Adaline

124940.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAprès un accident qui aurait dû lui être fatal, la belle Adaline cesse de vieillir. Aujourd’hui, bien qu’ayant vécu près de huit décennies, elle est toujours âgée de 29 ans. Après avoir mené une existence solitaire afin de ne jamais révéler son secret, une rencontre fortuite avec le philanthrope et charismatique Ellis Jones, va raviver sa passion de la vie et de l’amour.

Une mise en scène lumineuse, une photographie soignée, une belle histoire mêlant romance et science fiction, quelques fioritures plus ou moins bien amenées (telle la narration au début de l’histoire qui n’apporte pas grand chose contrairement aux images d’archive qui entrecoupent le récit, replongeant le spectateur instantanément dans telle ou telle époque), un soin tout particulier apporté aux décors et aux costumes et un casting parfait…

Porté par la sublime Blake Lively qui livre une prestation tout en élégance, Adaline est une histoire d’amour comme il en existe tant, qui repose sur une intrigue bien trop prévisible.

Le film de Lee Toland Krieger se laisse tout de même voir avec plaisir, d’autant plus au format e-cinéma, lors d’une après-midi pluvieuse ou d’une soirée de détente à la maison. Vous voilà prévenus!

Sortie  e-cinéma le 22 mai 2015.

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Another Happy Day

« La famille est un nid de frelons en pétard », écrivait Madeleine Chapsal dans L’Indivision. Une maxime à valeur universelle qui pourrait avoir inspiré Sam Levinson au point d’en faire l’idée directive de son premier film.

Lynn, mère de quatre enfants, débarque chez ses parents pour le mariage de son fils aîné, Dylan. Elle est accompagnée de ses deux plus jeunes fils, Ben et Elliot. La propension de ce dernier à mélanger alcool, drogues et médicaments ne le prive pas d’une certaine lucidité sur la joie des réunions de famille. Et la réunion, de fait, est joyeuse : grands-parents réac, tantes médisantes, cousins irrémédiablement beauf… Sans compter le premier mari de Lynn qui arrive flanqué de sa nouvelle femme tyrannique. L’occasion idéale à quelques règlements de compte bien sentis entre adultes en guerre et ados en crise. Après tout, on dit bien que le linge sale se lave en famille…

Drôle et souvent mordant, Another Happy Day dresse un constat édifiant sur les relations familiales : les petites phrases assassines font mouche, les reproches fusent tels des missiles savamment aiguisés, les faux-semblants et les non-dits sont de rigueur pour camoufler lesblessures et le mal-être ambiant, les pardons semblent trop polis pour être honnêtes, les trublions sont montrer du doigt sans d’autre forme de procès et l’incompréhension apparaît comme le seul discours collectif possible…

Levinson s’amuse à tordre le cou à la sacro-sainte image de la « famille », et dépeint les personnages qui la composent comme autant de stéréotypes attachants et détestables. Autour de Lynn (Ellen Barkin), la mère larmoyante à la fâcheuse tendance à s’apitoyer sur elle-même, Elliot (Ezra Miller), le fils à la clairvoyance caustique, habitué aux « rehab »,  Alice (Kate Bosworth), jeune étudiante brillante victime de scarification, et Ben (Daniel Yelsky), benjamin rêveur et perspicace, que son frère fait passer pour unautiste. Le seul enfant à avoir été épargné des affres de Lynn est Dylan, heureux jeune marié –si heureux qu’il en devient, au final, inintéressant.

La belle mère hystérique (Demi Moore, brillamment insupportable), le père repenti, la grand-mère taiseuse, le grand-père fugueur, les affreuses tantes aux airs de Javotte et Anastasie viennent compléter ce tableau, certes caricatural, mais tellement jubilatoire.

Pourtant, en dépit d’un casting impeccable –incluant la très grande Ellen Burstyn (Requiem for a dream), hélas bien trop rare sur nos écrans -, Another happy day manque d’insolence. Levinson aurait pu aller bien plus loin dans la pertinence – et l’impertinence – de ses propos et éviter ainsi que le film ne flirte trop souvent avec le mélodrame. Un film teinté d’humour noir qui aurait mérité un peu plus de relief.

Sortie le 1er février 2012.

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