry choisit le mélange des genres et revisite le polar sous l’angle de la comédie.

Une fan a priori quelconque qui ne peut s’empêcher d’affabuler, un chanteur de variété aux abois, un couple de policiers hystériques, plus soucieux de rejouer la sempiternelle antienne « Je t’aime moi non plus » que de résoudre une enquête… avec adresse et légèreté, Elle l’adore nous entraîne dans un tourbillon abracadabrant tout en insufflant une tension grandissante à mesure que l’étau se resserre sur la fantasque Muriel.

Si le rythme a tendance à s’essouffler en cours de route, le scénario inventif – si insensé qu’il est devient vraisemblable – la distribution impeccable (Laurent Lafitte, Pascal Demolon et Olivia Côte) et surtout, la prestation affutée d’une Sandrine Kiberlain aussi agaçante qu’irrésistible, qui nous embarque sans en avoir l’air dans ses joyeuses élucubrations, font de ce premier film une comédie policière fort sympathique.

Sortie le 24 septembre 2014.

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Jurée au Grand Prix Cinéma Elle – 2e partie

10393163_579894875461297_7321444597452632376_nSamedi matin, les festivités ont repris de plus belle avec Whiplash, premier film de Damien Chazelle qui met en scène un jeune batteur de jazz rêvant d’intégrer l’orchestre dirigé par un chef aussi talentueux qu’intraitable. Acharnement, passion, humiliation, Chazelle nous fait vivre cette quête de l’excellence avec une intensité rarement vécue au cinéma.

Vient le tour des Héritiers, de Marie-Castille Mention-Schaar, adapté du scénario du jeune Ahmed Drame inspiré de sa propre histoire lorsqu’il remporta avec sa classe du lycée de Créteil le concours national de la Résistance et de la déportation. Un thème mainte fois ressassé, mais un clin d’oeil émouvant à ce professeur qui sut faire et donner confiance à ces adolescents à l’avenir incertain.

Pour clore cette deuxième journée, le très attendu Mommy, de Xavier Dolan (Prix du jury au dernier Festival de Cannes) qui confirme être un cinéaste de l’esthétique et de l’émotion.

Dimanche, rendez-vous à 9h. Pour réveiller les yeux qui piquent, un café et surtout, les rires provoqués par Elle l’adore, premier film de Jeanne Herry avec la pétillante Sandrine Kiberlain, parfaite en groupie mythomane, qui nous fit la surprise de venir échanger à l’issue de la projection.

Une pause brunch avant la dernière ligne droite nommée Saint Laurent, présenté par Bertand Bonello lui-même. Un bel hommage au travail du grand couturier hélas entaché par une mise en scène fastidieuse, décousue et aux longueurs insupportables. Ce film a pour ma part suscité par mal de questions sur l’art en général, le cinéma en particulier. Je vous en reparlerai d’ici le 24 septembre (date de la sortie du film).

Vient le temps des derniers débats, perplexes ou exaltés, l’attribution des notes (le verdict tombera le 16 septembre prochain), et le rideau se referme sur ce week-end merveilleux, intense, surprenant, et tout bonnement magique!

Ce que j’en retiens surtout, ce sont ces rencontres inattendues avec d’autres spectatrices assidues qui ont donné lieu à des discussions palpitantes autour de la même passion pour le septième art… Des discussions qui se prolongeaient jusque dans les rames du métro et reprenaient de plus belle le lendemain, autour d’un verre, dans la file d’attente ou au sortir de la salle de cinéma.10354956_580356628748455_2318407063298484281_n

Je ne vous le cache pas, le retour à la réalité lundi matin fut rude, bien qu’adouci par l’exquis d’une madeleine sortie des fourneaux de la Pâtisserie des rêves (au plaisir cinéphile se joint souvent le plaisir des papilles). Mais l’évidence de devenir journaliste cinéma se précise de jour au jour. D’ici là, je continue à vivre mon rêve éveillé et à vous le faire partager.

Un conseil tout de même aux lectrices de ce blog : je vous encourage vivement à envoyer votre candidature pour être à votre tour jurée du Grand Prix Elle l’an prochain. Si ça ne tenait qu’à moi, j’y retournerais de suite!

Il ne me reste qu’à vous donner rendez-vous au fil des critiques, sur ce blog… ou peut-être ailleurs!

Cinéphilement vôtre,

Laëtitia

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